JO 2016 : Des pots-de-vin auraient été versés par Rio

JO 2016 : Des pots-de-vin auraient été versés par Rio©Media365
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Aurélien CANOT, publié le vendredi 05 juillet 2019 à 12h23

Afin de s'assurer d'obtenir l'organisation des Jeux Olympiques 2016, Rio de Janeiro n'aurait pas hésité à acheter des voix via des pots-de-vin versés à Lamine Diack.

C'était dans l'air, ça se confirme chaque jour un peu plus : pour obtenir l'organisation des Jeux Olympiques 2016, la ville de Rio de Janeiro n'aurait pas hésité à employer la manière forte, mais surtout illégale. Auditionné jeudi par le juge Marcelo Bretas, l'ancien gouverneur de Rio Sergio Cabral a assuré jeudi que le président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) de l'époque Lamine Diack avait reçu 2 millions de dollars (1,77 M€) de la main du comité d'organisation brésilien pour récupérer en échange neuf voix dans le processus de vote. Toujours selon Cabral, actuellement en prison dans le cadre d'autres affaires de corruption, le père de Papa Massata Diack, déjà poursuivi par la justice française pour des chefs d'accusation du même ordre, aurait dans un premier temps négocié six voix avec Rio pour un montant de 1,5 M$. Finalement, ce sont neuf voix que les Brésiliens auraient obtenues après avoir versé 500 000 dollars de plus au dirigeant sénégalais. Plus grave encore si l'on s'en tient aux nouvelles révélations de l'ex-gouverneur de la ville : le président du comité olympique et futur vainqueur de cette course à l'organisation des JO 2016 aurait été informé de ces pots-de-vin comme de la corruption exercée auprès du patron de l'athlétisme mondial d'alors.

Cabral : « Avec quatre, cinq ou six voix, il y avait un risque que l'on ne passe pas  »

« Nuzman est venu me voir pour me dire qu'il voulait me parler du président de l'IAAF, Lamine Diack, une personne ouverte pour recevoir des pots-de-vin, a affirmé Sergio Cabral jeudi devant le juge Bretas. Je lui ai demandé quelles seraient nos garanties. Il m'a répondu que traditionnellement, Diack vend quatre, cinq ou six voix. Il y avait un risque qu'on ne passe pas au second tour du vote. » D'où le désir du comité d'acheter davantage de voix encore, histoire d'être certain de ne pas connaître de mésaventure. Bien évidemment, Nuzman a démenti catégoriquement ces accusations. Ce dernier, qui occupait également encore récemment les fonctions de président du comité olympique brésilien, a démissionné en octobre 2017 après que de premiers soupçons d'achat de voix pour s'assurer les votes des membres du CIO ont pesé sur lui. Des soupçons qui ont pris encore un peu plus de corps ce jeudi.

Popov et Bubka démentent les accusations de corruption



Ils n'ont pas tardé avant de se défendre, suite aux propos de Sergio Cabral, ancien gouverneur de Rio de Janeiro, devant la justice brésilienne, dans des vidéos révélées par TV Globo. Après les accusations de corruption dans l'attribution des JO de Rio 2016, Alexander Popov ainsi que Sergueï Bubka ont nié et démenti avoir touché des pots-de-vin, en 2009. A l'époque membre de la commission des athlètes du CIO, Popov, ex-nageur russe, s'est exprimé auprès de l'agence de presse russe R-Sport : « Je peux vous dire que je n'ai même pas voté pour Rio de Janeiro. Je suis désemparé et je ne comprends pas ce qui se passe autour de Rio. Quelqu'un ment, c'est très sérieux. » De son côté, Bubka, ancien perchiste et à l'époque à la tête du Comité national olympique ukrainien, s'est défendu sur Twitter : « Je rejette totalement les déclarations de l'ancien gouverneur de Rio, qui purge actuellement une longue peine de prison. M.Diack ne m'a jamais contacté à propos de mon vote à l'élection de la ville hôte des Jeux Olympiques de 2016. Mes avocats vont écrire à M.Diack pour lui demander d'expliquer les accusations de M.Cabral. Je vais donner des instructions à mes avocats pour utiliser tous les moyens d'action à leur disposition et de protéger tous mes droits. »

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