Un contrôle antidopage trouble pour Sun Yang

Un contrôle antidopage trouble pour Sun Yang©Media365

Gabriel Vanhoutte, publié le lundi 28 janvier 2019 à 19h21

De nouvelles révélations du Sunday Times sur le triple champion olympique Sun Yang replongent le nageur chinois au cœur de la tempête. Il aurait détruit à coup de marteau des fioles de sang d'un contrôle antidopage. La Fédération chinoise de natation a tenu à défendre son champion.

Sun Yang, triple champion olympique de natation, s'est à nouveau retrouvé la tête sous l'eau ce lundi, après de nouvelles révélations du Sunday Times ce dimanche. Selon le journal britannique, la vedette de la natation chinoise, âgé de 27 ans, aurait refusé de coopérer avec les équipes de contrôle antidopage le 4 septembre dernier. Au cours d'un conflit violent sur la légalité des contrôles, le nageur aurait détruit les échantillons de sang prélevé à l'aide d'un marteau. Des accusations réfutées par son avocat, avec le soutien de la Fédération chinoise de natation.

Docteur Sun et Mister Yang

S'il est aujourd'hui plongé dans une affaire hors des bassins, Sun Yang est un champion célébré en Chine. Avec trois médailles d'or aux JO, et sept couronnes mondiales, Sun Yang fait office de superstar de la natation, et de porte-drapeau du sport chinois. Pourtant, le nageur n'a jamais su se défaire d'une réputation sulfureuse qui le suit comme son ombre depuis le début de sa carrière. Condamné à une première suspension pour dopage en 2014, sa présence même aux JO de Rio avait été remise en question, alors que de nombreux athlètes russes avaient été écartés de la compétition. Vainqueur du 200m nage libre, Sun Yang avait alors reçu un commentaire cinglant du Français Camille Lacourt : « Sun Yang, il pisse violet ! »

Marteau, sanction à vie, et diffamation

Les révélations du Sunday Times s'appuient sur un contrôle antidopage réalisé au domicile du nageur, le 4 septembre dernier, dont Sun Yang aurait contesté la légalité avec virulence, avant de détruire la fiole de sang testé à coup de marteau. Si le nageur chinois a confirmé qu'il n'avait pas reconnu l'autorité des équipes de la société suédoise IDTM, en charge d'effectuer le contrôle, il a fermement indiqué via son avocat Me Zhang qu'il n'y avait eu aucune violence, et donc pas d'échantillon détruit. La Fédération chinoise de natation (CSA), quant à elle, a tenu à défendre Sun Yang. Selon elle, aucune règle n'aurait été enfreinte par le nageur. Une première audience a eu lieu le 3 janvier, où la Fédération internationale de natation (FINA) a décidé de ne pas poursuivre le nageur en justice. L'Agence mondiale antidopage (AMA), pourrait enfin décider de poursuivre le dossier en appel, auquel cas le nageur risquerait une suspension à vie pour récidive, après son premier contrôle positif de 2014. L'AFP a indiqué que « l'AMA a connaissance de cette situation et fait le suivi nécessaire. » En attendant le fin mot de cette histoire romanesque à souhait, Sun Yang continuera de nager en eaux troubles.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.