Cyclisme sur piste : Foulon, le Tour de France après les Jeux Paralympiques ?

Cyclisme sur piste : Foulon, le Tour de France après les Jeux Paralympiques ?©Media365

Thomas Siniecki, Media365 : publié le samedi 21 août 2021 à 23h21

C'est avec cinq pointures de différence, et une forte différence de motricité entre ses deux jambes, que Dorian Foulon a vécu sa vie de jeune sportif pour arriver désormais avec une grande chance de médaille paralympique.



Dorian Foulon a 23 ans et un pied bot, il "pédale avec une jambe et demie" selon son propre résumé : "J'ai une atrophie musculaire à la jambe gauche, 75% en moins sur le mollet et 34% sur la cuisse. Mes chaussures sont sur mesure, je fais du 46 à droite et du 41 à gauche, avec une rehausse puisque j'ai une jambe plus petite que l'autre. Je suis né avec un pied à l'envers, on m'a donc bloqué la cheville afin de le remettre vers l'avant." Champion du monde de poursuite sur piste l'an dernier, vice-champion du monde en chrono il y a deux mois, le Breton roule aussi sur route, comme au Tour de l'Avenir - à Tokyo, il ne sera engagé que sur piste. "En me surpassant, je montre aux autres et à moi-même que je vais encore plus loin qu'un valide."

"Les super-héros pleurent tous"

Mathilde Matton, sa podologue, effectue un suivi très poussé : "Comme en F1, on cherche à améliorer vraiment le rendement, à symétriser les deux pieds afin que ce soit plus normal. On espère qu'il va gagner, on fait tout pour." "Les millièmes de secondes comptent lorsqu'on va chercher une médaille d'or", appuie Foulon. Pierre Molinier, son kinésithérapeute, voit "d'abord un ami, puis une machine de compétition qui repousse les limites et sollicite les autres articulations pour sortir de la facilité". "Si je ne mobilise pas ma jambe gauche, j'ai une raideur, décrypte encore Foulon. Ce travail de magicien m'apporte aussi de la récupération. J'aime me faire mal pour repousser ces limites, ça défoule et ça fait aussi du bien."


Jean-Marc Panzou, préparateur physique, voit en ses athlètes handisport "des super-héros du quotidien, qui dépassent les limites avec des caractéristiques qui font de leurs différences une force". "Parfois, ça m'arrive de me dire que je suis nul, je regarde justement ces super-héros et je me dis qu'il faut que je me surpasse. Ils pleurent tous, ils ont tous une part de sensibilité. Quand je vois que je suis champion du monde, je lâche les larmes, la pression retombe." Espérons qu'elles coulent à nouveau à flots, en ramenant une médaille d'or dans son pôle handisport du Pays Basque, où il est exilé depuis sept ans. Et qu'il puisse pousser ses rêves encore plus loin, pour peut-être "devenir la première personne en situation de handicap à participer au Tour de France".

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