Aurélien Canot, Media365, publié le vendredi 13 février 2026 à 15h36
Privé de la médaille de bronze pour deux petits dixièmes seulement, vendredi sur le sprint de ces Jeux d'hiver de Crans-Montana, Emilien Jacquelin avait beaucoup de mal à avaler la pilule après cette quatrième place. L'Isérois, grand malheureux du jour, avait toutefois déjà la tête à la poursuite de dimanche, avec l'espoir qu'elle lui porte chance cette fois.
Le vendredi 13 n'a pas porté chance à Emilien Jacquelin (30 ans), ce vendredi à Antholz lors du sprint de ces Jeux d'hiver de Crans-Montana. A l'instar de son coéquipier Quentin Fillon-Maillet, médaillé d'or du jour, l'Isérois a tout bien fait, autant sur le pas de tir que sur les skis. Le "Lucky Luke" de l'équipe de France a d'ailleurs encore dégainé à une vitesse folle carabine en main. A l'arrivée, le grand perdant du jour, c'est pourtant lui. La faute à un dernier tour un peu moins supersonique qui a permis au Norvégien Sturla Laegreid de lui arracher la médaille de bronze pour... deux dixièmes. Un scénario cauchemardesque pour le double médaillé d'argent des JO de Pékin, forcément très déçu après l'arrivée, au micro de France Télévisions.
"0.2, bien sûr que c'est frustrant, ça peut être un peu partout que l'on perd ce temps-là", a avoué sur France Télévision un Jacquelin qui semblait toutefois avoir déjà la réponse à ses interrogations. "Là, où je perds ces deux dixièmes, et même les trois secondes sur Vetle, c'est sur du relâchement dans ce dernier kilomètre, où je n'ai plus beaucoup d'énergie. Je fermais les yeux tellement j'étais cuit. Et des fois, juste de poser un peu plus son ski, de le faire glisser - c'est aussi le conseil pour tout débutant (rires) - ça vous sauve et ça vous permet de ne pas perdre une médaille olympique pour deux dixièmes. En espérant qu'on sourira de ça dimanche".
Jacquelin : "Comptez sur moi pour faire le show dimanche"
En compétiteur qu'il est, le biathlète français qui dispute ces Jeux avec l'une des boucles d'oreilles de Marco Pantani en hommage au "Pirate", son idole, avait déjà la tête, en effet, à la poursuite de dimanche, programmée au lendemain de l'anniversaire de la mort du légendaire grimpeur italien. "C'est une date spéciale, les 22 ans de la mort de Marco Pantani, ce n'est pas forcément la Saint-Valentin pour moi. C'est un week-end spécial. Comptez sur moi pour faire le show dimanche. Médaille ou pas médaille, je serai là pour mettre le feu sur la piste (...) La seule chose sur laquelle je peux me tourner maintenant, c'est de réitérer la même chose sur la poursuite, avec encore plus de hargne, comme j'aime le faire".
Déçu de ne pas être parvenu à grimper sur le podium le jour de l'anniversaire de son frère - "J'avais à cœur de juste faire ce qu'il connaît de moi, ce qu'il voit souvent à l'entraînement et ce que je suis capable de faire" - Jacquelin fera en sorte de passer le plus vite possible à autre chose. Avec beaucoup d'amertume mais sans regret. "D'un côté, c'est une course quasi parfaite, j'ai énormément engagé sur les skis, je le paye à la fin. C'est presque normal. L'inverse aurait été monstrueux. Et au tir, j'ai simplement été moi-même de nouveau, j'ai envie de dire. Je suis très content d'avoir pu faire cette course-là aujourd'hui (...) Parfois, sur une course comme l'individuel, je me bride tout seul. De ce côté-là, je n'ai aucun regret."









