Tournoi des 6 Nations - Irlande : Sexton raconte son drop

Tournoi des 6 Nations - Irlande : Sexton raconte son drop©Media365

Lucas Bertolotto, publié le lundi 05 février 2018 à 12h09

Dans une interview accordée à Midi Olympique, Jonathan Sexton a raconté son drop à la dernière seconde du match entre l'Irlande et la France.

Quarante-cinq mètres, quatre-vingt-troisième minute de jeu, l'ouvreur Jonathan Sexton reçoit le ballon et tente un drop pour offrir la victoire à l'Irlande face au XV de France. Une prise de risque maximale, payante malgré les crampes, l'échec sur une pénalité et les conditions météorologiques. Le reste du scénario, vous le connaissez déjà. Le XV du Trèfle s'impose 15-13 et enlève aux Bleus leur premier succès depuis près d'un an. Mais que se passe-t-il dans la tête du maître à jouer irlandais au moment de taper dans le ballon ? Dans une interview accordée à Midi Olympique, le numéro dix du Leinster est revenu sur ce geste exceptionnel. A commencer par la dernière possession des siens, une fois la sirène passée : « Le banc de touche nous avait donné pas mal d'énergie. On se sentait bien. On se savait capables de multiplier les temps de jeu sans vraiment craindre pour la possession. Nous avons été patients. » Après plusieurs tentatives, Sexton a choisi de renverser le jeu en envoyant un coup de pied risqué vers son ailier : « La défense française était en place. Nous devions trouver un moyen d'entrer dans leur moitié de terrain et je n'ai trouvé que celui-là. Keith Earls est en feu en ce moment. Je me doutais qu'il pouvait prendre le dessus sur Virimi Vakatawa. Pour moi, l'ailier des Français n'irait pas au contest : il ne voudrait pas prendre le risque d'être pénalisé. »Sexton : « Je me suis dit que le moment était venu de tenter ce drop »La difficulté des avants de Joe Schmidt à trouver des ouvertures oblige le demi d'ouverture à faire un choix : « Dès que la ligne de quarante mètres est entrée dans mon champ de vision, je me suis dit que le moment était venu de tenter ce drop. Conor Murray me côtoie en équipe nationale depuis sept ans. Il connaît le langage de mon corps et sait à quel moment me donner la balle. Je crois que les Français s'attendaient à ce que l'on poursuive avec les avants, au près. Au moment où je tape, je n'ai donc pas beaucoup de pression. Je revois juste Camara, un peu loin... Ils n'étaient pas préparés à ça. » Sexton met alors son plan à exécution, mais il ne retient aucun souvenir précis de ce moment : « Aujourd'hui, tout le monde demande ce que j'ai ressenti. Mais c'est bizarre, en fait. Car tout ce qui se passe à cet instant précis ne reste pas gravé dans ma mémoire. Je vois l'avant, l'après, mais pas le moment. » L'après, justement, c'est un moment de doute pour l'Irlandais : « Quand le ballon quitte mon pied, je me dis aussitôt que je n'aurai jamais la distance. J'étais loin, je regardais l'écran géant, j'attendais que Nigel Owens fasse un geste. Je n'ai rien vu. Puis les gars ont tous couru vers moi. J'ai compris que c'était gagné. »

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