Nouvelle-Zélande : La Fédération s'excuse auprès des joueuses maories

Nouvelle-Zélande : La Fédération s'excuse auprès des joueuses maories©Panoramic, Media365

Paul Rouget, Media365 : publié le mardi 12 avril 2022 à 11h17

Après la publication d'un rapport critiquant le traitement des joueuses maories au sein des Black Ferns, la Fédération néo-zélandaise a officiellement présenté ses excuses.



Quintuples championnes du monde (1998, 2002, 2006, 2010 et 2017), les Néo-Zélandaises vont tenter de remporter un sixième sacre à domicile à l'automne prochain. Mais à un peu moins de six mois du coup d'envoi de ce Mondial, reporté d'un an en raison de la pandémie de Covid-19, les Black Ferns sont au cœur d'une énorme polémique. En cause, le traitement au sein de la sélection des joueuses maories ou des îles du Pacifique, qui représentent 75% de l'équipe. Tout est parti d'un post publié en décembre par la talonneuse Te Kura Ngata-Aerengamate, suite à la tournée européenne. Ecartée du troisième test face aux Bleues, la joueuse de 33 ans avait craqué mentalement, avant d'être laissée seule pendant plusieurs heures dans une chambre d'hôtel.

Sélectionnée "que pour jouer de la guitare"

Victime d'une "dépression nerveuse", elle avait souffert de commentaires désobligeants de son sélectionneur, Glenn Moore. Ce dernier lui aurait dit qu'elle "ne méritait pas sa sélection" et qu'elle n'était sélectionnée "que pour jouer de la guitare." Un rapport critiquant l'encadrement de la sélection féminine a ensuite été publié, et la Fédération néo-zélandaise a fait amende honorable lundi. "Ce rapport souligne que nous n'avons pas tout fait correctement et nous nous excusons pour ne pas avoir fourni tous les outils pour la réussite de nos équipes", a déclaré Mark Robinson, directeur général de la Fédération. Dans ce rapport, on apprend également que ces critiques de Te Kura Ngata-Aerengamate sont partagées par de nombreuses joueuses d'origine maorie ou des îles du Pacifique, qui n'en ont pas parlé de peur de ne plus être sélectionnées. Patronne de la WIRA (Women in Rugby Aotearoa, qui signifie Nouvelle-Zélande en maori), Traci Houpapa a estimé que ce phénomène n'était pas nouveau, et que d'autres joueuses en ont souffert durant les dernières décennies.

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