Liège-Bastogne-Liège 1980 : Hinault, le dernier vainqueur français

Liège-Bastogne-Liège 1980 : Hinault, le dernier vainqueur français©Media365
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Guillaume MARION, Media365 : publié le mercredi 21 avril 2021 à 17h35

A quelques jours de l'édition 2021 de Liège-Bastogne-Liège, retour sur le sacre de Bernard Hinault en 1980. Depuis, le dernier vainqueur français de la « Doyenne » se cherche un successeur.



C'est sans doute l'une des plus belles et des plus folles victoires de Bernard Hinault dans sa carrière. Le 20 avril 1980, le Français remportait la 66eme édition de Liège-Bastogne-Liège dans des conditions dantesques. En effet, une abondante neige s'était invitée à l'événement et avait rendu la « Doyenne » des Classiques plus intense que jamais. Alors que 174 coureurs avait pris le départ, un centaine de concurrents avaient déjà lâché prise après 70 kilomètres, et ils n'étaient plus que 21 à franchir l'arrivée, alors que le « Blaireau » venait lui d'écrire encore un peu plus sa légende. Après 7h1'42'' d'intenses efforts pendant 245 kilomètres, dont 80 en solitaire, il inscrivait de la plus belle des manières son nom au palmarès.

Battu les semaines précédentes sur l'Amstel Gold Race (5eme), Paris-Roubaix (4eme) et la Flèche Wallonne (3eme), Hinault s'était en effet arraché, malgré les conditions météorologiques, pour remettre les pendules à l'heure. Derrière lui, ses poursuivants, le Néerlandais Hennie Kuiper et le Belge Ronny Claes, avaient été relégués à plus de neuf minutes (9'24''). Pour autant, le Français ne fait de son propre aveu « aucune différence » entre cette victoire et ses cinq titres sur le Tour de France (de 1978 à 1982 et e1985) ou son sacre lors des Championnats du monde à Sallanches en 1980.

« Aujourd'hui, l'exploit d'Hinault n'existerait pas »

« C'est peut-être la course qui résume en effet le mieux le coureur que j'ai été. Avec du recul aujourd'hui, je me dis qu'elle fait vraiment partie de mon histoire. Pourtant, rien ne me prédisposait à vivre une telle journée. J'étais là au départ comme tout le monde, frigorifié, et je suis le seul finalement à avoir bravé jusqu'au bout les conditions climatiques. Mais j'aurais très bien pu aussi mettre pied à terre comme les autres bien avant de me lancer dans cette chevauchée. J'ai toujours pensé que s'il n'y avait pas eu un rayon de soleil au ravitaillement à Wielsam, j'aurais certainement abandonné », reconnaissait le « Blaireau » en avril 2020, lors d'un entretien à L'Equipe.



« La première réflexion, c'est que si on avait les règles d'aujourd'hui, l'exploit de Bernard Hinault et ce Liège-Bastogne-Liège de légende n'existeraient pas, parce qu'on aurait arrêté la course. (...) Le cyclisme est un sport extrême, un sport de commandos, et tous les grands exploits qui ont fait la grandeur du cyclisme ont été réalisés dans des conditions extrêmes, expliquait pour sa part Cyrille Guimard, le directeur sportif de l'équipe Renault-Gitane, interrogé par Cyclism'Actu. Personne ne se rappelle de la victoire d'un coureur par 17 degrés, sans vent, sans mouvement. Tout le monde se rappelle de ce Liège, parce que ça a été quelque chose de hors normes, quelque chose qui a grandi ce sport et ses acteurs. »

Alaphilippe, 41 ans après ?

Victorieux de cette course que certains ont depuis renommé « Neige-Bastogne-Neige », Hinault a finalement mis des années à comprendre l'immense exploit qu'il avait accompli ce 20 avril 1980.  « C'était épouvantable, je n'avais jamais vu de telles conditions, dans la tourmente, la neige, dans les phares allumés des voitures, c'était inouï. Hinault a fait un tout grand numéro », confiait le Belge Eddy Merckx, alors jeune retraité et présent dans la voiture de direction ce jour-là, dans des propos recueillis par L'Equipe. Grand champion, le Français force l'admiration par rapport à cette performance historique dans la « Doyenne » des Classiques, mais a toujours une pensée pour les 20 autres coureurs qui ont terminé la course, sans pour autant être dans la lumière.

Depuis cette 66eme édition de Liège-Bastogne-Liège et ce sacre complètement fou du « Blaireau », ce dernier se cherche un successeur en France. « Julian Alaphilippe ? Ça serait génial qu'il puisse la gagner mais il y a beaucoup de monde. Il a déjà été placé et sur la Flèche Wallonne également. Déjà, il faut savoir qui sera au départ et on verra demain les performances des coureurs sur la Flèche. C'est une indication car la difficulté finale dans le mur de Huy montre la force et les capacités de chaque coureur. Ceux qui sont dans les dix premiers ont plus de chances d'être à l'arrivée de Liège-Bastogne-Liège », estimait Hinault sur RMC Sport, avant la 3eme victoire du champion du monde français ce mercredi sur la Classique ardennaise. Alors, Alaphilippe peut-il lui succéder ? Réponse peut-être ce 25 avril 2021.

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