Bilan satisfaisant pour l'équipe de France

Bilan satisfaisant pour l'équipe de France©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le dimanche 25 février 2018 à 10h18

Avec quinze médailles, les Français ont manqué l'objectif initial mais le bilan de Jeux de Pyeongchang reste satisfaisant.

Avec une délégation forte de 106 athlètes présents dans onze disciplines, le Comité National Olympique et Sportif Français a abordé les Jeux Olympiques de Pyeongchang avec un objectif ambitieux : battre le record de quinze médailles de Sotchi et atteindre la barre des vingt récompenses à l’issue de la quinzaine. Un objectif qui a clairement été manqué par les Bleus mais qui n’est toutefois pas terni le bilan tricolore, avec une neuvième place finale au classement des médailles, car les satisfactions sont suffisamment nombreuses pour mettre dans l’ombre les rares déceptions.

Le biathlon, et Martin Fourcade, à la hauteur

Ce n’est guère une surprise mais le principal pourvoyeur de médailles à l’occasion de ces 13emes Jeux Olympiques d’hiver a été le biathlon, rôle que le ski acrobatique lui avait pris il y a quatre ans. Dans l’aspiration de son leader Martin Fourcade et ses trois médailles, l’équipe de France a su aller chercher pas moins de cinq médailles avec le succès dans le relais mixte pour démontrer la force du collectif tricolore. Et l’équipe de France féminine, plongée dans une certaine incertitude avant d’arriver en Corée du Sud avec, notamment, la méforme de Marie Dorin-Habert, a su se mettre au diapason dès l’entame des Jeux avec la médaille de bronze acquise par Anaïs Bescond sur la poursuite avant le feu d’artifice du relais féminin avec une médaille de bronze acquise de haute lutte. Les deux seuls points noirs resteront l’individuelle masculine, où Martin Fourcade tenait fermement le titre jusqu’à la 18eme balle avant de le laisser filer dans les mains de son rival Johannes Thingnes Boe, et le relais masculin, où les Bleus ont été trop rapidement hors du coup, échouant à une décevante cinquième place.

La jeunesse prend déjà date pour Pékin 2022

Ce qui transpire également de ces Jeux Olympiques de Pyeongchang, c’est que cette équipe de France a un avenir qui peut s’annoncer radieux avec une jeunesse qui n’a pas voulu attendre pour briller. Comme un symbole, le premier titre olympique pour les Bleus est venu de Perrine Laffont qui, à 19 ans, a lancé l’équipe de France olympique en devenant la plus jeune Tricolore en or dans l’histoire des Jeux. Un coup de jeune confirmé par la médaille d’argent remportée par Julia Pereira de Souza Mabileau à la surprise générale en snowboardcross alors qu’on attendait plus une telle performance venant de Chloé Trespeuch, Charlotte Bankes ou Nelly Moënne Loccoz. Le ski alpin a également montré à Pyeongchang qu’il avait des jeunes en qui il faudra avoir confiance. Champion du monde junior de slalom, Clément Noël est passé à quatre centièmes du podium olympique dans la discipline avec un tir groupé français peu enviable et a montré lors de l’épreuve par équipes qu’il sera un pilier des Bleus à l’horizon Pékin 2022, une échéance qui va désormais sonner comme une évidence pour ces trois talents précoces.

Papadakis et Cizeron ont tutoyé l’or olympique

Dominateurs depuis le début de la saison, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron se sont présentés comme favoris en danse sur glace. Et le duo tricolore, qui sera porte-drapeau lors de la cérémonie de clôture, n’a absolument pas déçu dans sa prestation malgré ce souci de tenue qui les a handicapés lors du programme court, qui a fait la différence dans la note finale. Avec un record du monde sur le programme libre, et malgré la présence de la présidente de la Fédération Canadienne de patinage dans le jury, ils ont encore une fois tenu la dragée haute aux Canadiens Tessa Virtue-Scott Moir, ce qui ne peut que les laisser sur leur faim et décupler leurs ambitions en vue de la prochaine échéance olympique, dans la capitale chinoise en 2022. Mais, comme l’a montré l’épreuve par équipes qui a lancé les Jeux, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron sont surtout l’arbre qui cache la forêt dans le patinage artistique français, discipline élevée en culte au sein de la Fédération Française des Sports de Glace au détriment du patinage de vitesse et du short track. Des disciplines où Alexis Contin ou Thibaut Fauconnet ne sont pas passés loin de la médaille.

Le ski alpin n’a quasiment pas déçu

Revenu de Sotchi avec deux médailles, le ski alpin français n’avait quasiment aucune raison d’espérer faire pire et pouvait même se montrer ambitieux dans des épreuves tel le combiné alpin masculin ou l’épreuve par équipes, nouvelle venue dans le concert olympique. Pour ce qui a sans doute été la dernière apparition du combiné alpin aux Jeux Olympiques, Alexis Pinturault pouvait clairement viser l’or mais une descente réduite ne lui a pas permis de suffisamment distance un Marcel Hischer revanchard car jamais en veine aux JO quand Victor Muffat-Jeandet, comme il l’avait fait à Wengen début janvier, a su découper une manche de slalom d’anthologie pour monter sur la boite. La principale déception restera cette quatrième place dans l’épreuve par équipes où la France, championne du monde en titre, était une des nations favorites. Mais, face à une équipe de Suisse intouchable puis à l’arraché face à la Norvège, ça n’a pas souri pour les Bleus qui restent au pied du podium, à l’image du slalom où les Français ont fait un magnifique tir groupé... au pied du podium ! Si l’absence de titre restera une petite déception, le bilan du ski alpin français est loin d’être déshonorant, bien au contraire.

Le nordique entre ombre et lumière

Le ski nordique français n’a jamais été un grand pourvoyeur de médailles mais, dans le cadre des Jeux Olympiques de Pyeongchang, il a été comme en clair-obscur avec la réussite des fondeurs, les promesses des sauteurs et la déception du combiné. Si Maurice Manificat a manqué de peu la médaille sur le 15km, il a su mener une équipe de France alliant expérience et jeunesse sur le podium du relais avant d’apporter sa pierre sur le sprint par équipes avec Richard Jouve en remplacement de Lucas Chanavat, qui a eu la malchance de voir le sprint se dérouler en style classique cette année. Les épreuves de saut à skis ont montré que la France a peut-être une pépite dans ses rangs avec Jonathan Learoyd, qualifié en finale sur les deux tremplins, qui sera à l’avenir la relève de Vincent Descombes Sevoie en Coupe du Monde. Des succès et des promesses qui tranchent avec le combiné nordique, qui n’a pas été à la hauteur des ambitions affichées. Revenu de deux ans de retraite avec Pyeongchang dans la tête, Jason Lamy Chappuis n’a pas su mener l’équipe de France sur le podium de l’épreuve par équipes de combiné nordique, son objectif assumé dans le cadre de son retour à la compétition. Avec une équipe de France en perte de vitesse depuis plusieurs saisons, cet objectif était objectivement hors d’atteinte et la cinquième place à large distance d’une Allemagne intouchable durant la quinzaine olympique restera le meilleur résultat possible vues les limites montrées en ski de fond depuis le début de la saison par Maxime Laheurte, François Braud et Antoine Gérard. Le combiné nordique français va sans nul doute entamer une phase de reconstruction après les années en or dans l’aspiration de Jason Lamy Chappuis, qui termine sa magnifique carrière sportive sur un échec cuisant.

Les « sports alternatifs » ont brillé

L’inclusion progressive des épreuves de ski freestyle et de snowboard font un bien fou à l’équipe de France car, de plus en plus, elles deviennent des pourvoyeuses de médailles en nombre. Archi-dominateur, Pierre Vaultier n’a rien laissé au hasard en snowboardcross pour aller chercher une des médailles d’or les plus attendues par le clan français, hormis celles de Martin Fourcade. Pour sa dernière sortie olympique, Marie Martinod a été dans son style, décontractée, mais s’est arrachée dans le halfpipe pour aller chercher une médaille d’argent qui avait presque le goût de l’or. Des récompenses qui font un peu oublier la déception du skicross où le triplé de Sotchi n’a pas pu connaître une réédition, les Bleus ayant connu une journée noire entre blessures et contre-performances. Sans oublier le halfpipe en ski où Kevin Rolland et Thomas Krief n’ont pas été en mesure de se hisser sur le podium, la faute à des chutes. A tout cela s’ajoutent bien évidemment le titre de Perrine Laffont et l’argent pour Julia Pereira de Souza Mabileau, qui viennent conforter le bilan plus que positif de ce que certains appellent les « sports alternatifs ».

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