Tokyo 1991 : Marie-José Perec sur le toit du monde

Tokyo 1991 : Marie-José Perec sur le toit du monde©Panoramic, Media365
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Emmanuel LANGELLIER, Media365 : publié le lundi 15 novembre 2021 à 13h11

En 1991, Marie-José Pérec remportait son premier grand titre aux Championnats du monde de Tokyo. Avant de briller aux JO de Barcelone, la « gazelle » à la foulée gracieuse éclatait à la face du monde entier en remportant le 400 mètres.



Aujourd’hui âgée de 51 ans, Marie-José Pérec a écrit les plus belles pages de sa carrière en 1992. L’athlète française devenait alors double championne olympique aux Jeux de Barcelone en remportant les épreuves du 200 et 400 mètres. Un fantastique doublé qu’elle devenait seulement la deuxième à réaliser après l’Américaine Valérie Brisco-Hooks. Mais avant cela, il y a eu Tokyo 1991.

Cette année 91 marque la consécration de la Française sur la scène internationale. Le monde découvre alors une jeune femme originaire de la Guadeloupe. Qui va devenir la première championne du monde de l’athlétisme tricolore. Pérec, 23 ans, se présente au Japon comme l’avenir de la discipline française. Née à Basse-Terre, elle a réalisé ses premiers pas en 1988 en ne perdant pas de temps puisqu’elle est sacrée cette année-là championne de France sur 400 mètres après avoir signé un premier record de France. Elle prend part à ses premiers Jeux Olympiques, ceux de Séoul en Corée du Sud et atteint les quarts de finale du 200 m.

Une rare morphologie et une grosse stressée

L’année suivante, elle franchit un autre cap. Pérec décroche son premier titre sur 200 mètres aux Championnats d’Europe en salle de La Haye. Aux Jeux de la Francophonie au Maroc, « Marie-Jo » gagne encore. Elle obtient deux médailles d’or sur 200 m et sur le relais 4x100 mètres. Elle éblouit déjà par sa classe. Dotée d’une rare morphologie, l’athlète mesurant 1,80 m est lancée.

Son entame de saison 1991 est ralentie par une blessure au genou. Pérec, qui a changé d’entraîneur durant l’intersaison et rejoint le groupe de Jacques Piasenta, doit se faire opérer. Elle s’illustre cependant rapidement en glanant la Coupe d’Europe à Francfort en juin. Au passage, elle établit un nouveau record de France du 400 mètres avec le chrono de 49’’32. Très stressée, la Guadeloupéenne débarque à Tokyo où elle a du mal à s’alimenter. Heureusement, cela ne va pas se répercuter sur ses performances…

La « gazelle » court de plus en plus vite

Pérec négocie idéalement les différents tours sur ses premiers Championnats du monde. Plus la compétition avance et plus elle monte en puissance. La « gazelle » court de plus en plus vite et s’érige en grande favorite de la finale du tour de piste. Assumer un tel statut n’est jamais chose aisée en sport. Surtout pour une jeune femme aussi tendue. Elle doit notamment faire face à Grit Breuer, la championne d’Europe en titre et sa principale rivale pour le titre.

Ce 27 août 1991, la finale débute par une mauvaise nouvelle. Selon le tirage au sort, Pérec est défavorablement placée dans le couloir 4 devant Breuer. Le gong retentit et l’Allemande en profite pour calquer sa course sur celle de la Française. Mais Pérec, malgré le vent, est indubitablement au-dessus du lot. Elle est fluide, facile. A 280 mètres de l’arrivée, elle accélère et fait parler sa majestueuse foulée de 2,50 m. Malgré un retour de sa principale et teigneuse concurrente, elle résiste et s’envole irrésistiblement vers la victoire, aérienne et gracieuse.

Pérec : « C’est magnifique parce que c’est mon premier titre »

Avec une belle assurance, elle l’emporte en 49’’13, nouveau record de France à la clé qui constitue aussi la huitième meilleure performance mondiale de tous les temps. Pour la quatrième fois de sa carrière, elle descend sous la barre des 50 secondes. Félicitée sportivement par Breuer, Pérec écoute la foule et apprécie. Elle est la première Française championne du monde du tour de piste et n’a pas manqué son premier grand rendez-vous avec l’histoire. La Marseillaise retentira ensuite pour la première fois depuis huit ans lors des Mondiaux d’athlétisme. « Géante », titre L’Equipe au lendemain de l’exploit de celle qui entre dans le cœur des Français.

« Si on me demandait de citer une course d'elle, ce serait forcément cette finale à Tokyo, se souvenait Maguy Nestoret, l’ancienne sprinteuse et amie de Marie-José Pérec. C'était impressionnant de la voir gagner. Derrière, on a fait le relais. On n'a pas été médaillées mais c'était stimulant de se dire que celle qui terminerait ce 4 x 100 m était la championne du monde du 400 m ! » Pérec en garde, elle, un fantastique souvenir. « A Tokyo, on découvre forcément une autre culture. Je suis super curieuse donc j’ai envie de visiter avant de courir, parce que j’ai besoin de me vider la tête. J’ai un encadrement qui me dit non, et je ne comprends pas cette façon de faire. Il faut se reposer, il faut ci, il faut ça… Pour moi, c’est beaucoup de bonheur mais c’est beaucoup de stress. C’est plein de choses à la fois, mais c’est magnifique parce que c’est mon premier titre. Dans le stade, il y avait beaucoup d’enfants, des écoles qui venaient, le stade était plein. Les gens applaudissaient tout le temps. On est accompagné dans la performance », s’est remémorée la plus grande athlète du sport français.

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