Mondiaux : Papadakis et Cizeron dans le carré d'or

Mondiaux : Papadakis et Cizeron dans le carré d'or©Panoramic, Media365
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Thomas Siniecki, Media365 : publié le vendredi 25 mars 2022 à 19h00

Après l'annulation des Mondiaux 2020, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron avaient décliné en 2021. Ils restent donc sur deux sacres lors de leurs deux dernières apparitions, et un 4/5 au total. En attendant la passe de cinq.


2015

Douze ans après avoir été associés dès leur plus jeune âge (huit ans), Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, qui viennent de s'exiler à Montréal six mois plus tôt pour optimiser leur carrière, connaissent une période de consécration très faste : champions d'Europe au mois de janvier, ce qui constitue leur premier grand titre international, ils enchaînent avec le monde en mars à Shanghai - sur Mozart et son adagio du Concerto pour piano n°23. C'est la première médaille d'or mondiale pour la France depuis Brian Joubert en 2007.

Quinze ans après Marina Anissina et Gwendal Peizerat, 24 ans après Isabelle et Paul Duchesnay, ces gamins de 19 et 20 ans (Gabriella Papadakis est plus jeune de six mois que son partenaire) assurent une relève inattendue, comme en convient Guilaume Cizeron : "On est vraiment au début de notre carrière donc on ne l'espérait vraiment pas, en fait. On s'impressionne nous-mêmes !" "C'était plus que sportif, c'était un moment de vie incroyable, savoure Gabriella Papadakis, incrédule. J'aurais rigolé à la face de celui qui m'aurait prédit mon avenir ! Mais c'est ça aussi, la beauté du sport." Et sept années plus tard, on peut l'affirmer : ce n'était que le début.

2016

Sur leur dynamique, les danseurs français réitèrent en conservant leurs titres de champions d'Europe puis de champions du monde, cette fois dans le mythique TD Garden de Boston (la salle des Celtics en basket). Tout près de leur Québec d'adoption, donc... Avec 118,17 points, ils établissent au passage un nouveau record du monde pour un programme libre. Le précédent recordman Charlie White leur rend un vibrant hommage (relayé par l'AFP) : "Ces deux-là sont incroyables, je suis fier que ce soit eux qui aient amélioré notre record du monde."

Pourtant, Gabriella Papadakis n'avait pas été épargnée avant la compétition : commotion cérébrale lors de l'été 2015, puis encore un coup de patin de Guillaume Cizeron reçu à l'entraînement peu avant le départ pour Boston... Mais c'était bien peu pour abattre le couple, trop au-dessus. Patinant cette fois sur la musique du groupe britannique Cinematic Orchestra, la future championne olympique met en avant "beaucoup de bonne énergie" : "Il nous a fallu du temps pour réaliser, j'ai encore du mal à le croire. Je vais juste profiter le plus longtemps possible." Jamais des Français n'avaient conservé un titre mondial d'une saison sur l'autre.


2018

Encore champions d'Europe en 2017 puis 2018, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron perdent en revanche leur sacre mondial en 2017, vaincus par les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir. Non sans améliorer à nouveau leur record du monde du programme libre, qu'ils rehausseront encore à quatre reprises jusqu'aux Jeux de Pyeongchang inclus. Mais là aussi, plombés notamment par un problème sur le vêtement de Gabriella Papadakis, ils doivent se contenter de la médaille d'argent derrière la même paire.

Pour la première fois de leur carrière, c'est donc avec une forme de véritable rage au ventre qu'ils abordent les Mondiaux à Milan, un mois plus tard. Même si l'absence de Virtue et Moir - qui n'exerceront plus - est de nature à gâcher un peu ces retrouvailles avec le destin, il n'en fallait pas plus : troisième titre et encore trois records du monde, soit le maximum possible avec le score total ainsi que les deux programmes (court et libre). "Une belle façon de finir la saison après cette grande déception, en plus on a très bien patiné, encore mieux qu'aux Jeux", se souvient Gabriella Papadakis, flamboyante sur la Sonate au clair de lune de Beethoven.

2019

Au Japon, le record du monde tombe une énième fois : 222,65 points au total. Pour Guillaume Cizeron, "c'est bizarre de réaliser qu'on a fait tout ce chemin en juste cinq ans, en termes de résultats mais surtout de chemin dans nos têtes". Gabriella Papadakis acquiesce : "Quand on revoit qui on était en tant qu'athlètes et en tant que personnes il y a cinq ans, c'est sûr qu'on a parcouru beaucoup de chemin." On imagine que la maturité de leur danse est totale, qu'il sera difficile de porter encore plus loin une certaine idée de la perfection. Et pourtant...

Guillaume Cizeron avait déjà son idée sur la question. Celle de poursuivre naturellement le chemin, encore et toujours : "On a cette volonté d'aller au-delà de la technique et de la performance. Evidemment, plus on est en contrôle de ce qu'on fait, de chacun de nos pas et de nos éléments, plus on peut laisser place à l'émotion et à la connexion entre nous. C'est notre force." En attendant, les deux complices égalaient Andrée Joly et Pierre Brunet, seuls autres Français quadruples champions du monde en... 1932. En cas de cinquième victoire à Montpellier, ils se rapprocheraient seuls à une unité du record (pour la danse) de Lioudmila Pakhomova et Alexandr Gorshov, titrés six fois dans les années 70.

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