Jeux paralympiques - Hernandez : "On ne voulait pas de moi. On m'en veut"

Jeux paralympiques - Hernandez : "On ne voulait pas de moi. On m'en veut"©Panoramic, Media365

Thomas Siniecki, Media365 : publié le lundi 07 mars 2022 à 17h11

Son seul tort serait de disposer de l'entièreté de son corps... Cécile Hernandez, championne paralympique de snowboardcross, a livré un témoignage aussi cru que poignant, et surtout particulièrement émouvant, afin de rappeler sa réalité d'athlète.

Cécile Hernandez a réalisé son rêve à 47 ans : elle est devenue championne paralympique à Pékin en snowboardcross, quatre ans après avoir conquis une médaille d'argent (sur le banked slalom) et une autre en bronze à Pyeongchang, et huit ans après une première médaille d'argent. Et pourtant, que le chemin a été difficile... "C'était déjà si compliqué d'arriver, rappelle-t-elle, encore en larmes, sur France 3. On ne voulait pas forcément de moi, je sais qu'il y a des règles et que ma catégorie a été supprimée... J'ai demandé à aller courir contre des filles au handicap moins important, ce qui normalement ne pose pas de problèmes dans les valeurs du sport. Mais quand on a vu que je pouvais aussi les battre, on n'a plus voulu de moi. Je ne réalise pas."

"Handicapée de la racine de mes cheveux jusqu'à la pointe de mes orteils"

Devenue écrivaine puis journaliste après sa sclérose en plaques foudroyante, en 2002, l'athlète catalane (native de Perpignan, elle est basée dans la station des Angles près de Font-Romeu) vit forcément une incroyable décharge d'émotion : "Les nerfs lâchent, avec toutes les tensions. Je n'ai pas beaucoup dormi, j'étais vraiment stressée. On ne sait jamais ce qu'il peut arriver. Dans la porte de départ, avant mon dernier entraînement officiel, je vois un Chinois qui dit au directeur de course qu'ils ne voulaient pas que je sois là..."


La suite de ses Jeux, sur le banked slalom, reste même compromise : "On attend encore une lettre de la justice. On m'en veut. Parce qu'on a un corps entier, ça devient un handicap invisible. On pense que je n'ai pas de raison d'être là alors que je suis handicapée de la racine de mes cheveux jusqu'à la pointe de mes orteils. A aucun moment ce handicap n'est compensé." C'est aussi ça, le revers de la médaille des Jeux paralympiques, avec sa recherche exacerbée de performance quoi qu'il en coûte.

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