Voile - Tanguy Caradec : « Mon père était une star de la voile »

Voile - Tanguy Caradec : « Mon père était une star de la voile » ©photo archive famille, Media365
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Aurélien Canot, Media365, publié le mardi 12 août 2025 à 11h42

Quarante ans après la tragique disparition de son père Loïc sur la Route du Rhum 1986, Tanguy Caradec s'alignera lui aussi lors de la prochaine édition au départ de la mythique transatlantique en solitaire entre Saint-Malo et Ponte-à-Pitre. Le jeune entrepreneur baigné dans la voile depuis sa plus tendre enfance nous explique qui était son père, à qui il rêvait depuis longtemps de pouvoir rendre le plus bel hommage qui soit.

Tanguy Caradec, que représentait votre père Loïc à vos yeux ?
C'était un peu un héros pour nous, dans la famille, et pour pas mal de gens. Il avait gagné beaucoup de courses, il avait signé le record de la traversée de l'Atlantique, il avait construit le plus grand catamaran qui ait jamais été construit. Parce qu'il était navigateur, mais il était ingénieur surtout. J'ai toujours eu une image très positive de mon père. Et on ne m'en a toujours parlé que positivement. Même aujourd'hui, ça semble être assez sincère de la part de tout le monde.

Aux yeux des observateurs, votre père était surtout un marin hors-pair...
Oui, à l'époque, c'était ce qu'on pourrait appeler une star de la voile. Quand il a disparu, ça a fait la une de tous les journaux, la couverture des magazines... Aux 20 heures, on en a parlé. Après, la Route du Rhum représentait davantage qu'une aventure humaine à l'époque. Bien sûr, c'était de la compétition, mais c'était plus une aventure que de la compétition, comme aujourd'hui. Il y avait un beaucoup plus grand respect vis à vis des marins, qui étaient d'ailleurs beaucoup plus médiatisés.

"Mon père était parti pour gagner"

Dans quelles conditions était-il disparu ?
Il avait chaviré en pleine mer. Ce n'est pas une histoire de manœuvre, c'est une histoire de conditions. Cela s'était passé dans la tempête, dans le golfe de Gascogne. D'ailleurs, son dernier message radio, c'était : "On s'amuse, on s'amuse." Mais je pense qu'il serrait bien les fesses. Il devait y avoir 40 nœuds ou 45 nœuds, peut-être même 50. Ce ne sont quand même pas des conditions géniales. En plus, lui, il était tout petit, tout frêle. Et à l'époque, il faut savoir qu'il n'y avait pas les gréements textiles, tout ça. Tous les bouts, c'était de la gaine et à l'intérieur, c'étaient des câbles. Donc, tout était lourd. Et donc, le bateau s'est retourné. Mais on ne connaît évidemment pas les circonstances.

Selon vous, que s'est-il passé ?
Il est peut-être tombé à l'eau et après, le bateau s'est retourné. Ou alors, il s'est retourné. En tout cas, ce qu'on se dit le plus : qu'il serait tombé à l'eau. Après, ce ne sont que des hypothèses, car on n'a évidemment rien. Sur ces bateaux-là, il n'y a pas de filière. Tu as des trampolines, comme on les appelle, entre les coques. Mais tu prends une vague là-dedans, tu te fais complètement envoyer bouler. Les mecs, à l'époque, s'accrochaient sur le bateau. Ils ne faisaient pas vraiment gaffe, comme c'est le cas aujourd'hui. La théorie la plus probable, ce serait qu'il soit passé par-dessus bord et qu'il ait vu son bateau filer et que le bateau se soit retourné plus tard.

D'un point de vue sportif, la Route du Rhum de votre père se passait idéalement jusqu'au drame...
Oui, il était premier. Il était en tête de la flotte. Il était parti pour pour la gagner. Il avait un des meilleurs bateaux et c'était un des meilleurs marins. L'idée, c'était de la gagner, la Route du Rhum.

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