Mathieu Warnier, Media365 : publié le mercredi 20 mai 2026 à 15h25
Racontant le chemin semé d'embuches qui l'a menée au titre de championne olympique remporté à Paris, Manon Apithy évoque également son approche des prochains Jeux d'été organisés à Los Angeles.
Manon Apithy avait besoin de se confier. Le 29 juillet 2024, dans un Grand Palais plein comme un œuf, la sabreuse tricolore est allée chercher le titre de championne olympique aux dépens de sa compatriote Sara Balzer. Un événement marquant sur lequel elle est revenue dans le cadre d'un livre baptisé « L'Or de la vie » avec un élément qui revient comme un fil rouge. « Je crois que la souffrance est nécessaire et qu'il faut en passer par là pour savoir où on veut aller et comment on veut y aller », a-t-elle confié lors d'un entretien accordé au quotidien Le Parisien.
A ses yeux, « on ignore jusqu'où on est prêt à aller pour obtenir quelque chose », si la souffrance n'est pas au rendez-vous. Toutefois, les trois ans qui ont séparé le bronze de Tokyo et l'or de Paris n'ont pas été un long fleuve tranquille avec une envie d'aller à l'entraînement qui avait disparue. « A un moment, je sentais que mon corps ne voulait pas y aller, mais ma tête ne comprenait pas, a expliqué Manon Apithy. Je me sentais malheureuse, car même si j'en avais marre, cet aspect ne fait pas partie de moi. »
M.Apithy : « Ma blessure à l'épaule m'a un peu sauvée »
Un mal-être qu'autant son mari Boladé Apithy que son entraîneur Christian Bauer avaient bien senti, ouvrant la porte à des consultations avec des spécialistes. « Je n'étais juste pas alignée avec moi-même parce que j'étais déjà très fatiguée des années qui avaient précédé les Jeux de Rio et de Tokyo, a-t-elle expliqué. Je n'avais pas fait de pause. Ça ne m'amusait plus. » Manon Apithy explique alors que le tournant est intervenu en mai 2022 quand, à l'occasion de la manche de Coupe du Monde disputée à Hammamet, une blessure l'a contrainte à faire une pause.
« Ma blessure à l'épaule m'a un peu sauvée », explique-t-elle lors de cet entretien. Sauf qu'une certaine fébrilité est apparue à l'approche des Jeux de Paris, à l'occasion des championnats d'Europe. « Je sentais un truc qui n'allait pas », assure la sabreuse tricolore au sujet de cet épisode. Remobilisée par son mari avec des mots « très durs à entendre », elle a repris le dessus pour aller chercher la gloire olympique. Interrogée sur ce que cette finale a changé chez elle, Manon Apithy admet qu'à l'issue de l'assaut remporté face à Sara Balzer, « il n'y a plus de concurrence ».
M.Apithy prête à partager son vécu
« C'est un moment de flottement entre deux athlètes qui se respectent beaucoup, ajoute-t-elle. On sait que chacune a énormément travaillé. » Ne cachant pas que cette défaite « a été difficile pour elle », la native de Rillieux-la-Pape ne s'est « pas amusée à venir devant elle avec (sa) médaille ». Revenant sur le thème de la souffrance, la championne olympique en titre assure être « prête à (se) faire mal » pour atteindre ses objectifs que sont un titre mondial et, surtout, la défense de son titre olympique à Los Angeles en 2028 alors qu'elle revient après une pause maternité. « Je veux encore me faire mal, mais dans l'amusement, tempère-t-elle. Je refuse que mes journées soient identiques. »
Ce qui passe par la pratique d'autres disciplines comme le karaté ou des échanges avec d'autres sportives de haut niveau à l'image de Clarisse Agbegnenou. Un rendez-vous en Californie que la sabreuse se voit potentiellement aborder dans le rôle de porte-drapeau de la délégation tricolore, qui « bien sûr » peut l'intéresser au-delà de la simple représentation. « Je suis championne olympique, et devenir mère m'a fait apprendre plein de choses sur moi, a-t-elle conclu. Comme le fait d'écrire ce livre. J'ai envie de partager ce que j'ai appris. » Manon Apithy se veut conquérante, ses adversaires sont prévenues.














