JO 2024 : Face à la crise, une adaptation est nécessaire selon Guy Drut

JO 2024 : Face à la crise, une adaptation est nécessaire selon Guy Drut©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le dimanche 26 avril 2020 à 11h35

Face à un monde chamboulé par la crise, les Jeux Olympiques vont devoir s'adapter, c'est le message adressé au travers d'une tribune par Guy Drut.

Membre du Comité International Olympique depuis 1996, Guy Drut est une voix qui compte. L'ancien champion olympique du 110m haies, à Montréal en 1976, a dressé un état des lieux sans concession concernant l'impact de la crise sanitaire, mais également économique, sur les Jeux Olympiques en général et ceux de Paris en 2024 en particulier. « La crise que nous traversons impacte durablement notre quotidien, notre façon de vivre, notre économie, notre pacte social, notre choix de société. De fait, elle ne peut, ni ne doit rester sans effet sur l'impérieuse nécessité qui nous est faite de nous réinventer. Elle nous oblige, assure Guy Drut dans une tribune publiée sur le site internet de France Info. Les Jeux Olympiques et Paralympiques ne font pas exception à ce nouveau contexte. Ils doivent eux aussi se réinventer. » Mettant en avant le fait que le report d'un an des Jeux de Tokyo va coûter trois milliards de dollars (2,7 milliards d'euros) appelle à imaginer un nouveau modèle pour l'avenir.


Drut : « Les Jeux d'hier ne seront pas les Jeux de demain »

Une rénovation, plus de 100 ans après celle initiée par le Baron Pierre de Coubertin, qui doit passer par la tenue des Jeux Olympiques qui, comme le rappelle Guy Drut, tiennent une place particulière dans le monde sportif. « Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont une fête, le rendez-vous d'une vie pour les athlètes de tous horizons et toutes nationalités. Ils ont vocation à réunir le monde. Ils sont le Sport, assure le membre du CIO. C'est la raison pour laquelle ils doivent avoir lieu. C'est la raison pour laquelle nous devons les repenser pour les adapter, pour leur conserver leur adéquation au monde qui change. Ils ne pourront pas se tenir à n'importe quel prix, déconnectés de la réalité, en 'marge' du monde. » Si, pour Tokyo, les changements ne pourront pas être profonds, Guy Drut appelle à repenser le modèle décidé pour Paris 2024. « Il nous faut revoir ses moyens, et nous recentrer sur l'essentiel. La première nécessité, c'est ainsi de faire une réévaluation budgétaire de ce que vont coûter les JO de Paris 2024, assure l'ancien ministre. Les Jeux d'hier ne seront pas les Jeux de demain. Nous devons l'accepter et imaginer ensemble un nouveau modèle. »


Drut : « Penser utile, sobre, et responsable »

Alors que le CIO va prochainement organiser une réunion avec les comités d'organisation des prochains Jeux Olympiques d'été (Tokyo, Paris, Los Angeles) et d'hiver (Pékin, Milan-Cortina d'Ampezzo), Guy Drut appelle les instances olympiques à « explorer de nouvelles pistes, de penser utile, sobre, et responsable ». Une des propositions mises en avant par Guy Drut est celle de « sanctuariser certaines épreuves sur un seul et même site, quel que soit le pays organisateur », mettant en avant le fait que les coûts de construction sont démesurés par rapport à la durée d'une épreuve. « Prenons le cas du surf. Le site olympique pourrait toujours être le même et se situer, par exemple, à Tahiti ou Hawaï, avance ce dernier. Même chose pour le canoë-kayak, où il faut construire une rivière artificielle à chaque nouvelle édition. » Une autre piste mise en avant par Guy Drut pour faire des économies pourrait passer par « la limitation du nombre de sports additionnels au programme ». Et ce alors que Paris 2024 a décidé d'ajouter quatre sports (surf, skateboard, escalade et breakdance) au déjà riche programme des compétitions. « L'occasion nous est ainsi donnée de rappeler le principe cher à Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, selon lequel rester fidèle à 'l'esprit olympique' nous ramène à l'essentiel et nous prémunit du superflu », ajoute Guy Drut. Une vision qui, si elle va dans le sens de Jeux moins dispendieux voulue par « l'Agenda 2020 », pourrait ne pas recevoir l'écho suffisant pour faire bouger les choses.

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