Top 14 - Finale / Dupont : " J'ai toujours rêvé de soulever ce Bouclier "

Top 14 - Finale / Dupont : " J'ai toujours rêvé de soulever ce Bouclier "©Media365

Rédaction Sport365, publié le dimanche 16 juin 2019 à 15h30

Ce samedi soir, le Stade Toulousain a remporté son 20eme titre de champion de France, en disposant de Clermont (24-18). A l'issue de cette rencontre, certains acteurs toulousains se sont arrêtés en zone mixte, comme le demi de mêlée Antoine Dupont.



Antoine Dupont, vos premières impressions sur ce premier titre ?

C'est difficilement descriptible. Tous les joueurs de rugby jouent pour ça. Là, aujourd'hui, on avait l'occasion de ramener le Brennus, on ne savait pas si on l'aurait eu une autre fois. On s'est dit, celle-là, c'est la nôtre, il ne faut pas la lâcher. Maintenant qu'on est arrivé jusque-là, il faut conclure. Et je pense que tout le monde avait envie de gagner, mais aussi envie de gagner ensemble.

C'était dur ?

Bien sûr, c'était dur. En face, il y a quand même une sacrée équipe. On parle souvent de notre super saison, mais Clermont a aussi dominé le championnat cette année. On savait qu'on allait avoir une très grosse confrontation. Ça a été très serré tout le match au final. Même en marquant des essais, on est toujours resté à portée de tir, à six points, donc prendre un essai. Ça a été serré jusqu'à la fin. Mais maintenant, on ne retient que la joie et le bonheur.

Il y a eu des moments de doute ?

Des doutes ? Non, je ne pense pas parce qu'on est resté dans ce qu'on faisait, dans ce qu'on sait faire simplement. On ne s'est pas posé plus de questions que cela et ça a fonctionné. Notre défense fonctionnait. Il y a eu quelques petits soucis en mêlée, mais rien de bien méchant. Notre défense et notre état d'esprit ont été top tout le match.

« On sait que sans marquer d'essais, on peut gagner un match »

On a senti vraiment du banc que vous preniez une emprise au fur et à mesure, notamment en début de seconde période, sur ce match. Vous, sur le terrain, vous le ressentiez aussi ? On vous sentait vraiment supérieur...

On sentait que si on ne faisait pas de fautes, on n'était pas trop inquiété par cette équipe. Mais après on prend des pénalités, donc ils jouent avec des avantages. Ils trouvaient des bonnes touches après, pour avancer dans notre camp. Ils ont fait 100% au pied, ce qui leur a permis de se maintenir au score. Même si on n'a pas eu de risques d'essai, à part cette interception, on sait que sans marquer d'essais, on peut gagner un match. Ça a été quand même chaud.

Comment avez-vous vécu la semaine ? La tension est-elle montée au fur et à mesure ou vous êtes restés hyper natures ?

Je pense que ça fait 15 jours que c'est très long pour tout le monde. Ces semaines-là, on attend qu'une chose, c'est d'être au match. Donc voilà, la semaine est longue. On joue à 21h, le jour du match est encore plus long. C'est vrai qu'aujourd'hui, la journée, ça a été interminable. Donc voilà, je pense que tout le monde avait envie d'être sur le terrain et bien sûr de gagner. Donc l'attente a été, je pense, compliquée pour tout le monde.

Surtout que vous étiez plein à ne pas avoir cette expérience-là, de jouer une finale... Dans l'approche d'une événement pareil, vous auriez pu vous laisser « bouffer » un peu par le contexte...

Après, je pense que l'on a pas été happé par la pression de la finale, de l'enjeu du match. On s'est simplement dit, il faut qu'on joue comme on l'a fait toute la saison, en mettant énormément de densité autant en attaque qu'en défense et il n'y a pas de raison que cela ne passe pas. Cela a fonctionné toute la saison, ça a fonctionné aussi aujourd'hui.

« Il faut vraiment profiter de ces instants »

C'est déjà un premier titre pour une équipe assez jeune. L'avenir s'annonce radieux ?

Max(ime Médard), qui a gagné le dernier Bouclier en 2012, ne pensait pas attendre sept ans avant de retrouver le Stade de France. Il faut vraiment profiter de ces instants, je pense, parce que même si on est un groupe jeune avec du potentiel, on a vu la difficulté d'arriver jusqu'à cette dernière manche sur les dernières saisons. Il y a toujours des surprises avec ce format de phase finale. On n'a aucune garantie quand on démarre la saison donc bien sûr que je pense que ça a donné de la motivation et de la confiance à tout le monde dans ce groupe et dans le club en général. Espérons que sur les autres années, on puisse remonter à Paris.

A quoi avez-vous pensé au bout de cette finale ? D'être champion avec le club que vous supportiez lorsque vous étiez gamin...

C'est un sentiment à part, c'est indescriptible. Après, on s'en rend compte encore plus quand on a le Bouclier dans les mains. On est tellement habitué à le voir à la télé tous les ans. Moi, depuis tout petit, j'ai toujours suivi toutes les finales et comme je disais, comme tout gosse, je pense que j'ai toujours rêvé de soulever ce Bouclier mais je ne m'étais jamais imaginé de le soulever avec un autre club que Toulouse. Donc c'est encore plus fort pour moi.

Le vingtième en plus, c'est symbolique...

Le vingtième et puis surtout sept ans de disette pour un club qui n'a pas été habitué à ça. Je pense qu'il y avait une attente du club, des supporters. Nous, au vu de notre saison, on avait vraiment envie de conclure de la meilleure des façons. Sinon, je pense qu'il y aurait eu beaucoup de regrets.

Propos recueillis par Lucas Bertolotto

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