Tour de France 2002 : L'ascension revancharde de Virenque

Tour de France 2002 : L'ascension revancharde de Virenque©Panoramic, Media365
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Emmanuel LANGELLIER : publié le lundi 04 mai 2020 à 12h59

Après sa suspension pour dopage, Richard Virenque s'imposait brillamment lors du Tour de France 2002 au sommet du mont Ventoux. Le grimpeur français prenait notamment le meilleur sur Lance Armstrong.



Richard Virenque a marqué plusieurs Tours de France. Très apprécié du public, le coureur français, devenu une des marionnettes principales des « Guignols » sur Canal + et suspendu pour dopage après l'affaire Festina en 1998, avait notamment écrit une superbe page de la Grande Boucle en 2002. Le 21 juillet, Virenque s'était élevé avec brio dans le mont Ventoux. Même Lance Armstrong, alors triple lauréat de l'épreuve, n'y avait pas résisté.

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Ce très chaud dimanche de juillet, Virenque en a donné pour son plaisir au public massé sur le bord des routes et aux téléspectateurs transis devant leur poste TV. Il a donné « un bon dimanche dans le fauteuil », dira-t-il après l'arrivée. Car le coureur tricolore a été grand, très grand. Le Ventoux, le « mont chauve », il l'avait déjà dompté dans le critérium du Dauphiné libéré. Mais sur le Tour, le Varois va le faire dans d'autres proportions.

A la peine dans le parcours des Pyrénées jusque-là

Peu après le départ donné à Lodève, Virenque s'échappe avec un groupe de dix coureurs sous la canicule. Dès le 19eme kilomètre. Il faut dire, enfin écrire, qu'il est assez remonté. Avant cette 14eme étape longue de 221 kilomètres, les Pyrénées, ce n'est pas ça pour le coureur français (29eme à La Mongie, 28eme au Plateau de Beille). « Toutes les étapes de montagne m'intéressent, mais, dans les Pyrénées, je ne trouvais pas trop de souplesse de jambes, et comme je suis un coureur qui se bonifie avec le temps et que je ne faisais pas le général, je me suis laissé glisser, expliquait le grimpeur. Je n'étais pas agacé car c'est Laurent qui était devant, mais j'ai fait d'énormes sacrifices ces derniers temps, je n'en ai peut-être jamais fait autant, et quand ça ne donne pas les résultats escomptés, forcément on se pose des questions. » Laurent, c'est Jalabert, salué sur les routes pour son dernier Tour avant la retraite en fin d'année.

Alors, ultra motivé pour enfin briller, Virenque prend rapidement les devants. Il va tenir jusqu'au bout du 14eme épisode d'un Tour de France dont Armstrong a endossé le Maillot jaune trois jours auparavant à La Mongie. Le Français va signer une échappée triomphante de 202 kilomètres avec des jambes retrouvées ! Avec ses dix concurrents (Pradera, Hushovd, Morin, Velo, Baranowski, Serpellini, Botcharov, Moreni, Augé et Edaleine), le coureur de Domo aborde la montée du Ventoux avec 7 minutes et 10 secondes d'avance sur le peloton. Il va les lâcher un à un dans les 21 kilomètres de l'ascension abordée par 36 degrés à l'ombre.

Virenque l'emporte lors de la 14 ème étape, au Mont Ventoux, devant Botcharov et Armstrong

Absent du Tour l'année précédente et de retour après neuf mois de suspension et ses aveux au procès Festina, Virenque prend la roue du Russe Alexandre Botcharov, le premier à attaquer au pied du mont mythique. Puis s'envole irrésistiblement. Il va « mouliner » sur un tracé marqué par une pente de 8% et signer un des plus grands faits d'armes de sa carrière à 32 ans. Il s'offre le Ventoux et l'emporte avec 1'58'' sur le Russe Alexandre Botcharov. Armstrong, qui a tout tenté pour revenir sur le Français, termine troisième à 2'20''.

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« C'est énorme ! L'échappée qu'on a faite, je n'y croyais pas. J'ai été porté par le public. J'avais déjà gagné deux fois au Ventoux dans le Dauphiné. Mais c'est la première fois dans le Tour, lâche le grimpeur chouchou des Français, l'un des plus jeunes coureurs à avoir endossé le Maillot jaune en 1992. Au Ventoux, c'est ma plus belle victoire, ce col est majestueux et mythique... »

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A 1912 mètres d'altitude et après 5 heures et 43 minutes d'effort, le coureur tricolore franchit la ligne d'arrivée au sommet du mont mythique avec l'index droit pointé vers le ciel. Un an jour pour jour après la fin de sa suspension, Richard cœur de Lion savoure. Vainqueur du maillot à pois de meilleur grimpeur à cinq reprises avant 2002 (il le remportera deux autres fois en 2003 et 2004), Richard Virenque remporte alors sa cinquième grande étape de montagne du Tour de France, sa troisième dans les Pyrénées après Luz-Ardiden en 1994 et à Cauterets en 1995 (deux dans les Alpes à Courchevel en 1997 et à Morzine en 2000).

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