Bleues/Drouin : " Ce serait dommage de ne pas s'en inspirer "

Bleues/Drouin : " Ce serait dommage de ne pas s'en inspirer "©Panoramic, Media365
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Aurélien CANOT, Media365, publié le vendredi 25 mars 2022 à 15h16

Une semaine après le sacre de leurs homologues du XV de France masculin, les Bleues se prennent à rêver à leur tour de réaliser le parcours parfait lors de ce Tournoi des 6 Nations qu'elles débuteront dimanche à Grenoble contre l'Italie. Caroline Drouin, leader de cette équipe de France qui sort d'une tournée automne éblouissante, espère la première emboîter le pas de la bande à Galthié. D'autant que là aussi, tout pourrait se décider face à l'Angleterre à domicile.


Caroline Drouin, les dernières sorties de l'équipe de France font-elles que vous abordiez ce Tournoi des 6 Nations avec beaucoup de confiance ?
Oui, forcément. On a eu la chance de battre deux fois les championnes du monde. Mais c'était il y a quelques mois et on a toutes retrouvé nos clubs entre temps. Même si nous avons fait un stage en Corse, c'est le début du Tournoi, donc il faut retrouver le projet de l'équipe de France et les repères que nous avions pendant la tournée. On sait aussi que le premier match est le meilleur moyen pour voir dans quel état se trouve l'équipe.

Le hasard fait que votre calendrier est identique à celui des hommes. De quoi naturellement imaginer imiter les Bleus, en vous imposant avec le Grand Chelem à la clé, comme vous l'aviez fait en 2018 ?
Oui, bien sûr, c'est inspirant. Vu le tournoi qu'ils ont fait, ce serait quand même dommage de ne pas s'en inspirer. Après, c'est à nous de construire notre histoire. On est sur une année Coupe du monde, on sait la préparation qu'aura ce tournoi pour la préparation notamment et pour nous emmener jusqu'à la Nouvelle-Zélande. Mais c'est sûr que ça donne envie de faire pareil qu'eux et de donner au public ces mêmes émotions qu'ils ont dû vivre aussi.

Vous pourriez vous aussi disputer une finale contre l'Angleterre à domicile. Est-ce l'équipe à craindre ?
Oui. C'est vrai qu'on a la chance nous aussi que cette édition nous emmène jusqu'à un dernier match contre l'Angleterre à la maison. On ne pouvait pas espérer mieux pour terminer ce Tournoi des 6 Nations. Après, il y a quand même quatre matchs en amont qu'il faudra aller gagner et sur lesquels il faudra bien faire les choses pour pouvoir s'offrir cette finale. Mais c'est clair que c'est vraiment l'idéal, car l'Angleterre est une équipe que nous retrouverons en poules à la Coupe du monde et sur qui on bute en ce moment. On a hâte de pouvoir les rejouer. En plus, on a la chance de les jouer à Bayonne, où le stade est déjà complet. Ca promet un très beau match si l'on fait ce qu'il faut avant.

Un match qui vous permettrait aussi de prendre votre revanche après votre défaite en finale de l'année passée ?
Exactement. On sent vraiment que ce sont deux équipes qui sont tight-tight (sic), ça se joue souvent à quelques détails. Lors des deux dernières confrontations, on n'est vraiment pas passé loin. Pour autant, on ne les a pas encore battues, donc c'est clairement l'année où il faut leur montrer qu'il faudra compter sur nous pour la Coupe du monde et pour ce Tournoi des 6 Nations aussi.

Samedi, vous disputerez contre l'Italie un match qui peut constituer l'entame idéale mais a également tout du match piège par excellence ?
C'est exactement ça. On nous dit souvent : « Oui, c'est l'Italie pour commencer », mais honnêtement, c'est typiquement l'équipe qui n'a rien à perdre. Elle donnera tout, ne lâchera rien. Elle est aussi parfois compliquée à jouer, mais c'est vrai que c'est l'équipe idéale pour entamer ce tournoi de la meilleure des façons.

"Mon rôle de patronne ? Il est lié à mon poste déjà"

Avez-vous envie de frapper fort d'entrée ou est-ce que vous sauriez vous contenter uniquement d'une victoire ?
Non, non, ce n'est pas la philosophie de seulement se contenter (rires). C'est clairement de montrer que l'équipe de France sera présente, qu'elle va envoyer du jeu. Physiquement aussi, on a envie de marquer nos adversaires, car on sait clairement que les Anglaises vont regarder nos vidéos dès notre premier match. C'est pour ça que c'est important de montrer l'état d'esprit dans lequel nous nous trouvons.

Etes-vous une équipe plus forte encore que vous ne l'étiez avant cette Tournée d'automne assez incroyable ?
Oui, car pour un groupe, c'est toujours important de gagner. Alors quand on a la chance de battre les championnes du monde, pour la confiance, c'est toujours mieux. On travaille mieux aussi et énormément sur les oppositions à l'entraînement. On sent vraiment que le niveau de ce groupe France s'est élevé. C'est super dense et riche dans les équipes, on sent que l'on a vraiment passé un cap. Mais le cap supérieur à passer, c'est vraiment de battre les Anglaises et de faire le Grand Chelem.

Vous aborderez ce premier match sans un groupe au complet. Est-ce que cela vous inquiète ?
Non, car aujourd'hui, on a vraiment un groupe dense de joueuses, qui fait que même si des joueurs qui étaient très présentes dans le groupe sont absentes, il y a vraiment de quoi faire des rotations. Après, (les absentes) ce sont des joueuses qui ont énormément d'expérience qui sont en réathlétisation ou qui sont peut-être non-sélectionnées, donc les joueuses qui commencent le Tournoi ne seront pas forcément celles qui le termineront. Ca peut peut-être laisser penser que contre l'Angleterre, l'équipe sera peut-être plus expérimentée ou que l'on pourra retrouver d'autres joueuses.

Diriez-vous qu'en dépit de votre âge (elle a 25 ans), vous êtes déjà devenue la patronne de cette équipe de France ? D'autant que vous aviez gagné cette épreuve et réussi le Grand Chelem en 2018...
Oui, mais c'est justement aussi l'expérience qui fait que je puisse postuler à ce rôle de patronne. C'est un rôle qui est lié à mon poste déjà, car quand tu es numéro 10, tu te dois de tenir ce rang-là. En tout cas, c'est sûr que d'accumuler les titularisations (de nouveau alignée en charnière, aux côtés d'Alexandra Chambon, elle honorera sa cinquième de suite, contre l'Italie), ça renforce vraiment ce sentiment de leader dans l'équipe et de confiance que le staff et les joueuses peuvent m'accorder. Sur mon jeu, je m'y retrouve, et je me sens vraiment de mieux en mieux au niveau des repères dans cette équipe.

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