Béziers : Dominici crie à l'injustice

Béziers : Dominici crie à l'injustice©Media365
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Aurélien CANOT, publié le mercredi 24 juin 2020 à 10h11

Coiffé au poteau pour le rachat de Béziers, Christophe Dominici, qui représentait des investisseurs émiratis, crie à l'injustice et ne compte pas en rester là.

Le communiqué à peine tombé, Christophe Dominici, fou de rage, avait donné rendez-vous dans la soirée aux supporters mécontents comme lui ainsi qu'aux journalistes pour une conférence de presse assez improbable devant le stade Raoul-Barrière, en extérieur. Un point presse aux allures de one man show de l'ancien international français, posté devant la statue de l'ancien pilier de l'ASBH et de l'équipe de France Armand Vaquerin, micro en main et n'hésitant pas parfois à hurler pour bien faire entendre son amertume. Car celui qui n'avait pas prévu de remettre les pieds dans le rugby ne digère pas de s'être fait couper l'herbe sous le pied par le groupement d'actionnaires locaux mené par René Bouscatel, nouveau président, dans le dossier du rachat de Béziers. Surtout que son projet à lui, conduit aux côtés d'investisseurs des Emirats, semblait avoir longtemps tenu la corde. « Je suis très en colère. On subit une injustice, une offense, nous avons été confrontés à de l'injustice, des coups bas, de la médisance, et pas seulement nous », ne décolère pas Dominici, d'autant qu'il pensait déjà tenir sa victoire. « Tout était validé. Notre projet business était prêt. Nous avions un projet pour le stade. Thierry Braillard nous a accompagné. On a signé un accord de confidentialité le 2 juin. Je suis sur ce projet depuis deux mois et demi, jour et nuit. Je voulais monter une grande équipe, avec des acteurs nationaux et internationaux. On avait envie de faire de ce club le plus grand d'Europe. »

Dominici : « Traités comme des moins que rien »



Comme pour prouver combien ses intentions étaient crédibles pour l'ASBH, l'ancien joueur du RC Toulon et du Stade Français s'est même autorisé à dévoiler la liste des recrues de luxe qu'il avait déjà visiblement convaincues de le rejoindre dans sa nouvelle aventure. « Je vais vous citer les joueurs qui auraient dû nous accompagner : Benjamin Fall, Marika Koroibete, Jordan Taufua, Santiago Medrano, Mathias Alemanno, Charly Malié, Ma'a Nonu, Semesa Rokoduguni. Je ne peux vous annoncer les joueurs que nous allions débaucher, ils étaient tous internationaux (...) Rodrigo Roncero et Juan Martin Hernandez devaient nous encadrer. Frédéric Michalak devait être notre directeur de la cellule recrutement et de la formation et Alain Elias chargé de mission auprès des présidents. »


Le quintuple champion de France également deux fois vainqueur du Tournoi des Six Nations avec les Bleus s'y voyait déjà, certes. Mais au-delà de ce souhait qu'il avait de remettre Béziers tout en haut de la carte du rugby en France, l'ancien ailier n'encaisse vraiment pas la manière dont René Bouscatel et Louis-Pierre Angelotti ont raflé ma mise à l'issue d'un ultime entretien en Mairie avec Robert Ménard. « Je veux rétablir la vérité dans cette histoire où nous avons été traités comme des moins que rien. Nous avons appris la fin des discussions par l'AFP. C'est un manque évident de respect et d'élégance. Pourtant, on n'avait rien demandé. C'est M.Ménard qui a rencontré nos amis car le club est dans une santé financière catastrophique, voire dramatique. »

Dominici : « J'irai jusqu'au bout ! »



Un dégoût qui pousse d'ailleurs celui qui était devenu consultant après la fin de sa carrière à ne pas vouloir en rester là. Le Varois, qui n'a pas hésité à remettre en cause et le président de la Ligue Paul Goze et la validité de la Direction nationale d'aide et de contrôle de gestion (« Cela n'engage que moi, précise-t-il »), se dit même prêt à aller jusqu'au bout pour obtenir gain de cause. Et pouvoir redonner ses lettres de noblesse au club onze fois champion de France.


« Je vais demander à Bernard Laporte (président de la FFR) d'accompagner Eric Freitas dans son combat. Je vais demander à la ministre des sports (Roxana Maracineanu) de regarder le projet du club. Il y a des lois à respecter (...) Je demande aux institutions de la région, M.Ménard, maire de Béziers, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, Kleber Mesquida, président du département... d'auditer la SASP Béziers. Il existe un devoir de transparence auprès de vous», annonce Dominici, bien décidé à sortir gagnant de son combat. « J'espère que l'on gagnera ensemble ». Même si cela semble perdu d'avance.

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