Top 14 : Bousquet revient sur la saison ratée de Perpignan

Top 14 : Bousquet revient sur la saison ratée de Perpignan©Media365

Thibault Laurens, publié le mercredi 27 mars 2019 à 13h06

Jonathan Bousquet (31 ans), ailier ou arrière de l'USAP, a accepté de répondre aux questions de Rugby365. Au programme, la victoire face à Grenoble, l'hypothétique maintien mais également les supporters catalans.

Jonathan Bousquet, cela faisait presque un an que l'USAP n'avait pas gagné un match à domicile. Quel est le sentiment qui prédomine après cette victoire face à Grenoble ?
Du bonheur tout d'abord. Depuis la demi-finale contre Mont-de-Marsan (28-8) l'an dernier, on n'avait plus gagné. C'est vrai que ça commençait à faire long. On avait réalisé certains matchs aboutis sans la victoire au bout, d'autres non-aboutis toujours sans la victoire ... On voit que ce n'est pas en jouant très bien que l'on gagne le match. Il n'y a pas de logique dans le sport.

L'USAP n'a pas livré son meilleur match de la saison. Mais contrairement à plusieurs rencontres, vous avez enfin réussi à empocher la victoire. L'entame de match a-t-elle été déterminante  ?
C'est ça. On a souvent attaqué les matchs en demi-teinte, comme à Castres la semaine dernière (36-17), où on est mené 19-3 à la pause. Pour gagner des matchs à ce niveau-là, ça devient compliqué. Il faut redoubler d'efforts pour se raccrocher au score. Contre Montpellier (10-28), on réalise une grosse entame et on est victorieux à la fin. On a beaucoup insisté toute la semaine sur les quinze premières minutes et c'est vrai que ça nous a souri.

Durant le dernier quart d'heure, vous avez plié sans rompre. Une satisfaction alors que l'USAP a également souvent craqué en fin de rencontre...
Défensivement, on s'est accroché. Dans les vingt dernières minutes, Grenoble a franchi quatre ou cinq fois notre défense. On a toujours su rattraper le coup cette fois-ci. Normalement, en Top 14, ça paye cash ces erreurs-là. Mais ce week-end, notre état d'esprit a été irréprochable. On s'est battu jusqu'au bout.

C'est également la victoire de tout un peuple, qui ne vous a pas lâché alors que les résultats depuis le début de saison sont plus que décevants.
Les supporters catalans, il faut les remercier. Ils ont fait preuve d'abnégation tout au long de l'année en venant au match chaque week-end, que ce soit à domicile ou à l'extérieur. C'est ça qui est énorme. Quand on est joueur et que l'on traverse une spirale négative, ce n'est jamais facile. Ce soutien des supporters permet, dans des situations parfois désespérées, d'avoir toujours envie. Cette victoire, c'est également une récompense pour le peuple catalan.

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Malgré une saison en deçà des attentes, une très grande partie du staff et des joueurs a souhaité prolonger l'aventure du côté d'Aimé-Giral. Est-ce important de miser sur une telle continuité ?
Tout à fait. La vie du club ne va pas s'arrêter parce que tu redescends. Je pense que le plus gros traumatisme de ce club reste la première descente en Pro D2, où il faut tout reconstruire. C'est toujours comme ça. Toulon l'a fait, Lyon l'a fait ... Pourquoi pas nous ? L'histoire du club ne s'arrête pas demain, ni à une descente en Pro D2. On aura une saison à jouer, il y a des mecs qui ont signé trois ans pour la plupart, le staff également. Je pense que structurer le club de cette façon malgré une descente, c'est fort. L'arrivée d'un joueur comme Faasalele poursuit cette logique-là.

Vous êtes en fin de contrat la saison prochaine. Avez-vous envie de poursuivre avec cette équipe ?
Quand tu vois qu'ils prolongent tous trois ans bien sûr que ça donne envie de continuer ... J'aime ce club. A Perpignan, il y a tout ce que j'aime. Mon deuxième fils est né ici, donc c'est compliqué de renier Perpignan, même en étant biterrois ! Ce club, c'est de l'amour, de la passion, de l'engouement, des supporters fidèles ... Après bien sûr, j'ai 31 ans. Cette année, je n'avais pas prévu de jouer autant. J'ai pu enchaîner les feuilles de matchs même si au début, j'étais souvent remplaçant. C'est sûr, je ne suis pas le meilleur joueur du Monde, ni le facteur X de Perpignan, mais je me prouve que je peux rivaliser sur certains matchs face à des joueurs internationaux. Au final, je suis content de ma saison et très fier de porter ce maillot, surtout en Top 14. Si l'aventure devait continuer, ça serait avec grand plaisir. Je n'ai aucune raison de vouloir partir de ce club.

Enfin, l'objectif de cette fin de saison était de remporter un match à Aimé-Giral. Mission accomplie. Maintenant, que doit viser l'USAP ?
Je le dis simplement. On doit se battre jusqu'au bout. Notre saison, c'est du gâchis. Mais il ne faut pas avoir peur de jouer, de montrer notre vrai visage. On l'a fait tout au long de la saison, même si malheureusement, ça n'a pas forcément fonctionné. La dernière chose qui nous reste à sauver, c'est nos valeurs. Montrer que l'on respecte le maillot, le club et les supporters. J'espère qu'on le fera jusqu'au Stade Toulousain lors de la dernière journée. Comme l'a dit Enzo (Forletta) après la défaite face à Castres, j'espère que l'on mourra avec nos idées.

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