6 Nations : Les réactions après Irlande-France

6 Nations : Les réactions après Irlande-France©Media365

Thibault Laurens, publié le dimanche 10 mars 2019 à 22h15

L'équipe de France n'a pas fait le poids ce dimanche face à l'Irlande (26-14). Une défaite inquiétante au vu du contenu proposé par les hommes de Jacques Brunel. Après la rencontre, plusieurs joueurs des Bleus ainsi que le sélectionneur français sont revenus sur ce nouveau trou d'air de l'équipe. Petit tour d'horizon des déclarations marquantes.

« On est capable de rivaliser. » Après le match, le discours de Jacques Brunel semble difficile à cerner. Totalement écrasée, que ce soit dans la dimension physique ou tactique, l'équipe de France n'a pas existé ce dimanche face à l'Irlande dans le cadre de la 4eme journée du Tournoi des 6 Nations. Une nouvelle défaite (26-14) qui met en lumière toutes les carences actuelles du rugby français, à commencer par l'utilisation du jeu au pied. Mais au moment d'analyser la débâcle, le sélectionneur de l'équipe de France a préféré positiver. « On a une première mi-temps complètement manquée, on n'a pas de ballons, on est sous pression en permanence, il y a eu des erreurs défensives. On a montré un autre état d'esprit en deuxième mi-temps, on revient avec deux essais marqués », avant de poursuivre « on va retenir la leçon de ce match. On a montré deux visages mais on ne pourra pas rester sur cette image-là. La capacité à accélérer en fin de match, c'est un motif de satisfaction, mais on a eu trop peu de ballons pour imprimer quelque chose sur cette partie », a-t-il déclaré au micro de France 2 dans un premier temps, à chaud. Interrogé sur son éventuelle inquiétude, le Gersois a préférer tempérer. « Inquiet ? Je suis déçu, bien sûr. Mais non, je n'ai pas d'inquiétudes. Nous savions que l'Irlande avait une équipe mieux rodée que nous. Mais on a montré de l'allant jusqu'à la fin. On a loupé notre première mi-temps, mais je vais retenir cette fin de match où les gars sont allés marquer deux essais et n'ont pas baissé les bras ». Avant de se projeter sur le match face à l'Italie. « On viendra comme ici, avec l'intention de gagner. Il ne faut pas sous-estimer la valeur de l'Italie, y aller avec beaucoup de conviction et de précautions. On espère rivaliser. Même si elle ne l'a pas montré aujourd'hui (dimanche), je sais mon équipe capable de rivaliser avec toutes les équipes du Tournoi. »

Un groupe pas au niveau ?

Guilhem Guirado, lui, s'est montré beaucoup moins optimiste, notamment concernant l'utilisation du ballon. Asphyxiés durant toute la rencontre, les Bleus n'ont pas sortis la tête de l'eau, comme en attestent les 89 % d'occupation en faveur des Irlandais. Un véritable non match, comme l'a expliqué le capitaine du XV de France après la rencontre. « On n'a pas eu la main sur le ballon, on n'a pas eu la conservation du ballon, on est resté acculé dans notre camp (...) Dans les cinq dernières minutes on a marqué deux essais et c'est bien pour le score mais on n'a jamais été dangereux pendant tout le match. On savait que ça allait être difficile car ils savent très bien garder le ballon. On voulait rivaliser mais on n'a jamais été dans le coup durant ce match. » Le talonneur de Toulon est également revenu sur la leçon infligée par l'Irlande « C'est une leçon de conservation, de précision. On s'attendait à passer beaucoup de temps à défendre, il fallait être patient et disciplinés. Mais on ne s'attendait pas à subir autant. Je suis déçu pour mon groupe qui travaille dur mais qui n'est pas au niveau. »

Iturria : « Ça fait un peu mal au cœur »

Pour le troisième-ligne de Clermont, Arthur Iturria (24 ans, 9 sélections), malgré la mauvaise passe actuelle, il ne faut pas brader la Coupe du Monde 2019 qui se déroulera au Japon. « Si on n'y arrivera pas en 2019 ? Ça fait un peu mal au cœur parce qu'une Coupe du Monde, ça se joue quand même. Ça me ferait vraiment chier de se dire qu'on y va pour visiter le Japon et point barre. Non, il faut essayer de bien figurer. » A l'image de toute la ligne de trois-quarts, Gaël Fickou (24 ans, 44 sélections) n'a pas beaucoup touché le ballon durant la rencontre. Frustrant, forcément « On est tombés sur une belle équipe d'Irlande qui nous a mis à mal en première mi-temps. En deuxième mi-temps, on a relevé la tête, on a eu un peu plus de ballons même si dans l'ensemble ce sont eux qui les ont encore eus. C'était un match assez bizarre, avec la sensation de ne pas avoir de ballons. Ils méritent leur victoire » a-t-il déclaré. Un sentiment d'impuissance partagé par son ex-coéquipier en club, Thomas Ramos (23 ans, 2 sélections). « Pour un arrière, une première mi-temps comme ça, c'est compliqué. On se sent impuissant. Moi, je suivais le ballon tout simplement et je courrais. »

Bastareaud persévère

Le trois-quarts centre de l'équipe de France, Mathieu Bastareaud (30 ans, 57 sélections) refuse quant à lui d'abdiquer malgré la défaite. « Il faut un peu plus croire en nous si on veut avancer. Croire qu'on peut embêter ces nations. Si on retient les 20 dernières minutes, on voit qu'on n'est pas loin. Il faut croire en nous car personne ne va le faire à notre place. » Un positivisme également présent chez Yoann Huget (31 ans, 56 sélections). L'auteur du premier essai tricolore a mis en exergue le caractère des Bleus, notamment en seconde mi-temps. « Ils nous ont acculés dans notre camp dès les premières minutes, on n'a jamais pu en ressortir proprement et inverser la pression. On a su relever la tête à la fin mais c'était un match compliqué (...) Ça a prouvé le caractère de l'équipe, mais, au-delà de ça, on a rien lâché » Quoiqu'il en soit, c'est une nouvelle déception pour le rugby français qui replonge encore une fois. Il va vite falloir se remettre la tête à l'endroit, d'autant plus qu'il reste un match à disputer en Italie. Histoire de clôturer le Tournoi sur une bonne note.

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