JO 2021 : Les leçons de la crise seront tirées par le CIO, assure Thomas Bach

JO 2021 : Les leçons de la crise seront tirées par le CIO, assure Thomas Bach©Media365

Mathieu WARNIER, publié le mercredi 29 avril 2020 à 14h42

A la suite du report des JO de Tokyo, qui va coûter des centaines de millions d'euros, Thomas Bach a assuré dans une tribune que le CIO saura tirer les leçons de la crise.

Le Comité International Olympique n'avait jamais vécu ça. Si les Jeux Olympiques ont pu être purement et simplement annulés en temps de guerre, la pandémie de Covid-19 qui touche le monde et paralyse le sport a provoqué l'inimaginable : un report d'un an des JO de Tokyo. Dans une tribune publiée sur le site officiel du CIO, Thomas Bach assure que « des circonstances extraordinaires appellent des mesures extraordinaires » et que « cette situation exige que chacun d'entre nous fasse sa part et cela vaut pour nous tous, y compris le CIO ». Alors que ce report de douze mois va occasionner des coûts estimés à plusieurs centaines de millions d'euros, le président du CIO assure que son institution « continuerait à assumer sa part de la charge opérationnelle et sa part des coûts pour ces Jeux reportés ». Des dépenses imprévues qui vont rendre « nécessaire d'examiner et de revoir tous les services » fournis pour ces Jeux reportés.

Le CIO va revoir ses priorités

Alors que le CIO a entamé la transformation des Jeux Olympiques, qui sera pleinement effective lors de ceux organisés à Paris en 2024, le report des Jeux de Tokyo semble faire encore bouger les lignes, notamment sur les questions écologiques. « Le CIO devrait renforcer encore davantage les réformes de durabilité et de faisabilité de l'Agenda olympique 2020 en entamant une autre phase de la 'nouvelle norme' afin de permettre aux comités d'organisation des Jeux Olympiques de réaliser encore plus d'économies », assure Thomas Bach. Un CIO qui, pour faire face aux dépenses liées à ce report, devra revoir son budget, mais aussi ses priorités. « Nous devrons tous examiner de près la portée de certaines de nos activités et procéder aux ajustements nécessaires aux nouvelles réalités, ajoute le président de l'instance olympique. Dans ce contexte, l'administration du CIO est en train de revoir le budget et les priorités de notre organisation. »

Bach espère un monde plus solidaire

Mais Thomas Bach se projette également sur « l'après ». L'évolution de la société post-Covid-19 inquiète également le patron de l'Olympisme. Et, pour cela, il envisage trois scenarios. Si le premier verrait la société tenter de « continuer à vivre comme avant » alors que « la crise actuelle aggraverait très probablement les inégalités sociales et économiques », le deuxième verrait « des nations mues encore davantage par l'égoïsme et l'intérêt personnel » avec « une aggravation catastrophique des relations internationales, au protectionnisme et à la confrontation politique dans tous les aspects de la vie humaine ». Face à ces deux alternatives, Thomas Bach en propose une troisième avec « davantage de solidarité et de coopération internationale ». « Ce scénario signifierait que nous avons compris que nous ne pouvons pas prédire ou façonner l'avenir du monde en nous reposant uniquement sur la technologie et qu'aucun individu, aucun gouvernement, ni aucune nation ne peuvent résoudre seuls les grands problèmes auxquels est confrontée l'humanité », ajoute l'ancien fleurettiste. « Cette situation inédite exigera que nous nous montrions solidaires, créatifs, déterminés et flexibles », une maxime que Thomas Bach veut appliquer au CIO, mais qui pourrait aussi s'étendre au-delà.

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