Athlétisme : Le geste politique de Saunders sanctionné ?

Athlétisme : Le geste politique de Saunders sanctionné ?©Media365

Faraj Benlahoucine, Media365 : publié le mardi 03 août 2021 à 11h06

En croisant les bras au-dessus de sa tête sur le podium à l'occasion de la remise des médailles du lancer de poids, Raven Saunders s'expose à des sanctions.


On ne peut plus démonstrative à la fin du concours du lancer de poids ce lundi, Raven Saunders célébrait sa médaille d'argent sur le tartan du stade olympique de Tokyo. Facilement remarquable par sa teinture mi-verte, mi-violette, l'athlète américaine a multiplié les poses plus ou moins exubérantes, arborant la bannière étoilée. Rien de bien méchant jusque-là. En revanche ce mardi, lors de la remise des médailles sur le podium, cette dernière a effectué un geste politique qui pose problème selon le Comité International Olympique.


En croisant les bras au-dessus de sa tête, en guise de soutien aux minorités opprimées qu'elle représente, Raven Saunders s'expose à des sanctions. Si le CIO avait admis qu'il tolérerait les messages politiques de la part des sportifs en marge des compétitions, cela restait formellement interdit sur les podiums. La Charte des Jeux bannit toute expression d'opinion politique, religieuse ou raciste. En ce sens, l'instance dirigeante des Jeux a informé avoir ouvert une enquête sur la lanceuse de poids américaine.

Plusieurs précédents historiques

"C'est important pour moi de ramener cette médaille d'argent, car je représente tant de gens différents" s'est exprimé Raven Saunders. Partisane de la cause LGBT, l'Américaine défend principalement la minorité gay et la minorité noire aux Etats-Unis. Son geste rappelle bien évidemment celui du sprinteur noir américain aux Jeux de Berlin en 1936, Jesse Owens, le poing levé sur le podium. Plus récemment, à Rio en 2016, l'Ethiopien Feyisa Lilesa, médaillé d'argent sur le marathon, avait croisé les bras au-dessus de sa tête sur la ligne d'arrivée et en conférence de presse, en guise de protestation contre les atrocités subies dans son pays par les Oromos, une ethnie d'Afrique de l'est. Le CIO avait fermé les yeux à l'époque.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.