JO 2020 : Le report, la meilleure solution selon le prince Albert II de Monaco

JO 2020 : Le report, la meilleure solution selon le prince Albert II de Monaco©Media365

Mathieu WARNIER, publié le samedi 11 avril 2020 à 11h40

Alors que le CIO a décidé de reporter d'un an les Jeux Olympiques de Tokyo en raison de la crise sanitaire, le prince Albert II de Monaco a assuré que c'était la seule chose à faire.

C'est à double titre que le prince Albert II de Monaco peut témoigner du report des Jeux Olympiques de Tokyo. Le prince souverain a, en effet, vécu les Jeux Olympiques d'hiver entre 1988 et 2002 en bobsleigh mais il a également souffert du Covid-19, maladie dont il a guéri. « J'ai la chance de l'avoir eu avec des symptômes légers, d'en être débarrassé et d'être maintenant immunisé pendant quelques temps, même si on ne sait pas trop la durée », a-t-il confié dans un entretien accordé par téléphone au quotidien L'Equipe. Membre du Comité International Olympique, le prince Albert II de Monaco a confié qu'il était en contact avec Thomas Bach avant la prise de décision quant au report des JO 2020 à l'été 2021, un choix judicieux à ses yeux. « C'était la décision qu'il fallait prendre, assure le prince qui assure que cette décision est frappée du sceau de la sagesse. J'avais eu des contacts quelques jours auparavant avec le président Thomas Bach, qui m'avait dit qu'ils étaient en train de bien évaluer la situation avec les autorités japonaises. Dans un premier temps, il était envisagé un report à l'automne mais ça aurait aussi bousculé le calendrier d'autres compétitions. »

Albert II de Monaco : « Il fallait décider très rapidement d'un report »

Alors qu'initialement, le Comité International Olympique ne voulait pas entendre parler d'un report, la dégradation de la situation sanitaire dans le monde entier a changé la donne. A peine une période d'évaluation de quatre semaines était lancée que Thomas Bach et le Premier Ministre japonais Shinzo Abe ont convenu qu'un report d'un an était la chose à faire. Pour Albert II de Monaco, c'est la mobilisation du mouvement sportif et l'intérêt des athlètes qui a fait bouger les lignes. « Tout le monde s'y attendait, et les athlètes en premier, au vu du développement extrêmement rapide et de l'étendue de la pandémie. Et quand on a vu que certaines fédérations internationales, certains comités olympiques, commençaient à écrire au CIO..., ajoute le souverain monégasque. Pour moi, c'était absolument évident qu'il fallait décider très rapidement d'un report pour prendre au plus vite ses dispositions, que ce soit les organisateurs, les fédérations internationales, les spectateurs et, surtout, les athlètes. » Une décision qui, depuis, a été accueillie positivement par l'essentiel des acteurs du sport mondial

Albert II de Monaco : « Peut-être un peu trop de compétitions »

Cette crise sanitaire met à l'arrêt le monde sportif et Monaco n'est pas indemne. Alors que le Grand Prix de Formule 1 a été annulé tout comme le Masters 1000 de tennis, le prince Albert II de Monaco a ajouté que le meeting de natation mais également le jumping prévus dans la Principauté ne vont pas échapper à un report. Le souverain assure espérer que du positif sortira de cette crise. « J'espère que beaucoup de choses positives, au-delà du sport, vont sortir de cette crise et qu'il y aura un retour aux valeurs essentielles, à tout ce qui créé des liens entre les êtres humains, assure ce dernier. Je pense qu'en sport aussi, peut-être qu'il y aura une autre façon de présenter les choses, une autre façon d'organiser les événements. » Au-delà de l'organisation, c'est la question des calendriers toujours plus étoffés, chargés voire surchargés, que cette crise devrait permettre de relancer. « Peut-être que cela permettra l'allègement de certains calendriers qui, dans beaucoup de sports, étaient très chargés, ajoute le prince Albert II de Monaco. Il y avait bien sûr des encouragements financiers et commerciaux très significatifs de la part des médias, et c'est très bien de soutenir le sport comme cela. Mais il y avait peut-être un peu trop de compétitions. » Un vœu qui pourrait rester pieux si la crise ne change pas les mentalités.

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