Toulouse : Didier Lacroix milite pour le Top 12

Toulouse : Didier Lacroix milite pour le Top 12©Media365

Emmanuel LANGELLIER, Media365 : publié le jeudi 24 décembre 2020 à 13h52

Alors que la réduction du Top 14 fait débat, le président de Toulouse, Didier Lacroix, explique pourquoi il milite en faveur du Top 12.



La crise du Covid-19 secoue le monde entier. Toutes les strates sont touchées. Le monde du sport n'y échappe pas. En France, la réduction du championnat de rugby se pose depuis l'apparition de ce coronavirus et de ce qu'il engendre. Passé de Top 16 à Top 14 après la saison 2004-2005, le championnat est évoqué avec un contingent de 12 équipes. Depuis plusieurs mois, certains y réfléchissent comme les présidents et directeurs généraux du Stade Français, de Bordeaux-Bègles, Clermont, La Rochelle et Toulouse.

Le Stade Toulousain justement, son président Didier Lacroix s'en explique jeudi dans L'Equipe. « Ça engage la refonte du rugby pro français », dit-il. « Je regrette qu'on soit caricatural avec le Top 12 : il n'a pas que des effets favorables mais il faut se donner le droit de s'interroger sur une possible évolution. Je n'ai aucune animosité envers Paul Goze (président de la Ligue nationale), sauf quand il est fermé au débat. Faut-il attendre qu'il ne soit plus président ? Peut-être », lâche le patron toulousain.

Didier Lacroix : « Un Top 12 améliorera la qualité des matchs puisque les meilleurs joueurs seront davantage impliqués »

« En attendant, pour apprécier cette réduction de l'élite, il faut considérer la lecture des compétitions quand elles se superposent. Un Top 14 qui se dispute en même temps que le Tournoi des Six Nations, ça me dérange parce que ce sont les mêmes publics, ajoute Lacroix. Et les joueurs concernés ont envie de jouer avec leur club mais aussi avec l'équipe de France. Du coup, un club qui concentre des internationaux se trouve handicapé. Le Top 12 implique aussi la refonte du rugby professionnel français. »

Quelle formule opérer ensuite pour ce grand changement ? « Créer deux poules en Pro D2 ? Y ajouter une troisième division ? Quoi qu'il en soit, LNR et FFR doivent s'associer pour effectuer la jonction entre le sommet du rugby amateur et le début du rugby professionnel, afin de dépasser les trente clubs comme actuellement. Un Top 12 améliorera la qualité des matchs puisque les meilleurs joueurs seront davantage impliqués, mais il faut aussi penser à la formation et à l'intégration de jeunes joueurs qui ont besoin de matches pour éclore », explique le président de Toulouse.

Paul Goze : « Tant que je serai président, le Top 12 ne passera pas »

Paul Goze, lui, est donc résolument contre ce resserrement de l'élite. « Je suis totalement opposé au Top 12. C'est une très mauvaise idée véhiculée par deux ou trois clubs qui y ont, croient-ils, un intérêt parce qu'ils mettent à disposition du quinze de France un certain nombre d'internationaux. L'intérêt général du rugby n'est pas de se concentrer autour de ces deux ou trois clubs », confie le président de la LNR dans le quotidien sportif. « Premièrement, contrairement à d'autres sports, le rugby n'est pas financé par la télévision, détaille Goze. Il est donc très dépendant des recettes jour de match. Avec un Top 12, les clubs perdraient deux recettes à domicile. Deuxièmement, réduire le nombre de matches diminuerait le montant des droits télévisuels car deux coefficients - nombre de matches et durée de la saison - entrent dans ce calcul. Troisièmement, ce n'est pas en réduisant le nombre de clubs qu'on va élargir la couverture territoriale du rugby, qui est un des facteurs importants du développement de notre sport dans les régions Nord, Ouest et Est, qui sont les plus peuplées, les plus riches et les plus jeunes. »

« De toute façon, tant que je serai président, c'est-à-dire jusqu'en mars, le Top 12 ne passera pas, conclut le patron de la LNR. Et quand je ne serai plus là, il ne verra pas le jour parce que les présidents qui veulent ce changement n'auront pas la majorité des voix des clubs au moment du vote. »

Vos réactions doivent respecter nos CGU.