Champions Cup : Le président du RCT charge l'EPCR

Champions Cup : Le président du RCT charge l'EPCR©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le jeudi 12 avril 2018 à 20h01

Le président du RCT a publié via le site officiel du club une lettre où il s'en prend directement aux dirigeants de l'EPCR suite à l'affaire du SMS.

« L’affaire du SMS » ne semble pas vouloir s’arrêter. Alors que l’EPCR, instance dirigeantes des compétitions européennes de clubs de rugby, a accusé Mourad Boudjellal d’avoir envoyé un SMS insultant à un de ses membres, le président du RC Toulon a assuré n’avoir aucun lien avec ce prétendu message, suite à quoi l’EPCR a retiré de la procédure ce message apparemment frauduleux. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. A la suite de la réception d’un courrier venant tout droit de l’instance européenne, Mourad Boudjellal a répondu du tac au tac avec une missive qui a été rendu public via le site officiel du RCT.

Boudjellal : « Vos explications sont pour le moins hallucinantes »

Dans cette longue lettre, Mourad Boudjellal n’y va pas par quatre chemins et remet en cause l’intégrité même de l’EPCR et de ses dirigeants, visant nominativement le président Simon Halliday et le Directeur Général Vincent Gaillard, destinataires de la lettre. « Tout d’abord, je vous remercie d’avoir répondu à mes courriers en français. Néanmoins à la lecture de vos dernières correspondances, je me dois une nouvelle fois de constater que vos explications sont pour le moins hallucinantes et m’interpellent dorénavant sur votre intégrité ainsi que celle de l’EPCR, assure le patron du RCT. En effet, votre avocat a produit une pièce comprenant le message texte incriminé sur lequel figure mon nom, pièce qui a servi de base à ma mise en cause devant votre instance disciplinaire et ce d’autant plus que votre préposé en charge de l’instruction a indiqué l’avoir reçu autour du 22 janvier 2018 en pleine phase d’instruction. Face à ma ferme contestation et à la suite de la plainte pénale que j’ai été contraint de déposer, vous affirmez maintenant que le message texte incriminé ne vient pas de moi et vous vous en excusez, ce dont je vous remercie. »

Boudjellal : « Vous me prenez maintenant pour un imbécile »

Mais cela ne suffit pas à calmer Mourad Boudjellal puisque ce dernier, dans la suite de sa lettre, accuse l’EPCR et ses dirigeants d’avoir contrefait le SMS le mettant en cause et ajoutant être pris pour un « imbécile ». « Cependant pour diligenter des poursuites vous avez associé mon nom à un numéro quelconque afin qu’il apparaisse au-dessus dudit message texte. Votre habile stratagème consiste à préparer une défense en faisant croire que vous avez associé mon nom à un numéro de téléphone erroné. Outre que cette tardive justification ne porte pas, le problème demeure entier car il ne s’agit pas à l’évidence d’un message texte réceptionné par votre préposé mais envoyé, ajoute le patron du club varois. Dans ce cas, à suivre vos explications je devrais donc l’avoir reçu sur mon supposé portable, ce qui n’est pas le cas. A défaut et de façon plus vraisemblable il semblerait que le téléphone soit sous le contrôle de votre préposé en charge de l’instruction. Sommes-nous donc en présence d’une fausse pièce construite pour le besoin de la cause afin de sortir l’EPCR de l’embarras dans lequel elle s’est mise en tentant de me sanctionner alors même que je e suis pas soumise à sa juridiction et que mes propos ne sont que l’exercice de ma liberté d’expression ? Apres m’avoir pris pour un grossier personnage vous me prenez maintenant pour un imbécile. J’insiste sur le terme ‘grossier personnage’, car je suis persuadé que pour vous, seul quelqu’un portant un nom comme le mien peut envoyer ce genre de message texte. »

Boudjellal : « Vous êtes tenus de respecter certaines normes et réglementations »

Dans la suite de son courrier, Mourad Boudjellal n’hésite pas à demander une provision pour financer les frais d’avocat liés à la procédure en cours. « Par ailleurs, vous maintenez une procédure disciplinaire totalement abusive à mon encontre, respectant comme vous le dites les règles de l’EPCR. Je tenais à vous rappeler que l’EPCR, bien qu’ayant son siège social en Suisse, est située en Europe, rappelle le président toulonnais. A ce titre vous êtes tenus de respecter certaines normes et réglementations notamment issues de Convention Européenne des Droits de l’Homme à laquelle la Suisse est adhérente, lesquelles garantissent notamment la liberté d’expression et le droit à un procès équitable où le juge n’est pas la victime et où la communication des pièces s’effectue dans la langue du prévenu. Ces procédures abusives et accusations mensongères m’obligent depuis quelques mois à recourir à des avocats afin de veiller au respect de mes droits élémentaires. Cela entraîne des frais importants, en conséquence, je vous demande une provision de 50 000€ à valoir sur les frais déjà engagés et sur les dommages et intérêts que j’entends solliciter dans le cadre des procédures judiciaires engagées. »

Boudjellal remet en cause la neutralité des arbitres face au Munster

Dans la dernière partie de sa lettre, Mourad Boudjellal vide son sac et remet en cause la nomination de Nigel Owens pour arbitrer le quart de finale entre le Munster et le RCT. « De surcroît, la constitution de ces éléments plus que douteux voire frauduleux m’interpelle sur le choix de l’arbitre lors du match Munster/Toulon, assure le patron du club varois. Pouvez-vous m’expliquer pourquoi dans ce contexte le Rugby Club Toulonnais était le seul à ne pas bénéficier de la neutralité de l’arbitrage ? En effet M. Nigel Owens et ses assesseurs officient en Pro14 (Ligue Celte compétition auquel le Munster participe toute la saison) alors que dans tous les autres matchs aucun arbitre n’officiait dans une compétition dans lesquelles une équipe était engagée. Il y a eu de nombreux faits de match des plus troublants tels que Monsieur Joel Jutge, manager des arbitres internationaux au sein de l’EPCR, l’a constaté dans un courriel adressé à Fabien Galthié, Monsieur Joel Jutge reconnaissant lui-même des faits ‘insupportables’. Pouvez-vous m’expliquez dans quel contexte il a été décidé de ne pas appliquer le principe de neutralité au Rugby Club Toulonnais, contrairement aux trois autres quarts de finales ? La disponibilité des arbitres ne sera pas une explication puisqu’il suffisait d’inverser les matchs dont Messieurs Barnes et Owens avaient la responsabilité. N’étant pas mauvais perdant, le Rugby Club Toulonnais n’a pas porté réclamation, mais je voulais que vous sachiez que personne n’est dupe. » Un lettre qui ne devrait pas rester sans réponse de la part de l’EPCR. Rendez-vous au prochain épisode !

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