Paris 2024 : Jusqu'à 500 millions d'euros de surcoût à attendre selon un rapport

Paris 2024 : Jusqu'à 500 millions d'euros de surcoût à attendre selon un rapport©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le vendredi 30 mars 2018 à 15h53

Le gouvernement a rendu public ce vendredi un rapport qui pointe du doigt de possibles dépassements de budget de l'ordre de 500 millions d'euros pour la construction des infrastructures.

Alors qu’une réunion entre le Comité d’Organisation de Paris 2024 et le Comité International Olympique a eu lieu cette semaine dans la Capitale, voici un rapport qui risque de faire beaucoup parler. Si le projet initial s’appuie énormément sur des infrastructures déjà existantes (Stade de France, Roland-Garros, Paris Expo Porte de Versailles ou encore divers monuments historiques) ou temporaires, certains équipements devront obligatoirement sortir de terre d’ici à la tenue des Jeux à Paris. Pour ces constructions, le budget prévu est établi à trois milliards d’euros, dont la moitié provenant de fonds publics. Or, à en croire un rapport d’experts rendu public par le gouvernement ce vendredi, de larges dépassements de budgets sont à prévoir.

La piscine et le village olympique posent problème

Les problèmes pointés par ce rapport concernent deux infrastructures cruciales pour l’organisation de Jeux Olympiques : le centre aquatique qui doit prendre place en face du Stade de France et le village olympique devant se dresser près de la Cité du Cinéma à Saint-Denis. Concernant la piscine, les risques financiers sont double selon les experts : un dépassement du coût de la construction et l’exploitation du site après les Jeux Olympiques et Paralympiques. Initialement fixé à 108 millions d’euros, le financement public pour cette infrastructure pourrait s’élever à 260 millions d’euros hors taxe alors que le rapport pointe l’absence de financement du déficit d’exploitation de ce futur centre aquatique, avec un coût estimé à 500 000 euros par an. Concernant le village olympique, la principale préoccupation tient au délai de réalisation du projet prévoyant pas moins de 17 000 lits et devant être transformé en logements à l’issue des Jeux Olympiques.

Des économies sont à prévoir

Mais ce qui pourrait retarder le plus l’avancement du projet, ce sont les nécessaires fouilles archéologiques avant un projet de cette ampleur tout comme la construction du Grand Paris Express, dont les délais pourraient être incompatibles avec l’organisation des Jeux dans six ans. « Il faut réaliser dans un délai de six ans une opération qui prendrait une dizaine d'années », note ce rapport qui ajoute que ces infrastructures de transport « ne sont pas exemptes de retard ». Face à ces risques tant matériels que financier, le rapport des inspecteurs financiers de l'IGF, des sports de IGJS et des ingénieurs des Ponts et Chaussées propose de supprimer la construction de plusieurs infrastructures non encore définies, de voir moins grand pour le village olympique et le centre des médias, prévu pour être installé près de l’aéroport du Bourget. L’idée derrière ces propositions est de limiter les surcoûts liés à l’édification des infrastructures à 200 millions d’euros. Suite à la réunion avec le CIO, Tony Estanguet n’a pas caché que des choix devront être faits et a assuré qu’une fois que tout le plan sera en place, le Comité d’Organisation des Jeux s’y tiendra.

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