Mathieu Armand, Media365 : publié le mardi 11 août 2026 à 14h08
Très populaires en Asie ou en Amérique latine, les jeux mobiles sont souvent mis de côté en Europe ou en Amérique du Nord. Pourtant c'est bien eux qui font le plus d'audience devant des mastodontes de l'industrie du jeu vidéo.
Pour un Européen fan d'esport, les compétitions se jouent sur un PC ou une console, à quelques exceptions près comme Brawl Stars ou Clash Royale, des jeux mobiles très populaires en Occident. Pourtant, quand on regarde le classement des jeux avec le plus haut pic de viewers (spectateurs), une donnée interpelle : trois jeux mobiles sont parmi les cinq plus gros pics de viewers, ils sont quatre dans les 10 et sept dans le top 15. Derrière l'intouchable League of Legends qui possède les trois plus grands pics, tous au-dessus des 6 millions de viewers, dont un à presque 7 millions en 2025, on retrouve : Mobile Legends : Bang Bang (pic à 5 680 511 viewers en 2026), Free Fire (pic à 5 415 990 viewers en 2021) et PUBG Mobile (pic à 3 801 998 viewers en 2021).
Au-dessus des jeux PC
Ils se retrouvent devant les jeux les plus populaires en Europe ou en Amérique du Nord comme Counter-Strike (pic à 2 752 353 viewers en 2026), Dota 2 (pic à 2 741 514 viewers en 2021) ou encore Valorant (pic à 1 687 848 en 2024). Mise à part Brawl Stars et Clash Royale, les jeux mobiles sont largement délaissés dans ces régions. Lors de l'Esports World Cup sur Mobile Legends en 2026, seulement 24 des 155 joueurs venaient d'Europe ou des États-Unis, dont 8 Turcs et 5 Russes. Elles étaient 23 sur 100 lors du tournoi féminin avec 8 Russes et 7 Turques.
Des facteurs culturels et économiques
Cette popularité des jeux mobiles s'explique par l'accessibilité des smartphones. Largement moins chers qu'un PC, ils permettent une pratique compétitive massive en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Des pays comme le Cambodge, la Thaïlande ou le Laos sont représentés en masse sur les jeux mobiles contrairement aux compétitions sur PC où ils ne le sont jamais.
En Occident, un pouvoir d'achat plus élevé permet à la majorité des joueurs de posséder un PC. Mais c'est aussi car l'esport en Occident s'est développé autour de jeux comme Counter-Strike ou League of Legends, disponibles uniquement sur PC, au contraire des pays moins développés où le développement s'est fait directement sur des jeux mobiles.
Des facteurs structurels
Une autre raison, c'est que la plupart des jeux mobiles très populaires sont souvent développés en Asie et notamment en Chine. Il touche alors un public plutôt centré en Asie. Et si l'esport sur mobile est si développé dans cette région, c'est à cause des éditeurs. Ils savent qu'ils peuvent investir durablement sur une scène compétitive, notamment en Asie du Sud-Est, et que le retour sur investissement sera immédiat grâce à la popularité de ce genre de jeu. Comme l'esport sur PC y est très peu développé (sauf en Chine, au Japon et en Corée du Sud), c'est plus facile de s'y installer qu'en Occident déjà saturé par des dizaines et des dizaines de jeux. Sans tournois majeurs ni couverture médiatique, les talents occidentaux ne se sont pas révélés, ce qui a empêché la création d'une base de fans locale et d'une scène compétitive.















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