Paul Rouget, Media365 : publié le lundi 06 juillet 2026 à 10h30
Amputé de la jambe droite après une rechute de son cancer au genou, Matthieu Lartot, spécialiste rugby de France Télévisions, se raconte dans un documentaire.
« L'épée de Damoclès reste au-dessus de ma tête. Mais pour l'instant, ça va. » Matthieu Lartot se livre. Dans le documentaire « Ce qui nous tient debout », diffusé sur France Télévisions, le journaliste sportif raconte son histoire personnelle « avec une grande sincérité, pour briser le tabou du cancer dans notre société ».
Le spécialiste rugby du service public revient d'abord sur ce diagnostic d'une tumeur au genou, en 1997, quand il avait 17 ans. Il doit alors se faire retirer une partie de l'articulation afin de poser une prothèse. Fini le rugby donc, pour celui qui pratique depuis son enfance dans les Yvelines : « Devant moi, c'était le vide. »
« Un cancer quatre fois plus gros que le premier »
Devenu journaliste, il réalise son rêve en intégrant la rédaction de Stade 2, alors qu'il a à peine 20 ans. « Six mois plus tôt, j'étais encore alité. Ce métier, ce fut une renaissance : j'avais enfin accès au monde que j'aimais, à ceux et celles qui me faisaient rêver », conte-t-il encore.
Mais 26 ans plus tard, il subit une rechute, en avril 2023. Et l'amputation est inévitable. « C'est un cancer quatre fois plus gros que le premier. Grade 3, le dernier grade avant d'être inéluctable. Pour survivre, il fallait amputer. Là, je me suis dit : 'On est reparti dans le tunnel.' J'étais vulnérable. J'ai pensé à la mort », avoue-t-il.
Une terrible nouvelle qu'il ne peut annoncer à ses enfants : « Ce jour-là, mon épouse Magalie leur a parlé parce que moi, je n'avais pas les mots. » Il se lance alors dans une course contre la montre, pour pouvoir commenter le match d'ouverture de la Coupe du monde 2023 entre le XV de France et les All Blacks, le 8 septembre 2023 à Saint-Denis.
« L'impression d'être Mick Jagger »
Avec le soutien du public, mais aussi du monde du rugby, à commencer par celui de Fabien Galthié. « J'ai été submergé d'amour. Ça m'a donné une énergie folle, avoue Lartot, qui réussira son pari, et sera bien au Stade France. Ce soir-là, j'étais accompagné de mon père et j'ai mis une heure à rejoindre ma place en tribunes. Les gens me prenaient dans les bras, me touchaient, me parlaient. J'avais l'impression d'être Mick Jagger. » Et il avoue aujourd'hui avoir vécu cette amputation « comme une libération ».












