Mathieu Warnier, Media365 : publié le vendredi 01 août 2025 à 16h15
Il y a maintenant un an, Paris a vibré avec les performances des stars françaises et internationales à l'occasion des Jeux d'été organisés dans la capitale. Retour sur leur parcours sur les douze derniers mois.
C'est une parenthèse qui a été enchantée. L'été dernier, pour la première fois en 100 ans, Paris a accueilli les Jeux d'été avant d'ouvrir ses portes de manière inédite au handisport. Un an après, alors que la capitale a célébré cet anniversaire en grande pompe sur la Seine, beaucoup de choses ont changé pour les stars de ces Jeux d'été à nul autre pareil. S'il y en a un qui a déchaîné les passions, c'est bien Léon Marchand. Quadruple médaillé d'or, le Toulousain a fait le choix de se mettre en retrait, ayant admis avoir « pris la tempête » en raison d'une popularité atteignant des sommets. Après un stage en Australie et une préparation aux Etats-Unis, il a retrouvé les bassins lors des Mondiaux de Singapour avec le record du monde du 200m quatre nages. Avec l'équipe de France de rugby à 7, Antoine Dupont avait lancé la quinzaine en beauté. Une année qui a vu le demi de mêlée toulousain connaître bien des émotions avec un début de Tournoi des 6 Nations florissant avec le XV de France avant de se blesser sérieusement au genou droit. Ce qui va l'écarter des terrains pendant encore quelques mois. Les frères Félix et Alexis Lebrun, médaillés en tennis de table, ont été une des coqueluches du public. Après les Jeux, ils ont remporté le double des WTT Finals à Fukuoka. Quelques semaines auparavant, Félix Lebrun s'était imposé à Montpellier. Si le début d'année 2025 a été compliqué, le titre remporté à Tunis a remis le cadet de la fratrie sur les rails avant une médaille de bronze en double avec son frère lors des Mondiaux de Doha, confirmée par une finale lors du Grand Smash de Las Vegas. Pour Pauline Ferrand-Prévot, le titre olympique en VTT a été synonyme d'un changement de vie avec un retour au cyclisme sur route.
Beaugrand sur sa lancée, Riner à l'arrêt
Et il ne lui a pas fallu attendre longtemps pour briller avec une victoire lors de Paris-Roubaix Femmes avant de s'attaquer au grand objectif que représente le Tour de France Femmes, elle qui vise une victoire d'ici trois ans. Aurélie Aubert a également vu sa vie changer après les Jeux d'été, qui l'ont vu remporter l'or en boccia. Alors qu'elle est parvenue à décrocher un sponsor de premier plan, la Normande a confirmé ce titre paralympique avec celui de championne d'Europe remporté en juillet dernier à Zagreb. Le seul triplé réalisé à Paris était bleu-blanc-rouge avec Joris Daudet, Sylvain André et Romain Mahieu en BMX Racing. Un trio qui cherchera à reproduire une telle performance lors des Mondiaux de Copenhague alors qu'un autre triplé a marqué les récents championnats d'Europe de la discipline avec Mathis Ragot Richard sacré devant Arthur Pilard et Sylvain André. Après ses sacres en individuel puis par équipes, Teddy Riner a guidé le PSG Judo vers un titre en Ligue des champions avant de se faire opérer du coude droit en janvier dernier. Insuffisamment remis, il a dû renoncer aux Mondiaux de Budapest en juin dernier mais garde les yeux rivés sur Los Angeles en 2028. Révélé aux yeux du grand public au Grand Palais Ephémère, Joan-Benjamin Gaba s'est affirmé en devenant champion du monde des -73kg en juin dernier. Médaillée d'or en triathlon, Cassandre Beaugrand n'avait pas perdu l'appétit. Elle y a ajouté un titre de championne du monde en octobre dernier. Après un hiver durant lequel elle a battu le record de France du 5km sur route avant une victoire en indoor de Liévin, la Tricolore s'est fait peur lors de sa reprise avec une chute à Yokohama avant de remettre tout dans l'ordre, s'imposant nettement à Alghero.
Duplantis insatiable, Alfred veut confirmer
Après son deuxième titre paralympique, Alexis Hanquiquant n'était pas plus rassasié. Dans les mois qui ont suivi, le Normand a dominé les championnats d'Europe puis les championnats du monde de paratriathlon dans sa catégorie PTS4, renforçant son statut d'épouvantail de la discipline. Frédéric Villeroux, quant à lui, a mis en lumière le cécifoot au pied de la Tour Eiffel avec les Bleus sacrés champions paralympiques mais aussi gagné en popularité. Toujours fidèle à son club de l'Unadev Bordeaux, il est allé chercher un nouveau doublé Coupe-championnat, le deuxième consécutif. Pour Charles Noakes, le titre paralympique en badminton n'a pas été un coup d'épée dans l'eau. En effet, il a remporté en juillet dernier le British & Irish International, un des tournois les plus réputés organisés à Cardiff. Un seul athlète est parvenu à faire taire puis exulter le Stade de France. Sacré champion olympique avec une barre à 6,25m, Armand Duplantis ne s'est pas arrêté en si bon chemin. Il a battu son propre record du monde à trois reprises, le poussant à 6,28m le 15 juin dernier devant son public de Stockholm et se présentera en immense favori pour les Mondiaux de Tokyo. Simone Biles a su faire oublier l'échec de Tokyo avec trois titres à Paris. Mais, alors que la suite de sa carrière est à conjuguer au conditionnel, la gymnaste américaine a récemment confier douter de sa capacité à faire les sacrifices nécessaires pour être à nouveau performante devant son public, à Los Angeles en 2028. Le Stade de France avait également vu briller Julien Alfred, qui a mis Sainte-Lucie sur la carte avec l'or sur 100m et l'argent sur 200m. Ses performances récentes ont confirmé que ce n'était pas un feu de paille avec la neuvième meilleure performance de tous les temps sur 200m lors du meeting de Londres en juillet dernier. De bon augure en vue du rendez-vous au Japon. Premier athlète sacré champion olympique pour la cinquième fois consécutive, en lutte gréco-romaine dans la catégorie des -120kg, Mijain Lopez n'avait pas fait mystère de ses intentions à l'issue de sa finale.
Scheffler intraitable, Djokovic en quête de gloire
Laissant ses chaussures sur l'aire de combat, celui qui a participé à l'extinction de la flamme olympique a annoncé la fin de sa carrière. Scottie Scheffler, pour sa part, ne s'est pas arrêté à la médaille d'or remportée en golf. En effet, le numéro un mondial est devenu un ogre qui a remporté cette année le PGA Championship puis son tout premier British Open avec une marge nette sur la concurrence. Ce qui a renforcé son statut de référence sur le circuit nord-américain. Vainqueur de Carlos Alcaraz en finale sur le Court Philippe-Chatrier, Novak Djokovic a tiré de sa médaille d'or une motivation supplémentaire pour aller chercher un 25eme titre en Grand Chelem. Mais, s'il atteint la barre des 100 titres sur le circuit ATP en mai dernier, les demi-finales en Majeur sont devenues un plafond de verre face à la jeune génération. Si les épreuves de tir ont été délocalisées à Châteauroux, elles ont toutefois su faire parler. Médaillée d'argent sur l'épreuve de pistolet à air comprimé à 10m, Kim Ye-Ji s'est faite remarquer par son attitude face à la cible. Une renommée qui lui a valu un rôle de tueuse à gages dans une série. Egalement médaillé d'argent l'an passé, Yusuf Dikeç a vu sa posture dénuée d'artifices devenir un symbole notamment repris par Armand Duplantis. Au niveau sportif, il a continué sur sa lancée avec plusieurs médailles en individuel et par équipes lors des championnats d'Europe organisés en mars dernier. Dans le même bassin qui a couronné Léon Marchand, Yuyan Jiang a glané sept titres paralympiques, établissant un record en la matière. Des performances qui ont valu à la nageuse chinoise plusieurs prix internationaux. Une renommée dont profite également Gabriel dos Santos Araujo, surnommé « Gabrielzinho ». Triple médaillé d'or dans la capitale après avoir été porte-drapeau du Brésil, le nageur de Santa Luzia a démontré qu'il était possible de nager au plus haut niveau malgré le handicap.













