Dupont-Machenaud : Un changement qui fait débat

Dupont-Machenaud : Un changement qui fait débat©Media365
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Antoine Poussin, publié le mardi 06 février 2018 à 16h45

Antoine Dupont, remplacé par Maxime Machenaud samedi face à l'Irlande, blessé au genou, est sorti sur protocole commotion. Un changement qui suscite des interrogations, puisque World Rugby a ouvert une enquête, après les plaintes reçues des Irlandais.

Le remplacement d’Antoine Dupont par Maxime Machenaud était-il valable ? Samedi dernier, le jeune Toulousain Antoine Dupont rentre en jeu à la 67eme pour remplacer le demi de mêlée du Racing 92 Maxime Machenaud. Mais celui-ci se blesse à la 76eme. Le médecin indique alors un protocole commotion avant de découvrir qu’Antoine Dupont est finalement touché...au genou ! De ce fait, l’arbitre du match Nigel Owens autorise le changement, et donc, le retour de Maxime Machenaud sur le terrain, au grand dam des Irlandais, qui se sont plaints. « Ce n’était rien de moins qu’un scandale » a déclaré Brian O’Driscoll (133 sélections avec le XV du Trèfle) sur Twitter après la rencontre, remettant ainsi en cause la légitimité de l’encadrement français. Mais cette affaire n’en est pas restée là. En effet, le panel de révision des protocoles HIA de World Rugby est actuellement en train d’étudier le problème, suite aux réclamations des Irlandais. « On a eu une hésitation, car le médecin a estimé que c’était une commotion pour Antoine, ce qui a permis à Maxime Machenaud de re-rentrer » s’est défendu le sélectionneur français Jacques Brunel.

Quelles solutions face aux commotions ?Le protocole commotion ne cesse de se multiplier lors des rencontres de Top 14, mais aussi au niveau international. Au 8 janvier 2018, l’Equipe estimait à 102 le nombre de commotions cérébrales lors de la saison 2016-2017, soit une hausse de 35% par rapport à l’année précédente. Le dernier exemple frappant a été le violent K-O. du jeune Clermontois Samuel Ezeala, lors du match opposant le Racing 92 à l’ASM Clermont Auvergne, le 7 janvier dernier. Pourtant en mai 2017, le règlement sur le protocole devait être renforcé avec la possibilité, pour la commission de surveillance des incidents de la FFR, de saisir la commission de discipline de la LNR en cas de mauvaise application ou de détournement du protocole. Mais la commission a traîné à se mettre en place. Malgré tout, la nouveauté pour cette saison est la mise en place du système Vogo qui permet à un personne formée de pouvoir visionner les images sous différents angles et donc d’assister le médecin du club pour détecter les commotions en cours de match. En cas de doute, cette personne peut envoyer les images sur un serveur à la FFR. Si une première réunion a eu lieu jeudi dernier entre les différents membres de la commission des incidents, une nouvelle doit avoir lieu ce jeudi. Plusieurs images de différents cas posant problème cette saison vont être examinées, sous l’œil notamment de Serge Simon, vice-président de la FFR et également médecin. Car le problème va plus loin que le nombre. En effet, selon Thierry Hermerel, président de la commission médicale de la FFR : « Plus d’un joueur sur trois retourne sur le terrain alors qu’il est commotionné. » De plus, on ne joue pas avec le protocole ! De ce fait, si certains clubs tentent de détourner ce système, pour permettre notamment de faire revenir un de leurs joueurs sur le terrain, des sanctions pourraient tomber, dont notamment une amende pouvant aller de 10 000 à 50 000 euros en Top 14.

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