Paul Rouget, Media365 : publié le mardi 12 mai 2026 à 12h15
Le Vannetais Jules Le Bail (34 ans), qui a perdu la vision d'un œil, doit mettre un terme à sa carrière. Mais l'ancien Rochelais pense déjà à l'après.
« Je savais très bien que c'était la fin. » A 34 ans, Jules Le Bail est contraint de mettre à sa carrière. Le demi de mêlée de Vannes, large leader de Pro D2 et en lice pour remonter en Top 14, l'a annoncé dans un entretien au Télégramme et à Ouest-France, expliquant qu'il devait arrêter après avoir perdu la vue à un œil.
« Au mois de mars 2025, j'ai eu un problème à l'œil. En quelques jours, j'ai perdu l'acuité visuelle. Je suis passé de 10 sur 10 à 0 sur 10. J'ai été pris en charge par un ophtalmologiste, que je remercie. Et grâce à mon frère, j'ai fini à l'Hôpital Fondation Rothschild à Paris, la clinique de l'œil. J'ai pu rencontrer les grands spécialistes qui m'ont décelé un problème », raconte celui qui ne veut « pas trop s'étendre sur le sujet ».
« Il y a des choses plus graves »
Avant de revenir sur cette « petite mort » que constitue l'arrêt d'une carrière de rugbyman débutée à La Rochelle, son club formateur, avec qui il a remporté deux fois la Champions Cup lors de son deuxième passage. « Le spécialiste qui me suit ne m'a jamais autorisé à reprendre. J'espérais, j'espérais... Au début, le suivi était tous les mois. Maintenant, tous les trois mois. En janvier, il m'a dit qu'on se reverrait dans trois mois et qu'il n'était pas favorable à une reprise. Donc je savais très bien que c'était la fin. Même avant le rendez-vous de janvier... À partir du moment où il ne m'a pas autorisé à reprendre dès la prépa, je savais un peu ma destinée », avoue Le Bail.
Celui qui pourrait poursuivre sa carrière comme entraîneur au sein du club breton (« J'ai envie d'apporter et de transmettre »), une reconversion bien entamée, puisqu'il a déjà passé son diplôme d'entraîneur, reconnaît qu'« il faut être fort mentalement » pour traverser ce genre d'épreuve. « Mais il y a des choses plus graves. Moi, je vis normalement au quotidien. Je vois moins bien mais ma vie n'a pas changé. A part que j'ai dû arrêter le rugby. Mais je peux aller courir, conduire », poursuit-il.














