Stade Français : Le propriétaire du club abandonne le rugby allemand

Stade Français : Le propriétaire du club abandonne le rugby allemand©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le jeudi 14 juin 2018 à 16h28

Principal financier du rugby allemand depuis plusieurs années et propriétaire du Stade Français depuis un an, le magnat des boissons suisse d'origine allemand Hans-Pieter Wild a décidé de cesser son aide financière au développement du rugby outre-Rhin.

Trop, c'est trop pour Hans-Pieter Wild ! Le magnat suisse d'origine allemande spécialisé dans les boissons a annoncé dans les colonnes du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung qu'il mettait un terme à son programme de financement du développement du rugby en Allemagne via la liquidation de la Wild Rugby Academy (WRA), l'organisation qu'il avait montée pour former les joueurs. « La WRA sera dissoute et liquidée. Nous terminons notre engagement. Nous remplissons toujours nos obligations, nous payons aux joueurs une indemnité de départ généreuse. C'est un besoin pour moi, parce qu'ils sont tous des gars très bien. Mais nous, nous arrêtons, a déclaré Hans-Pieter Wild dans cet entretien. Cela n'a aucun sens, et ce n'est pas intéressant de développer cela en Allemagne. Nous avons réalisé ce qui était faisable dans cet environnement, nous ne pouvions pas faire plus. » Une nouvelle qui, selon une information du quotidien Le Figaro, a été reçue très fraîchement par les joueurs actuellement sous contrat avec la WRA, avec un fort sentiment de trahison alors que l'Allemagne est revenue en course pour une place en Coupe du Monde suite à l'affaire qui a secoué le rugby européen.

L'EPCR a accéléré la prise de décision d'Hans-Pieter Wild


Cette décision, si elle n'a pas été provoquée par la décision de l'EPCR de refuser au Heidelberger Rudeklub sa participation à la Challenge Cup face aux craintes de conflit d'intérêt liées au partenariat du club allemand avec la marque de boissons Capri-Sun, propriété du magnat allemand tout comme le Stade Français, également engagé dans la deuxième compétition européenne de rugby, elle l'a accéléré. C'est incompréhensible et juridiquement injustifiable, tonne Hans-Pieter Wild. Par exemple, je n'ai aucune fonction au HRK, et aucun contrôle. » L'autre raison qui justifie le choix de l'homme d'affaires de cesser toute implication au sein du rugby allemand, c'est la Fédération Allemande de rugby (DSV) elle-même. Taxée d'amateurisme et critiquée pour son manque d'entrain à développer le sport dans le pays, elle voit son principal bailleur de fonds la quitter. « La DRV est chaotique. Et qu'est-ce que le rugby allemand ? On peut l'oublier. Dans des pays comme la Géorgie, l'Italie ou la Russie, le rugby professionnel est soutenu par les gouvernements. Il n'y a personne à la DRV qui peut l'expliquer aux ministères en cinq phrases. Il n'y a rien ici. Il n'y a ni volonté, ni compétence, ni argent. Cela n'a aucun sens de le faire seul, comme moi, en tant que combattant solitaire. »

Wild se donne trois ans pour le titre en Top 14


La fin de cette mise de fonds dans le rugby allemand signifie que, pour Hans-Pieter Wild, l'investissement dans le ballon ovale ne passera plus que par le Stade Français, dont il est le propriétaire depuis un peu plus d'un an, un contrôle qui va s'affirmer la saison prochaine avec une nouvelle identité pour le club et un effectif renforcé. Et, après cette année de transition, l'homme d'affaires suisse se montre ambitieux à moyen terme. « Ils sont heureux de m'avoir à Paris, assure Hans-Pieter Wild dans les colonnes du FAZ. C'est un super club, qui a été secoué par la tentative ratée de fusion avec le Racing 92. D'ici 2021, nous serons de nouveau champions de France. » Un objectif très ambitieux pour un club qui doit d'abord se relever d'une saison très difficile durant laquelle il a plus joué pour sauver sa peau que jouer le haut du tableau en Top 14. Un redressement qui, en fin de compte, se fera sur le dos du développement du rugby en Allemagne.

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