Amandine Buchard fait son coming-out

Amandine Buchard fait son coming-out©Media365

Lucas Bertolotto, publié le lundi 22 octobre 2018 à 13h53

La judokate française Amandine Buchard s'est mariée il y a deux mois et demi avec l'Allemande Nieke Nordmeyer, elle aussi judokate, dans la même catégorie. Ce lundi, la sportive tricolore a fait son coming-out dans les colonnes du Parisien.

« C'est fatigant de le cacher. On n'est pas soi-même, on vit dans le mensonge et je déteste ça. » La raison d'Amandine Buchard d'avouer dans Le Parisien qu'elle aimait une femme est simple. Deux mois et demi après son mariage avec l'Allemande Nieke Nordmeyer (3 août 2018), la championne d'Europe en 2017 a décidé de dévoiler sa relation au grand jour. « Les gens parlent beaucoup quand ils sont dans le questionnement, surtout dans le monde du judo qui se nourrit de potins. Ils ne sont plus des parasites à partir du moment où ils savent. Après, on m'accepte comme je suis ou pas », a concédé la sportive de 23 ans qui est en couple avec l'une de ses concurrentes chez les poids mi-légers (- 52kg).

« Je ne vais pas m'interdire d'aimer une femme si elle me rend heureuse »


Amandine Buchard en a parlé à son entourage avant de dévoiler la nouvelle dans le monde du judo. Malheureusement, sa famille a moins bien accepté cette relation que ses partenaires sportifs : « Tout le monde s'en doutait alors... Cela a étonné certaines personnes, mais on ne m'a jamais traitée de sale homo. C'est plus difficile à accepter pour ma famille. D'ailleurs, on ne se parle plus avec ma mère. Vous savez, on est beaucoup chez les femmes à avoir cette orientation sexuelle dans le judo. Il y a aussi beaucoup d'homos dans le sport de haut niveau qui se cachent. Ça reste un sujet tabou, ils ont peur du jugement des autres, pour leur carrière. Moi, j'assume complètement. Je ne vais pas m'interdire d'aimer une femme si elle me rend heureuse. »

Fonder une famille après les Jeux Olympiques 2024


Etre en couple avec une potentielle adversaire, ce n'est pas facile. Surtout lorsqu'il faut l'affronter comme ça a été le cas en février 2017, au Grand Prix de Düsseldorf. « Ça reste un moment très particulier, explique la judokate. On pouvait se retrouver en quarts de finale et ça a été le cas. D'habitude, je regarde mes adversaires dans les yeux. Là, je ne pouvais pas. J'avais peur de lui faire du mal. Sur une action, elle est tombée dans les pommes, sa tête avait percuté le tapis. Je la vois à terre, sans bouger, et j'ai un coup de panique. Je me dirige vers elle, l'arbitre me stoppe avant qu'elle ne reprenne ses esprits. On a fini le combat, que j'ai gagné. Notre plus grand rêve est d'être ensemble sur un podium olympique. » Un objectif sportif qui sera suivi par une autre ambition après les Jeux Olympiques organisés à Paris : celle de fonder une famille et de porter leur enfant.

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