Aurélien Canot, Media365, publié le jeudi 30 octobre 2025 à 23h34
Présent en début de semaine à Aubervilliers puis Melun dans le cadre du programme Nageur et Citoyen, créé en 2019 par l"ancienne finaliste olympique Sophie Kamoun parrainé par la Caisse d'Epargne Île-de-France et qui a pour but de favoriser l'apprentissage de la natation, Maxime Grousset (26 ans), désormais triple champion du monde, est revenu sur son carton plein des championnats de France en petit bassin ainsi que son nouveau statut qui en fait la grande star auprès de Léon Marchand. Le Néo-Calédonien, toujours aussi perfectionniste, nous parle également de ses ambitions et du nouveau fonctionnement pour lequel il a opté après les JO et dont il se réjouit au plus haut point.
Maxime Grousset, lundi et mardi, à Aubervilliers puis à Melun, vous vous êtes une nouvelle fois prêté au programme Nageur et Citoyen, créé en 2019 par l'ancienne finaliste olympique Sophie Kamoun et parrainé par la Caisse d'Epargne Ile-de-France, destiné à faire face aux inégalités d'accès à la pratique de la natation et aux conséquences dramatiques de la noyade. En quoi ce programme vous tient-il tant à cœur ?
En fait, ce qui me tient à cœur c'est de voir que les enfants sont contents de venir à la piscine. Pour moi, c'est hyper important de participer à ce programme parce que les enfants ont besoin d'apprendre à nager et n'ont souvent pas l'occasion de le faire. Ce programme permet aux parents et aux enfants de se dire : "on va à la piscine avec des champions pour notre première séance". Et derrière, la mairie et la piscine s'engagent à continuer les séances jusqu'à ce que les enfants sachent nager.
Quelles sont les difficultés que vous retrouvez la majeure partie du temps chez les enfants ?
On voit tous types de comportements. Il y a ceux qui ont peur de sauter à l'eau ou se mettre à l'eau tout simplement. Il y en a qui n'arrivent pas du tout à se mouvoir dans l'eau et vont dans tous les sens au lieu de se laisser porter. Parce qu'on peut se laisser porter par l'eau, on flotte assez bien même. Et puis il y a ceux qui sont vraiment à l'aise et qu'il faut freiner parce qu'ils ne savent pas nager mais ont très envie de sauter à l'eau et faire n'importe quoi !
Avez-vous l'impression de jouir d'un nouveau statut depuis les derniers Mondiaux ?
Oui, je pense que je bénéficie d'un nouveau statut, surtout avec les titres consécutifs sur les derniers championnats. En étant champion du monde une fois, les gens se sont dit « Ouais, on a un bon nageur ». Le refaire et faire double champion du monde sur la compétition suivante, on change d'envergure. J'ai aussi l'impression que la natation est davantage regardée depuis les Jeux, que notre sport intéresse plus le public.
Ils savent également qu'il n'y a pas que Léon Marchand en France lorsque l'on parle de natation ?
Oui, j'espère ! Il n'y a pas que lui, c'est clair (rires).
Grousset : "Les championnats d'Europe ? Ca va être intense et difficile. J'ai hâte..."
Avec cinq titres lors de ces championnats de France qui marquaient votre rentrée, vous ne pouviez pas espérer mieux...
Oui, c'était difficile d'espérer mieux. J'ai failli faire le 200 crawl, donc j'aurais peut-être pu faire six titres. Mais bon, Romain Fuchs, qui a fait champion de France sur le 200 crawl, était très en forme, donc il aurait fallu que je sois à mon tout meilleur niveau. J'ai effectivement obtenu cinq titres de champion de France, même si ce n'est pas ça que je venais chercher.
Qu'étiez-vous venu chercher ?
J'y suis allé dans l'optique de répéter des courses et de m'approcher de mes meilleurs temps, et c'est surtout de que je suis satisfait. Je suis content d'avoir fait mon meilleur temps sur 100m 4 nages et d'avoir battu le record de France sur 50m papillon. Ça donne beaucoup de confiance pour les championnats d'Europe qui vont arriver début décembre.
Que viserez-vous lors des championnats d'Europe ?
Mon but, c'est de faire des médailles, avant les records. Mais j'avoue que j'aimerais bien faire les deux. Ce sont un peu les ambitions qui traversent l'esprit quand on a déjà fait champion d'Europe et champion du monde. Se dire : « est-ce qu'on ne pourrait pas faire tomber des records ? ».
Peut-on envisager une nouvelle razzia de votre part ?
Je ne sais pas parce qu'il y a plusieurs nageurs qui sont très forts. Il y a Noè Ponti, qui a le record du monde sur 50m papillon. Ça va être lui mon principal adversaire sur le papillon, j'en suis persuadé. Il y a aussi Popovici en nage libre. Il est peut-être un peu moins à l'aise sur le petit bassin, même s'il a déjà prouvé qu'il a progressé lui aussi sur les parties non nagées. Il n'y a rien qui est gagné, même pour les médailles. Ça va être intense et difficile, et j'ai hâte.
Que retenez-vous des derniers Mondiaux ? Que vous êtes un peu devenu le roi de la touche ?
Sur le 50 papillon, je me vois derrière toute la course et je sens que je le rattrape. J'y crois jusqu'au bout. Je me lance sur le dernier coup de bras. Je me dis que je vais glisser, tant pis. Mais j'ai de la vitesse et je touche devant lui. C'était une course de fou. Je ne pensais pas gagner à ce moment-là mais j'y ai cru jusqu'au bout. Et là, quand j'ai vu que j'avais gagné, j'étais tellement heureux.
Ces Mondiaux constituaient-ils avant tout pour vous un moyen de vous rassurer après la déception des JO de Paris sur le plan individuel ?
En fait, je l'ai abordé différemment toute l'année. C'était de prendre du plaisir sur tout : sur mes entraînements, sur les à-côtés. Surtout vivre les choses pleinement, en conscience et se dire que je ne le fais pas pour rien. Pendant l'année olympique, j'ai été un peu trop strict. J'étais un petit peu trop dur avec moi-même. Toute l'année avant les JO, Michel (Chrétien, son entraîneur) m'a répété : " Tu n'es pas content alors que tu fais de bonnes choses." Cette année, j'ai profité des moments et j'ai kiffé l'instant présent
Depuis ces Jeux, vous avez entrepris des changements tout sauf anodins. Vous avez encore eu la confirmation lors des championnats de France que vous avez eu raison d'opérer toutes ces modifications...
Oui, c'est ça. J'ai changé de préparateur physique, fait plus de yoga, modifié un peu les horaires d'entraînement avec Michel et enlevé un entraînement. Ça passe aussi par s'épanouir davantage à l'extérieur et savoir s'aérer l'esprit. Améliorer aussi la communication pour rendre les choses plus sereines. Je viens aussi en vélo à l'entraînement, c'est un détail mais ça me fait travailler les jambes et la récupération. Tout ca fait qu'on se sent plus dans notre projet.
Votre rêve est-il toujours d'être un jour champion olympique ?
Oui, exactement, je peux le répéter.
















