Dopage : Poutine mis sous pression

Dopage : Poutine mis sous pression©Media365
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Joseph RUIZ : publié le vendredi 28 décembre 2018 à 09h04

Le président de l'agence antidopage russe a demandé à Vladimir Poutine de débloquer les accès aux données du laboratoire de Moscou, sans quoi les sanctions pourraient à nouveau tomber.

L'Agence Mondiale Antidopage va-t-elle à nouveau sanctionner la Russie ? C'est fort possible si Vladimir Poutine n'agit pas rapidement. Le président russe doit transmettre avant le 31 décembre toutes les données du laboratoire de Moscou de la période 2011-2015. Si ce n'est pas le cas, la Rusada, agence antidopage russe, sera de nouveau suspendue et les athlètes russes ne pourront pas participer aux épreuves internationales jusqu'à nouvel ordre. L'AMA avait reçu de lourdes critiques pour avoir levé les sanctions avant d'avoir ces données. Elle s'est rendue à Moscou fin novembre, sans parvenir à récupérer ces éléments. Le ton monte d'un cran.

Le président de la Rusada écrit à Poutine

Sur le site officiel de la Rusada, agence antidopage du pays dont il est le président, Iouri Ganous interpelle Vladimir Poutine pour que les données soient transférées. « Nous nous trouvons au bord du gouffre, je vous demande de défendre le présent et le futur d'un sport propre en Russie », explique-t-il. Les athlètes russes pourraient notamment être interdits de participer aux Jeux olympiques 2020 de Tokyo comme ils avaient été écartés des Jeux olympiques de Rio 2016 et des Mondiaux d'athlétisme 2017.  L'AMA avait commencé à lâcher du lest en autorisant les Russes à participer aux Jeux olympiques d'hiver 2018 sous bannière neutre, mais les sanctions peuvent retomber.

Poutine « savait tout »

C'est toute la crédibilité de la Russie et de Vladimir Poutine en termes de lutte anti-dopage qui est en jeu. Exilé aux Etats-Unis, Grigori Rotchenkov, l'ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou avait désigné le président russe comme principal instigateur du dopage organisé par le pays au début des années 2010. « Il savait tout car la chaîne d'information était très simple : je rendais compte à Iouri Nagornikh (vice-ministre des Sports) qui rendait compte à Vitali Moutko (le ministre des Sports) qui rendait compte à Vladimir Poutine ».

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