JO 2020 : L'athlétisme français demande au CIO d'envisager un report

JO 2020 : L'athlétisme français demande au CIO d'envisager un report©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le dimanche 22 mars 2020 à 14h40

A l'image d'autres fédérations nationales, la Fédération Française d'athlétisme s'est prononcée en faveur d'un report des JO de Tokyo par la voix de son président André Giraud dans un entretien accordé à France TV Sport.

La pression monte sur le Comité International Olympique. Alors que le monde fait face à une crise sanitaire sans précédent, la question de la tenue des Jeux de Tokyo du 24 juillet au 9 août prochain est toujours plus mise sur la table. De nombreuses voix, notamment celles des Fédérations Américaines d'athlétisme et de natation, ainsi que celle de la Fédération Française de natation, demandent depuis plusieurs jours au CIO de revoir sa position et d'ouvrir la porte à un changement de date pour les prochains JO. Une voix de plus s'est ajoutée à ce mouvement, celle de l'athlétisme français. Par l'intermédiaire de son président André Giraud, la FFA assure que tenir les délais initiaux ne sera pas possible en l'état actuel de la situation sanitaire. « Il me semble, comme à beaucoup de présidents de fédérations, impensable de pouvoir tenir ces Jeux aux dates prévues », assure ce dernier dans un entretien accordé à France TV Sport. Pour soutenir son propos, André Giraud note que le confinement actuellement en vigueur en France devrait se prolonger pendant encore plusieurs semaines, ce qui perturbe profondément la préparation des athlètes à quelques mois de l'échéance olympique.

André Giraud appelle le CNOSF à prendre position

Mais la crainte exprimée par le patron de l'athlétisme français est l'arrivée du Covid-19 sur le continent africain et les risques d'une deuxième vague de propagation du virus sur les territoires déjà touchés ces dernières semaines. Mais, André Giraud le déplore, les fédérations nationales n'ont que peu de poids au sein du CIO et c'est pour cela qu'il appelle le CNOSF à réagir pour demander un report des Jeux Olympiques. « Ce ne sont pas les fédérations, c'est le Comité National Olympique qui peut agir. L'équipe de France olympique est sous la bannière du CNOSF, rappelle le président de la FFA. Aux instances nationales d'agir auprès du CIO pour envisager un report. On ne parle pas d'annulation, les athlètes se sont préparés depuis quatre ans pour cet objectif. » Ne cachant pas une certaine frustration vis-à-vis de l'absence de prise de position de la part du CIO, André Giraud demande une décision rapide de la part des instances olympiques : « Il faut qu'avant la fin du mois de mars, ce soit fixé, au moins par le CIO ». Ce dernier ne s'est pas montré tendre avec Thomas Bach, dont la récente déclaration sur la tenue des Jeux « était complètement à côté de la plaque ». « On attend une prise de décision rapide et définitive », ajoute André Giraud.

Les athlètes appuient l'idée d'un report, selon André Giraud

Alors que la crise sanitaire est encore loin d'être terminée, l'idée de fixer une date pour un éventuel report des JO de Tokyo n'a pas effleuré l'esprit d'André Giraud. « Aujourd'hui, personne n'est en mesure de nous dire quand la pandémie va cesser dans le monde entier. On est devant un phénomène exceptionnel, qui ne permet pas à un dirigeant sportif de donner une date ou une autre, ajoute le patron de l'athlétisme français qui ne nie pas les contraintes économiques qui pèsent sur le CIO en cas de modification des dates. Mais à situation exceptionnelle, il faut avoir le courage de prendre des décisions et la priorité, c'est la santé publique. » André Giraud avance tout de même deux pistes de réflexion : soit une reprogrammation des JO à l'automne si la crise sanitaire s'achève d'ici le mois de juin, soit un report de 12 ou 24 mois dans le cas inverse. Cette prise de position a recueilli l'aval de nombreuses têtes d'affiche de l'athlétisme français, selon le président de la FFA. « J'ai eu plusieurs athlètes au téléphone, Yohan Diniz, Kévin Mayer, Mélina Robert-Michon... Que ce soit moi ou le DTN, Florian Rousseau, nous n'avons pas eu un seul athlète qui disait qu'il fallait maintenir les Jeux en l'état, assure-t-il. Je n'ai pas de voix dissonante dans l'athlétisme. » Une voix qui pourrait porter, notamment au sein du CNOSF qui pourrait enfin faire bouger les lignes et inciter le CIO à envisager un report des Jeux de Tokyo, ce qui, André Giraud l'avoue, « soulagerait tout le monde ».

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