Mondiaux de Budapest : Bonnet en finale, nouveau malaise pour Sun Yang

Mondiaux de Budapest : Bonnet en finale, nouveau malaise pour Sun Yang©Media365
A lire aussi

Aurélien CANOT, publié le mardi 23 juillet 2019 à 14h50

Peu convaincante lors des séries du 200m nage libre, accrochant tout de même sa qualification, Charlotte Bonnet s'est qualifiée pour la finale en terminant 4eme de la seconde demi-finale, mardi lors de la 3eme journée des Championnats du Monde de Gwangju (Corée du Sud), signant là le sixième temps des deux courses. Toujours en quête d'un premier sacre mondial, la Française visera l'or mercredi. L'or, le controversé Sun Yang pensait l'avoir laissé passer, plus tôt en finale du 200m. Finalement, le Lituanien Rapsys a été disqualifié, permettant au Chinois soupçonné de dopage de remporter son onzième titre mondial, deux jours après son sacre sur 400m. Duncan Scott, comme l'avait fait Mack Horton dimanche, a refusé de serrer la main du vainqueur, puis de grimper sur le podium à ses côtés.

Après la frayeur des séries sur la dernière longueur du 200m nage libre, la sérénité n'était pas de mise dans le clan de Charlotte Bonnet (24 ans) avant le départ de la seconde demi-finale, dans laquelle figurait la triple championne d'Europe en titre. La pensionnaire de l'Olympic Nice Natation a rassuré tout le monde, mais elle peut beaucoup mieux faire. Seulement 13eme temps des séries de la matinée, Bonnet a signé le 6eme chrono des demi-finales, s'assurant un billet pour la finale mais aussi une bonne place sur les plots mercredi. La native d'Enghien-les-Bains n'a pourtant pas survolé sa demi-finale. Loin de là. Opposée notamment à la reine Federica Pellegrini, en course à 30 ans pour une éventuelle huitième médaille sur la distance aux Mondiaux, ainsi qu'à la Suédoise Sarah Sjöström, meilleur temps des séries, Bonnet, gênée il faut bien le dire par une bursite à une épaule, a dû se contenter de la quatrième place, en 1'56"19, quand Pellegrini, plus rapide que toutes ses concurrentes lors de cette seconde demi-finale, a nagé en 1'55"14. Après un excellent départ, la chef de file de la natation française se trouvait pourtant aux commandes après les cinquante premiers mètres. Malheureusement, elle a ensuite vu tour à tour Pellegrini, Sjöström puis la championne du monde de 400m Titmus la dépasser pour une quatrième place finale à l'arrivée. Comme lors des séries, la Française et grande favorite pour le titre avec Pellegrini et la Hongkongaise Haughey en l'absence de McLeod, Ledecky et Hoszu, éliminée en séries, a, en effet, encore coincé dans les cinquante derniers mètres. Rien de grave pour le moment, mais il ne faudra pas connaître de nouveau le même relâchement en finale (sa troisième lors de Mondiaux), au risque de voir le podium s'envoler. En attendant, Bonnet peut continuer de rêver à son premier titre mondial, elle qui n'a jamais fait mieux que le bronze dans des Championnats du Monde en grand bassin. C'était à Barcelone en 2013.


Wang deuxième et finalement... vainqueur !

Alors que tout laissait penser que Sun Yang allait devoir se contenter de la deuxième place dans la finale du 200m nage libre, abandonnant ainsi son titre mondial décroché à Budapest en 2017, le Chinois si controversé a finalement été proclamé... vainqueur. Danas Rapsys, qui venait de laisser éclater sa joie après avoir remporté le premier titre de l'histoire de son pays aux Mondiaux (en 1'44"69), a en effet dû très vite déchanter. Pour une probable faute au moment du départ, le Lituanien a été disqualifié au profit d'un Yang frappant l'eau de joie après avoir vu l'écran géant afficher son nom. Deux jours après avoir obtenu son quatrième titre mondial sur 400m nage libre, le Chinois de 27 ans devient donc avec ce onzième sacre en carrière sur des Championnats du Monde et le troisième nageur le plus titré de l'histoire et le quatrième seulement à réussir le doublé sur la distance après les légendaires Ian Thorpe, Michael Gross et Michael Phelps. Mal parti lors de cette finale d'abord dominée par l'Australien Clyde Lewis, finalement sixième, Yang a produit son effort à mi-course. Il avait malgré tout échoué sur les talons de Rapsys avant que la disqualification inattendue du Lituanien ne lui permette de monter de nouveau sur la plus haute marche du podium, dans un temps de 1'44"93. Pour le plus grand plaisir de ses nombreux fans chinois, présents en grand nombre une nouvelle fois mardi. A noter que comme l'avait fait l'Australien Mack Horton dimanche dernier, le Britannique Duncan Scott a refusé de monter sur le podium aux côtés de Yang, fortement soupçonné de dopage et qui aurait détruit au marteau un échantillon de son sang en septembre 2018. Quelques secondes plus tôt, Scott avait refusé de serrer la main du géant chinois.



Quadarella, en l'absence de la patronne

Quand le chat américain n'est pas, la souris italienne danse. En l'absence de la prêtresse Katie Ledecky, quintuple championne olympique et championne du Monde à 14 reprises dans sa carrière, Simona Quadarella (20 ans) s'est adjugé le premier titre mondial de sa jeune carrière, ce mardi en finale du 1 500m. Victorieuse en 15'40"89, l'Italienne a pulvérisé le record de son pays, échouant même à rien du record d'Europe en devenant la quatrième meilleure performance mondiale de l'histoire sur la distance. Une performance qui a mis la compatriote de Federica Pellegrini dans tous ses états, au point de ne pas réussir à s'exprimer à chaud. Une finale marquée évidemment par le vide laissé dans le bassin par Ledecky, malade et qui avait déjà dû déclarer forfait, plus tôt dans la journée, pour les séries du 200m nage libre. Dans les gradins de la piscine de Gwangju, il se murmurait que la légendaire championne américaine avait très mal digéré son échec de dimanche sur le 400m, dont elle n'avait terminé que deuxième derrière Ariarne Titmus.




Pour revivre cette 3eme journée dans les conditions du direct, cliquez ici

Vos réactions doivent respecter nos CGU.