Racing 92 - Lorenzetti : " On ne peut pas tourner la page comme ça ! "

Racing 92 - Lorenzetti : " On ne peut pas tourner la page comme ça ! "©Media365
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Clément Pédron, publié le lundi 19 octobre 2020 à 12h25

Deux jours après la désillusion de la finale perdue à Bristol contre Exeter (31-27) en Champions Cup, Jacky Lorenzetti, le président du Racing 92, veut prendre le temps de la réflexion.

La gueule de bois laisse encore un goût désagréable au Racing 92, deux jours après la finale de Champions Cup perdue contre Exeter (31-27). Ni inférieur ni supérieur à son adversaire anglais, le club de la capitale a surtout failli tout seul et en face, les hommes de Rob Baxter ont eu juste à picorer derrière. C'est surtout ce que bon nombre d'observateurs retirent de ce match, ce qui rajoute à cette frustration amère. Cette rencontre restera au mieux un mauvais souvenir, au pire un traumatisme. Par la force des choses, plusieurs Racingmen, à peine rentrés de Bristol, sont partis rejoindre leur sélection, histoire d'occuper l'esprit ou de se reconstruire émotionnellement pour certains. Dans une interview accordée à l'Équipe ce lundi, Jacky Lorenzetti, le président du Racing est revenu sur cette désillusion, la troisième déjà depuis quelques années au même stade de la compétition, après Saracens en 2016 et Leinster en 2018. « Je n'ai pas beaucoup dormi, admet d'emblée le Parisien. On s'est battu nous-mêmes, ils étaient à notre portée. Ils n'ont pas montré grand chose si je peux me permettre. Exeter a été plus lucide. » Dans la bouche du dirigeant, le sentiment, difficile à avaler, que le Racing était pourtant prévenu. « On s'est fait bouffer sur notre ligne trois fois alors qu'on savait pertinemment que ces pick and go constituaient leur force. On en a parlé. Tout le monde en a parlé. Ce n'est pas admissible. » Sans pointer personne, Jacky Lorenzetti ressasse les mauvais choix de son équipe qui ont plombé le match. « Pourquoi ne pas tenter un drop quand ça ne passe pas et qu'on pilonne sous les poteaux ? Je repense à cette action où Maxime Machenaud se trompe de côté en écartant le jeu. Il y avait Beale et Imhoff à droite...» Et il y en a eu d'autres...

Lorenzetti : « On ne peut pas se contenter de passer près de la victoire »

Dans la presse dimanche, au lendemain du match, Teddy Iribaren avait fait son mea culpa révélant qu'il « n'aurait pas dû jouer ce match. » Interrogé, le président du Racing s'est refusé à identifier un fautif particulier : « Je me refuse à cibler tel ou tel. Je considère qu'on est tous fautifs quelque part, surtout qu'on avait aucune excuse ni même de joueur majeur blessé. Il n'y a rien à dire de plus sur l'arbitrage. » En revanche, plusieurs enseignements seront à tirer de la stratégie adoptée. « On a fait le choix d'un jeu plus flamboyant (l'ouvreur écossais Finn, en grande difficulté samedi) et on se régale plus qu'avant, en tout cas c'est mon avis. Cela ne doit pas empêcher de se poser la question de la stratégie. Peut-être que Laurent (Travers, le manager) et Mike (Prendergast, entraîneur de l'attaque) ont intérêt à se la poser. On ne peut pas tourner la page de cette finale comme ça. Il faut qu'on en reparle, qu'on réfléchisse. On va se réunir. »


Pour certains, c'est déjà la troisième défaite en finale en peu de temps et la perspective d'une lassitude ou d'un manque d'envie peut faire surface...« Non, non et non, coupe directement Lorenzetti. Ça ne va pas être dur et, en plus, on n'a pas le temps de se morfondre ou d'avoir des états d'âme. » D'autant que le derby contre le Stade Français se profile dès ce week-end à Jean-Bouin. « C'est mon match préféré, vous pouvez compter sur moi pour peser de tout mon poids cette semaine pour motiver les gars. [...] Ce qui me réconforte, c'est que cela fait cinq ans qu'on est au sommet de la pyramide. Mais je le répète, on ne peut pas se contenter d'être passés près de la victoire. »

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