Ligue professionnelle : Trois stars attaquent la FINA en justice

Ligue professionnelle : Trois stars attaquent la FINA en justice©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le dimanche 09 décembre 2018 à 09h05

Alors que la FINA a menacé de suspension tous ceux qui prendraient part à une nouvelle ligue professionnelle de natation, trois stars des bassins ont décidé d'attaquer en justice la Fédération Internationale.

La natation mondiale se prépare-t-elle à une révolution ? Alors que la Fédération Internationale (FINA) organise chaque année depuis 1989 sa Coupe du Monde, le bouleversement pourrait venir du lancement d'une toute nouvelle ligue professionnelle de natation, l'International Swimming League (ISL). Cette entité souhaitait organiser son premier meeting à la fin du mois de décembre à Turin avec un événement sur quatre jours. Mais la réponse de la FINA ne s'est pas fait attendre. Cette dernière a bloqué l'organisation de l'événement en faisant pression sur la Fédération Italienne de natation et son président Paolo Barelli, qui y était pourtant favorable. La FINA a également menacé les nageurs qui prendraient part à cette nouvelle compétition qui n'entre pas dans son giron d'une suspension allant jusqu'à deux ans, qui comprendraient donc les prochains Jeux Olympiques à Tokyo. Comme souvent, le nerf de la guerre est l'argent et la FINA, pour autoriser l'ISL, aurait demandé pas moins de 50 millions de dollars (44 millions d'euros)

Hosszu, Shields et Andrew mènent la contre-attaque

Face à ces menaces absolument pas voilées et qui ont été gravée dans le marbre via une réécriture récente des règlements de la FINA, trois nageurs ont décidé de saisir la justice aux Etats-Unis contre la FINA dans le cadre d'un recours collectif antitrust contre la Fédération Internationale, basée à Lausanne. « Nous sommes plus prêts que jamais d'atteindre notre rêve, mais ce rêve est bloqué par la FINA », a déclaré dans un communiqué le nageur américain Tom Shields. « Peu de nageurs vivent de la natation quand la FINA l'utilise pour s'enrichir, tonne pour sa part Michael Andrew. Le cœur des priorités de la FINA n'est pas les athlètes. La FINA fait revivre les heures sombres de notre sport en bloquant la demande de l'ISL. Elles peuvent coexister. » Dernière partie prenante dans cette affaire, Katinka Hosszu n'a pas mâché ses mots à l'encontre de la FINA « Ma passion a toujours été de de pousser la natation dans la direction qui permet aux nageurs d'être des partenaires de l'instance dirigeante, pas ses marionnettes, assure la Hongroise. L'ISL prend les nageurs au sérieux, contrairement à la FINA. »

L'ISL veut coexister avec la FINA

En parallèle de cette procédure lancée par Katinka Hosszu, Tom Shields et Michael Andrew, l'International Swimming League a elle-aussi assigné en justice la FINA face à son comportement anticoncurrentiel. Un contexte qui a poussé les organisateurs de l'ISL à revoir leurs plans et à annuler le premier meeting prévu à Turin fin décembre. Le projet est désormais de lancer une série de meetings dans le courant de l'année 2019. « Les instances dirigeantes et les entreprises commerciales coexistent dans d'autres sports et parviennent même à travailler de concert pour l'améliorer. Mais les priorités de la FINA ne sont simplement pas alignées avec celles des nageurs et, à cause de cela, la natation n'a pas pu évoluer avec le temps, a déclaré dans ce même communiqué Ali Khan, PDG de l'International Swimming League. L'ISL mérite une chance d'offrir aux nageurs plus d'opportunités de participer à des compétitions et de vivre de leur sport, pas de subir les caprices de la FINA. Les lois qui s'appliquent ici (aux Etats-Unis) et en Europe demandent que l'ISL ait cette chance. » Une affaire dont les conséquences pourraient être importantes pour le développement à venir de la natation.

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