6 Nations - Fickou : " La cuillère de bois ? On n'y pense pas "

6 Nations - Fickou : " La cuillère de bois ? On n'y pense pas "©Media365

Rédaction Sport365, publié le jeudi 21 février 2019 à 09h58

Malgré une semaine à travailler d'arrache-pied à Marcoussis, avec notamment le retour du conseil des joueurs, Gaël Fickou et ses coéquipiers redoutent forcément un nouveau couac, samedi au Stade de France contre l'Ecosse. Le trois-quart centre du Stade Français, qui sera de nouveau épaulé lors de ce troisième match par Mathieu Bastareaud, avoue que la gifle de Twickenham est encore dans les têtes, mais il refuse d'entendre parler de la cuillère de bois.

Le fait que Jacques Brunel ait dévoilé sa composition de départ dès mardi change-t-il vraiment des choses pour vous, joueurs ?
Oui, forcément, ça change un peu de l'avoir plus tôt. On peut mieux se préparer, mieux l'aborder. C'est un petit changement, mais qui peut aider à avoir plus de feeling entre les joueurs. Car on joue très peu ensemble, comme on passe très peu de temps ensemble, donc il faut établir beaucoup de liaison entre les joueurs. Dans ce sens, le fait d'avoir la composition plus tôt, ça peut aider. D'ailleurs, je pense que c'est pour ça qu'elle a été mise plus tôt. Ca peut être une arme en plus de l'avoir plus tôt, pour travailler vraiment ce que l'on a à faire à chaque rôle dans l'équipe.

D'où vient l'idée de créer un conseil des joueurs ?
Ca vient de nous, du groupe, c'est une bonne chose. Il y aura une meilleure communication et ça sera plus simple pour discuter et échanger sur la stratégie, sur la vie de groupe et sur tout ce qui peut se passer à l'intérieur du groupe et en dehors. C'est une bonne chose. C'est bien d'échanger sur ce que l'on fait, sur notre ressenti à l'entraînement et sur ce que l'on peut vivre à l'intérieur du groupe et qui nous regarde aussi. Et aussi des trucs personnels. C'est vaste, ce n'est pas catégorique, ça parle un peu de tout, mais on ne peut pas le faire à trente, ça prendrait trop de temps. Mais ça permet de discuter et c'est une bonne liaison entre les joueurs, le staff. Et quand je dis le staff, ça va du staff technique au préparateur physique, à tout. Avoir un bon échange tout simplement, pour améliorer les choses.

Comment vivez-vous la perspective de retrouver le centre face à l'Ecosse ?
Je suis très heureux de rejouer au centre. C'est un poste que j'affectionne énormément. Pouvoir y rejouer ce week-end, c'est un réel plaisir.

Contre l'Ecosse vous serez de nouveau associé à Mathieu Bastareaud à vos côtés. Comment le vivez-vous ?
Mathieu, je le connais très très bien. Cela fait plusieurs années que je joue avec lui en équipe nationale. Je le connais aussi très bien en dehors, donc ça va faciliter les choses. Ca s'était bien passé contre l'Argentine, beaucoup moins contre les Fidji, mais on était tous un peu passé à côté contre les Fidji. Mais il y avait eu beaucoup de positif dans notre relation au centre contre l'Argentine. Contre les Fidji, on avait eu beaucoup moins le temps de s'exprimer, et on avait été beaucoup moins bons aussi. On verra ce week-end ce que ça va donner, mais ce qui est sûr, c'est que l'on se connaît assez bien et que l'on s'entend très bien.

Fickou : "L'Angleterre reste dans un coin de nos têtes..."

N'êtes-vous pas lassé d'être trimbalé de poste en poste ?
Non, pas du tout. Jacques (Brunel) avait été très clair dès le début par rapport à ça. Il avait dit que des joueurs étaient capables de jouer à plusieurs postes et dans plusieurs rôles, et que j'en faisais partie, comme Yoann Huget, qui peut évoluer à l'aile et à l'arrière. On le voit dans toutes les équipes : il y a des joueurs qui sont polyvalents. Après, bien sûr qu'il y a des préférences, c'est normal. Moi, au Stade Français, par exemple, j'évolue au centre, donc j'ai beaucoup plus d'automatismes au centre qu'à l'aile, mais une fois que je suis ici, je sais que je veux jouer au centre mais aussi à l'aile. Et Jacques a été très clair avec moi par rapport à ça.

Vous souvenez-vous d'avoir eu autant la pression sur vos épaules qu'avant ce match capital contre l'Ecosse ?
Bizarrement, la pression, on la ressent moins cette semaine, vu que l'on parle plus de ce qui se passe à l'intérieur du groupe que ce qui va se passer sur le terrain. C'est en tout cas ce que je ressens. Après, bien sûr qu'elle est importante la pression, parce que l'on joue chez nous, que l'on se doit de gagner parce que l'on est à la maison mais aussi parce que l'on se doit de gagner chaque match, même si on a perdu les deux précédents. On se doit de gagner ce match, il est très important pour nous. On ne pense qu'à ce match, on ne regarde pas ailleurs. On nous parle déjà de la cuillère de bois, nous, on ne pense pas du tout à ça, on est encore loin de ça, et on se fixe comme objectif de gagner ce week-end. On pense à ce match tous les jours, on a hâte d'y être.

Contre les Gallois, vous aviez mené 16-0 avant de vous faire renverser. Redoutez-vous encore ce type de scénario samedi ?
On met des scénarios en place et des situations de match qui peuvent arriver. Et on essaye de s'en sortir de la meilleure des façons. Mais on ne peut jamais prédire à l'avance ce qui va se passer dans un match, donc il y a toujours une part d'inconnu, mais si on a de la confiance et que l'on arrive à accélérer le jeu et à essayer de marquer... Ce sont deux façons de jouer différentes. On doit s'adapter aux contraintes du jeu, du score, aux conditions, au temps qu'il reste. Dans ce sport, il y a plein de choses qu'il faut prendre en compte, et malheureusement, ça on ne peut jamais le prédire à l'avance. On essaye de retrouver des scénarios, que l'on applique aux entraînements, mais ce n'est jamais exactement ce qui va se passer en match.

Avez-vous réussi à oublier votre naufrage de Twickenham d'il y a quinze jours ?
Bien sûr. On est obligés de l'évacuer et de passer à autre chose, mais ça reste dans un coin de nos têtes. On a un match très important, si on passe notre temps à penser à du négatif, il va nous arriver du négatif, mais si l'on commence à relever la tête... On est déçus de ce que l'on a fait, du score que l'on a pris (sic) et de l'image que l'on a pu donner, on ne l'oublie pas, bien sûr, on en a conscience que c'est très négatif et on s'en veut. Maintenant, la seule chose qui nous reste c'est celle qui va arriver, ce qui est passé, on ne pourra plus rien faire, c'est du passé. La seule chose qui nous reste, c'est ce match contre l'Ecosse, qui est crucial pour nous. En plus, le stade va être plein, donc ça montre que les supporters croient encore en nous. On les remercie pour ça et on va essayer de montrer un tout autre visage et reprendre du plaisir nous, mais aussi leur redonner énormément de plaisir, parce que l'on sait que si on leur donne du plaisir, ils reviendront au match, de la même façon qu'ils vont venir ce week-end contre l'Ecosse. Le stade sera plein, et ça pour nous, c'est motivant, ça nous transcende et ça nous donne encore plus de force.

Fickou : "Guilhem (Guirado) ne mérite pas ces critiques"

Guilhem Guirado est un capitaine très controversé ces derniers temps. Qu'avez-vous à dire pour sa défense ?
Guilhem il parle beaucoup avec les joueurs, contrairement à ce que l'on pourrait penser. C'est quelqu'un qui est très proche des joueurs, qui discute énormément avec les joueurs. Il y a des joueurs qui l'épaulent, comme Louis Picamoles, Mathieu Bastareaud ou Yoann Huget, plein de joueurs qui sont dans la même tranche d'âge et se connaissent depuis longtemps. Moi, je suis un peu plus jeune, mais ça fait longtemps que je joue avec eux, donc je les connais bien. Il a toujours été épaulé. Après, ça ne se ressent peut-être pas toujours très bien, et c'est pour ça que l'on a créé ce groupe de joueurs. Il ne mérite pas tout ce qu'il dit sur lui. C'est quelqu'un qui est exemplaire et a un comportement exemplaire avec les jeunes comme avec les anciens. Avec moi, il l'a toujours été et ça se ressent de partout. Il est énormément apprécié, car il a une joie de vivre et qu'il est positif dans tout ce qu'il dit. C'est le joueur approprié à ce poste-là en équipe de France.

L'avez-vous senti touché par ces critiques ?
Non pas du tout, car il sent que ça vient de l'extérieur et pas du groupe. Si ça venait du groupe, il serait peut-être déçu et montrerait un autre visage. Mais il sait que ça vient de l'extérieur et pas du groupe. Il a pleinement confiance en l'équipe, il sait que tout le monde pense du bien de lui et le soutient à cent pour cent. Surtout, il ne mérite pas ces critiques. On a tous fait des erreurs contre l'Angleterre, lui aussi, moi aussi, tout le monde, on est tous fautif. C'est la tête d'affiche, donc c'est lui qui prend, mais ce n'est pas le seul à avoir commis toutes les erreurs que l'on a commises.

Jacques Brunel a-t-il fait trembler les vestiaires cette semaine à Marcoussis après ces deux nouvelles déconvenues ?
Non, ce n'est pas quelqu'un qui va crier. Bien sûr, qu'il nous a montré son mécontentement sur notre façon de s'impliquer de travailler au quotidien. Il a tout à fait raison, peut-être que l'on n'a pas été à la hauteur. Maintenant, sur l'ensemble, il n'a pas changé, il est resté pareil et continue à nous faire confiance. C'est pour ça qu'il a remis le même groupe. Il y a forcément des changements, mais, ça, c'est la vie d'un groupe, ça change forcément. Mais sur sa façon de fonctionner et son comportement, il n'a pas changé. Il nous fait confiance, il nous parle, nous rassure. Il a durci sur le ton sur notre façon de s'entraîner et d'être plus précis, mais sinon, sur le reste, par exemple son état d'esprit, il est resté pareil. Ca se passe très bien. On discute, on essaye d'échanger énormément par rapport à ce qu'il se passe sur le terrain, nos ressentis, ce que lui pense des entraînements. C'est un échange permanent, c'est ce qui va nous permettre de prétendre à mieux. A des victoires surtout.

Fickou : "Romain (Ntamack) n'aura pas besoin de nous"

Que vous inspire le jeu des Ecossais ?
Ils jouent très profond déjà. C'est assez étonnant à ce niveau-là, mais c'est pour pouvoir se passer le ballon sans avoir trop de pression. Parce qu'aujourd'hui, les défenses montent tellement vite que l'on n'a pas le temps de se faire des passes. On sait aussi qu'ils produisent énormément de jeu, qu'ils vont beaucoup au sol, et c'est sûrement pour cela que Jacques a mis des joueurs qui ont un rôle important dans ce domaine-là. Ca va être une arme redoutable pour nous : de gratter les ballons, les contester et ralentir les Ecossais, parce qu'ils jouent très bien, ils ont très profonds, donc ils arrivent à se passer le ballon. A nous de bien défendre, de rester en ligne et de beaucoup se servir de l'intérieur, parce qu'ils reviennent beaucoup à l'intérieur.

Vous attendez-vous à une équipe d'Ecosse fortement diminuée par les absences de Finn Russell et Stuart Hogg ?
Ils ont énormément de qualité à tous les postes. Ce sont des joueurs qui sont là depuis longtemps, qui ont beaucoup d'expérience et qui animent l'équipe, donc ce sont forcément de grosses pertes pour eux, on en a conscience. A nous de nous en servir. Mais je pense que les joueurs qui vont les remplacer sont de grande qualité aussi, donc à nous de nous en méfier. Quand on remplace nos joueurs phare, il y a toujours de la qualité derrière. Même s'ils ont peut-être plus d'automatismes avec Finn Russell et Stuart Hogg, qui sont des joueurs extraordinaires. Ils ne seront pas là ce week-end, c'est une chance pour nous, mais ils seront remplacés par des joueurs qui ont énormément de qualité aussi.

Samedi, Romain Ntamack évoluera à l'ouverture alors qu'il a l'habitude d'être utilisé au centre à Toulouse. Doit-on avoir peur ?
Non, non. Romain a les capacités de défendre tout seul. C'est un très bon défenseur et il est quand même assez costaud pour un numéro 10. Bien sûr que l'on va l'épauler, parce que Mathieu et moi, on a quand même plus d'expérience que lui à ce niveau-là, et aussi plus de matchs, mais je ne m'inquiète pas pour lui. Il est assez serein dans sa tête, il est confiant et sait ce qu'il a à faire. On sait aussi ce que l'on a à faire pour l'épauler, car il faudra l'aider, forcément, puisque c'est un rôle très important, surtout dans notre système. Donc il va falloir lui parler énormément, l'alléger, lui donner confiance et l'aider. Mais après, pour défendre, il n'aura pas besoin de nous. Il a les capacités pour défendre tout seul, et il l'a déjà montré.

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