Clément Pédron, Media365 : publié le samedi 13 juin 2026 à 15h56
Il y a quelques jours, la Fédération Française de biathlon a annoncé que Justine Braisaz-Bouchet allait se préparer en marge du groupe France pour la prochaine saison de Coupe du monde. Pour L'Équipe, la native d'Albertville a fait le bilan de la saison passée et s'est projetée sur la Coupe du monde à venir.
Sa prise de parole était évidemment très attendue surtout après l'annonce de sa mise en retrait du groupe France pour la préparation de la nouvelle saison de Coupe du monde. Présente dans la capitale pour honorer des rendez-vous avec ses sponsors, Justine Braisaz-Bouchet a pris le temps de se poser quelques minutes pour évoquer son actualité au quotidien L'Équipe. Évidemment, il a notamment été question de ce communiqué publié par la FFS il y a quelques jours.
En préambule de l'entretien, elle a reconnu que son choix de composer avec son propre staff et celui de l'équipe de France n'était pas le plus pertinent. « Quand tu acceptes ta sélection en équipe de France, tu rentres à 100 % dans le cadre. [...] Si on a un projet individuel, on en parle, mais à partir du moment où vous acceptez votre sélection, vous y allez à 100 %. Ces dernières années, j'avais un fonctionnement à la maison et un fonctionnement en stage. C'est comme si je voulais le beurre, l'argent du beurre et la crémière. [...] Mais au printemps, à Oslo, on a fait le bilan et on était d'accord que mon fonctionnement n'allait pas. [...] Il a trouvé ses limites. »
Pas de relation avec Simon
La Française, qui a gagné une seule course la saison passée (individuel de Nove Mesto), a tenté pendant un moment de conjuguer les deux entraînements, au sein et à l'extérieur du domicile. « L'année dernière, j'ai essayé de faire en sorte qu'il y ait une passerelle entre le coaching à la maison et le coaching fédé sur le tir, ce n'était pas le cas avant. Mais le tir ne fonctionne plus. Ça me prend beaucoup trop d'énergie. Ma méthode et ma démarche sont trop brouillonnes et ça fait des années. Je ne peux pas espérer évoluer et atteindre mes objectifs si je ne fonctionne pas différemment. [...] Il y avait un double discours, même si j'essayais de faire en sorte qu'il y ait des échanges. J'étais le cul entre deux chaises en permanence. Je n'ai jamais eu le sentiment d'être complètement intégrée à un groupe parce que j'avais un fonctionnement à double visage. [...] Et si tu rajoutes par-dessus ça une équipe qui dysfonctionne, c'était trop. »
Justine Braisaz-Bouchet s'apprête à lancer cette grande aventure en solitaire avec donc les frais liés à sa préparation à sa charge. La Française a aussi reconnu qu'elle avait éprouvé des difficultés à se retrouver l'hiver dernier. « Je me suis retrouvée à la fin de l'hiver sans repère, sans énergie, sans avoir réussi les objectifs que je m'étais fixés, estime la biathlète. J'ai passé 15 jours chez moi entre le 1er juillet et le 25 mars. Cela a été une catastrophe. Je n'y arrivais plus. Au mois de mars je ne trouvais plus les solutions, j'avais le moral dans les chaussettes. Ç'a été extrêmement dur. Ce que j'ai produit cet hiver, c'est ce que j'ai construit aussi sur la préparation. Je ne peux pas dire que la préparation en tir a été de très haut niveau. » De son propre aveu, celle qui n'a « aucun lien » avec Julia Simon, a parlé de « manque d'énergie » et de « sentiment de sollicitude immense » dans son projet sportif. Et des Jeux Olympiques de Milan-Cortina (aucune médaille, 27ème place comme meilleur résultat) ratés. « Je me suis donc retrouvée aux Jeux, fatiguée, en colère, sous pression aussi avec l'aspect extra-sportif et, au final, cela a été déception sur déception. [...] J'avais l'impression d'être juste témoin, spectatrice d'une déchéance sportive. Je me suis vraiment sentie seule. »













