Afrique du Sud : Un nouveau modèle pour relancer les Springboks

Afrique du Sud : Un nouveau modèle pour relancer les Springboks©Media365

Mathieu WARNIER, publié le samedi 23 février 2019 à 12h21

Face à l'exode toujours plus important des joueurs, la Fédération Sud-Africaine de rugby a annoncé un plan pour aider financièrement les jeunes joueurs ainsi que la fin de la règle fermant la porte aux internationaux ayant porté moins de 30 fois le maillot des Springboks.

La Fédération Sud-Africaine de rugby a décidé d'agir. Face à l'échec de sa politique fermant les portes de la sélection nationale aux joueurs évoluant à l'étranger ayant moins de 30 sélections avec les Springboks, cette règle a été abolie dans le cadre d'un vaste plan visant à améliorer le développement des jeunes joueurs évoluant dans le championnat sud-africain tout en leur offrant de meilleures conditions salariales. Mais, en parallèle de cette évolution, la Fédération Sud-Africaine a pris contact avec les principaux clubs et les organisateurs des principaux championnats dans le monde pour leur indiquer leur volonté d'appliquer de manière plus rigoureuse du Règlement 9 de World Rugby, qui concerne la mise à disposition des joueurs pour les équipes nationales. « Nous avons annoncé aux clubs étrangers que nous allons mettre en application le Règlement 9 et nous allons exiger une mise à disposition des joueurs pour une durée pouvant aller jusqu'à quatorze semaines, tonne Rassie Erasmus dans des propos recueillis par Rugby Pass. Si les clubs n'apprécient pas cela, alors ils auront l'option de ne pas faire signer un joueur. »


Le rugby sud-africain se dit victime de l'économie sud-africaine

Dans un communiqué, le sélectionneur de Springboks et directeur du rugby de la Fédération Rassie Erasmus a fait le constat que le virage du professionnalisme n'a pas été pris en compte assez sérieusement par l'Afrique du Sud. « Depuis que le rugby est devenu professionnel il y a 20 ans, nous nous sommes cassé la tête sur la manière de convaincre les joueurs de rester en Afrique du Sud et le fond du problème est que le rand (monnaie de l'Afrique du Sud, ndlr) est trop faible et que l'économie du rugby en Afrique du Sud est trop petite pour pouvoir concurrencer les autres pays, assure ce dernier qui met en avant le manque de financement à destination des joueurs. Un joueur sud-africain peut gagner plus avec un contrat de deux mois au Japon qu'avec une victoire en Coupe du Monde avec les Springboks cette année. Ceci est la réalité à laquelle nous devons faire face. »


Un nouveau modèle pour la formation en Afrique du Sud

Pour contrer cela, l'Afrique du Sud veut « casser son modèle » et miser sur les jeunes pousses. « Ces dernières années, nous nous sommes concentrées sur des tentatives pour retenir un petit nombre de joueurs de haut niveau. Mais seulement un petit groupe a été concerné et beaucoup de ces joueurs ont fini par partir, se lamente Rassie Erasmus. La saison dernière, ces joueurs sous contrat n'ont été disponible que 38% du temps. Une fois que nous aurons fait notre part du travail, notre nouvelle stratégie devrait voir jusqu'à 75 joueurs dans la filière de succession des Springboks et être rétribués pour cela. Nous n'avons qu'un budget limité pour y arriver mais nous avons également beaucoup de joueurs à même de devenir des Springboks. De cette manière, nous pouvons leur transmettre le message d'une manière plus pratique. Ils seront conscients qu'ils ont un avenir avec les Springboks et qu'ils peuvent grimper dans la hiérarchie s'ils le méritent. » Un projet à long terme qui va bouleverser les relations entre joueurs sud-africains et clubs mais qui peut relancer la formation des joueurs locaux et qui pourrait être à double tranchant.

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