Thomas Siniecki, Media365 : publié le jeudi 16 juillet 2026 à 22h55
Les prochains championnats d'Europe d'athlétisme (à Birmingham) ne seront pas ceux des voyeurs sur leurs canapés.
Dans moins d'un mois, sur la semaine du lundi 10 au dimanche 16 août, les championnats d'Europe mettront en application des recommandations sur les images télévisuelles des athlètes féminines, issues d'un guide (publié le mois dernier) auquel la sauteuse en longueur serbe Ivana Spanovic a notamment contribué. Et c'est directement l'Union européenne de radio-télévision (UER) qui en est à l'origine et non l'athlétisme européen, ce qui devrait donc s'appliquer à l'ensemble des sports par la suite. Le directeur sport de l'UER, Glen Killane, y reconnaît "l'urgence de renforcer les normes de diffusion afin de garantir une couverture qui respecte et reflète systématiquement le talent, la force et le dévouement des sportives".
Exarchos : "Dans certains sports, les femmes sont toujours filmées d'une manière stéréotypée et sexiste"
C'est fini, ou alors réduit au strict minimum et surtout nécessaire, pour les plans du dessus et du dessous, ainsi que pour les gros plans sur les diverses parties sensibles. Et particulièrement pour les ralentis, "c'est crucial de revoir avant diffusion pour s'assurer de l'absence d'images compromettantes". En attendant de s'attaquer au problème des tenues, ça peut déjà constituer une avancée importante. Ivana Spanovic compte également sur les commentateurs, "qui jouent un rôle crucial en enrichissant les retransmissions, en mettant en lumière les performances des athlètes, en renforçant les liens avec le public et en éduquant et motivant la prochaine génération".
Paris 2024 avait lancé le mouvement, en quelque sorte, grâce au chef diffuseur Yannis Exarchos qui avait demandé à ce que tous les athlètes soient filmés à l'identique : "Car malheureusement, dans certains sports, les femmes sont toujours filmées d'une manière que l'on peut qualifier de stéréotypée et sexiste, ne serait-ce que dans les différences de cadrage entre athlètes masculins et féminins." La perchiste britannique Holly Bradshaw demande à se concentrer sur les aspects techniques "qui constituent 90 % du saut, plutôt que sur le simple franchissement de la barre et l'atterrissage" : "Ainsi nous fournissons non seulement des informations plus précieuses, mais nous éliminons aussi naturellement les angles de caméra potentiellement compromettants."














