JO 2024 : Les surcoûts en question

JO 2024 : Les surcoûts en question©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le mercredi 11 novembre 2020 à 12h15

Face aux risques de surcoûts de l'organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024, la Cour des Comptes a tiré la sonnette d'alarme dans un rapport provisoire publié par Le Canard Enchaîné.

 

Dans un peu moins de quatre ans, Paris accueillera le monde. Du 26 juillet au 11 août 2024, la Capitale accueillera pour la première fois en 100 ans les Jeux Olympiques d'été mais les préparatifs ne semblent pas se faire de manière optimale. En effet, dans ses colonnes, le magazine Le Canard Enchaîné a dévoilé ce mercredi certains éléments d'un rapport provisoire de la Cour des Comptes qui pointe du doigt les risques de surcoûts que l'organisation d'un tel événement pourraient générer. Une publication qui fait grincer des dents, la Cour des Comptes ayant « déploré » ceci auprès de l'AFP, ajoutant qu'un tel procédé « porte atteinte au bon déroulement des procédures encadrant la phase contradictoire ». Le Comité d'Organisation des Jeux Olympiques (COJO) a également répliqué en affirmant que ce rapport n'était que provisoire avec des réponses attendues pour le 17 décembre prochain et un rapport définitif publié au début de l'année 2021. « Les observations de la Cour sont positives et elles comportent des pistes d'amélioration », assure le COJO dans des propos recueillis par le quotidien L'Equipe.

Organisation, sécurité, recettes... Tout a été passé au crible

Alors qu'un premier rapport de l'Inspection Générale des Finances avait mis en avant dès mars 2018 un risque de dépassement budgétaire des JO de Paris 2024, la Cour des Comptes a effectué un examen méticuleux de la situation. Un rapport qui met en avant plusieurs soucis qui pourraient influer sur la facture globale de l'événement. Un des premiers points problématiques serait la baisse des recettes liées à une certaine frilosité des éventuels partenaires à s'engager dans le contexte actuel, « des incertitudes substantielles affectent l'atteinte des objectifs » selon le rapport de la Cour des Comptes. Alors que le COJO compte accumuler plus d'un milliard d'euros, le compteur serait bloqué à 500 millions. A cela s'ajoute des dépenses considérées comme sous-évaluées concernant la sécurité et la cyber-sécurité des JO 2024 avec des « hypothèses initiales » devant « être largement revues » avec, selon Le Canard Enchaîné, la nécessité d'investir 125 millions d'euros supplémentaires à ce sujet. La Cour des Comptes a également blâmé le COJO concernant les salaires « très sensiblement supérieurs à ceux constatés en moyenne dans le secteur privé » de ses responsables dans un « organigramme foisonnant ». A cela s'ajoute également l'organisation jugée trop coûteuse de certains événements liés à la préparation des JO.

Le COJO compte sur son plan d'économies pour rester dans les clous

La réponse du COJO ne s'est pas faite attendre. Alors que, dans la procédure actuellement en cours, ce dernier peut répondre à ce premier rapport de la Cour des Comptes et compte prendre des engagements. L'institution dirigée par Tony Estanguet a déjà présenté un plan d'économies estimé à 400 millions d'euros dont une des conséquences sera le déplacement de certains lieux de compétition et des évolutions dans les projets de construction d'équipement. « Nous avons construit le budget en phase de candidature en 2016 : 3,8 milliards d'euros, 97,5 % de financement privé et 100 millions d'euros d'argent public dédiés pour les Jeux Paralympiques, avec un principe, on ne dépensera que l'argent qu'on aura gagné, avait annoncé le président du COJO lors de l'annonce au CIO du plan d'économies. Face à un scénario incertain, nous voulons trouver des marges de manouvre, environ 10 % du budget, pour faire face aux surcoûts potentiels que l'on n'aura pas anticipés mais qui pourraient arriver. » Le Comité d'Organisation assure que la Cour des Comptes a pris en compte des éléments qui « sont aujourd'hui datés, parfois erronés » et ajoute que « les recommandations qu'elle formule sont nos propres pistes de travail, que nous allons intégrer dans la révision budgétaire en cours ». Une présentation prévue le 17 décembre prochain et des nouveaux éléments qui seront ensuite transmis à la Cour des Comptes pour l'élaboration du rapport final. Un rapport provisoire qui reste une véritable sonnette d'alarme pour le COJO et qui pourrait donner du grain à moudre aux opposants à l'organisation des Jeux Olympiques en France.

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