Thomas Siniecki, Media365 : publié le dimanche 15 mars 2026 à 13h38
Thomas Ramos est le sauveur de la patrie après cette pénalité décisive contre l'Angleterre (48-46), et il le mérite. Non seulement en tant que meilleur réalisateur de l'histoire des Bleus, mais aussi pour son niveau global.
Thomas, que représente ce nouveau titre avec les Bleus ?
On est très heureux pour nous, car on joue au rugby pour soi et pour le groupe, aussi pour les gens qui nous aiment. Un deuxième Tournoi d'affilée, ce n'est pas anodin, ce n'était plus arrivé depuis quasiment 20 ans. C'est important aussi de montrer que cette génération souhaite gagner ces titres et s'inscrire dans le palmarès des Six nations, et plus je l'espère... Quand on démarre un Tournoi, on a forcément des ambitions. On a beaucoup parlé de Grand Chelem car on recevait trois fois, et après nos trois premiers matchs, tout le monde nous voyait forcément en haut de l'affiche. On est passés un peu à côté la semaine dernière, mais ç'aurait été trop bête et décevant de perdre ce match devant notre public. Je suis très, très content pour les mecs, je pense qu'on le mérite. Personne n'allait nous le donner. On l'a vu, les Anglais sont venus avec des intentions de jeu, ils ont tenu le ballon et nous ont aussi fait subir des situations défensives, ils nous ont mis à mal. On savait que ce serait dur jusqu'à la fin.
Vous étiez à 100% avant ce dernier coup de pied, à 6/6. Est-ce que vous redoutiez ce moment, ou on le kiffe et c'est pour ça qu'on aime être buteur ?
Non, je l'aurais redouté si je l'avais loupé (sourire). Je l'ai mise, donc c'est facile à dire... Au fond de nous, les buteurs en général, on l'attend et on l'espère. J'ai eu la chance de croiser Jonny Wilkinson, Dan Biggar et Dimitri Yachvili après le match, tous m'ont dit qu'ils auraient rêvé de la taper à ma place ! On est tous animés par la même chose, prendre son ballon, se mettre dans sa routine et taper. Sur le moment, ça m'a fait rire car je me suis dit que le Tournoi allait se jouer là-dessus. Je suis le héros à la fin, mais j'aurais pu être celui qui fait perdre son équipe à la fin, alors il faut savoir profiter quand la pièce tombe du bon côté.
"Il ne faut pas forcer ces coups de pied"
Etiez-vous sûr de vous ?
On ne l'est jamais (sourire). Ce qui est important aussi, c'est la confiance de mes coéquipiers, je les ai sentis sereins. Forcément, ça me donne également de la confiance. Ils croient en moi et je sais que je suis capable de la mettre, donc allons-y.
Est-ce qu'on pense à la fatigue ou à la distance, au fait de se rapprocher, de se mettre un peu plus en face ?
Elle était un peu loin, mais ce sont des coups de pied que je me dois de mettre, peu importe le moment du match ou la fatigue. Bien au contraire, il ne faut pas les forcer. Je sais que j'ai la puissance et la distance, je dois donc être le plus relâché possible. Courir un peu avant, se décontracter... Il y a eu ce petit accrochage avec Maro Itoje qui ne voulait pas trop partir de la zone, je ne m'en suis pas trop occupé et je me suis plutôt mis dans ma bulle pour me concentrer au maximum. Se relâcher et frapper, comme j'essaie de le faire à chaque fois.
Un mot sur Louis Bielle-Biarrey, une arme fatale qui paraît presque indéfendable pour l'adversaire...
Quand vous l'avez dans l'équipe, vous essayez de taper loin devant et il court (sourire). Il va tellement vite que s'il a un espace dans la profondeur... Il met quatre essais, dont trois sur du jeu au pied. Toutes ses qualités ressortent aussi dans ces moments-là, c'est bien pour nous de pouvoir s'appuyer sur lui. Il bat son propre record, ça démontre le Tournoi qu'il fait. Je suis content pour lui, il faut qu'il continue. Et ça ne sert à rien que je dise qu'il ira loin, car il est déjà très haut. Il est sérieux et déterminé, il sait où il veut aller. Il est jeune mais très mature dans sa tête, c'est ce qui fait sa force.













