Ligue des Champions 1993 : le sacre de l'OM

Ligue des Champions 1993 : le sacre de l'OM©Media365
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Emmanuel LANGELLIER : publié le jeudi 26 mars 2020 à 12h33

L'Olympique de Marseille est devenu le premier club français, et toujours le seul à ce jour, à remporter la Ligue des Champions en 1993. Le club phocéen avait pris le meilleur sur le grand Milan (1-0) grâce à une tête victorieuse de Basile Boli.


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Créée en 1955, la C1, autrefois appelée Coupe des clubs champions, n'a été remportée qu'une seule fois par un club français. Reims avait atteint la finale la première année puis en 1959, tombé à chaque fois devant le grand Real Madrid, mené par Alfredo Di Stefano et Paco Gento (3-4 et 0-2), lauréat des cinq premières éditions. Saint-Etienne s'était ensuite heurté au Bayern Munich et aux poteaux carrés de Glasgow en 1976 (0-1). Cet exploit de décrocher la plus prestigieuse des compétitions européennes, seul l'Olympique de Marseille, proche du graal en 1991 (défaite aux tirs au but face à l'Etoile Rouge de Belgrade), l'a réalisé lors de la première édition de la compétition renommée « Ligue des Champions » sur l'exercice 1992-93. Souvenirs, souvenirs...

La main de Vata, les larmes de Boli

« A jamais les premiers », aiment à scander les supporters de l'OM. Car oui, leur club favori est bien le premier représentant français à avoir gravé son nom sur la Coupe aux grandes oreilles, et l'unique à ce jour. Crucifié par la main de Vata, l'attaquant de Benfica, en demi-finales en 1990, le club méridional avait frôlé cette année-là la finale avant de s'avancer en favori l'année suivante face à l'Etoile Rouge. Mais, au terme d'un match décevant face aux Savicevic, Pancev, Prosinecki, Jugovic et Mihajlovic, l'OM, malgré les présences conjuguées de Jean-Pierre Papin, Chris Waddle, Abedi Pelé, Carlos Mozer, Basile Boli, Eric Di Meco et Pascal Olmeta, s'était incliné (0-0, 5-3 aux t.a.b.). La faute au premier tir au but manqué par Manuel Amoros. Les larmes de Bari, Boli ne voulait plus jamais les revivre et le défenseur s'était alors juré de prendre sa revanche. Elle sera éclatante.

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Völler et Boksic ont succédé à Waddle et Papin

Tombeur en 91 du grand AC Milan en quarts de finale (1-1, 3-0 sur tapis vert), l'Olympique de Marseille est au pied de son rêve deux ans plus tard face au même adversaire. Ce mercredi 26 mai 1993 - eh oui, la finale se disputait alors en milieu de semaine, comme les matchs de poules et tous ceux jusqu'aux demi-finales - les Phocéens ont rendez-vous avec l'histoire à Munich. Les fans se sont rendus en nombre dans la cité allemande, par cars et trains entiers, espérant écrire l'une des plus belles pages du football français. Ils comptent toujours sur Abedi Pelé, Boli et Di Meco pour les faire gagner et vibrer. Mais aussi sur de nouvelles « têtes », promues ou recrutées par le président Bernard Tapie pour renforcer l'effectif et l'amener tout en haut. Fabien Barthez est désormais préféré à Olmeta dans le but, Marcel Desailly à Bernard Casoni en défense centrale, Jean-Jacques Eydelie évolue à droite de la défense à cinq installée par Raymond Goethals, tandis que Didier Deschamps et Franck Sauzée ont succédé à Laurent Fournier et Bruno Germain dans l'entrejeu. Enfin, en attaque, si Pelé fait partie des survivants, Rudi Völler et Alen Boksic se sont installés en lieu et place de Waddle et Papin, parti l'été précédent... au Milan.

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Pour se frayer un chemin en finale, l'armada marseillaise a d'abord pris le meilleur sur les Nords-Irlandais de Glentoran (5-0, 3-0) en seizièmes de finale et les Roumains du Dinamo Bucarest (0-0, 2-0) en huitièmes. En phase de groupes qui se disputait alors au niveau des quarts de finale, l'OM a fini en tête devant les Glasgow Rangers (1-1, 2-2), le FC Bruges (3-0, 1-0) et le CSKA Moscou (6-0, 1-1). L'AC Milan, qui s'appuie notamment sur des éléments comme Marco van Basten, Papin, Daniele Massaro, Dejan Savicevic, Ruud Gullit, Marco Simone, Zvonimir Boban, Roberto Donadoni, Gianluigi Lentini, Frank Rijkaard, Franco Baresi, Alessandro Costacurta et Paolo Maldini, marche alors sur l'Europe et remporte tous ses matchs. Coaché par Fabio Capello, le club italien a sorti l'Olimpija Ljubljana (4-0, 3-0) et le Slovan Bratislava (1-0, 4-0) avant de dégoûter Göteborg (4-0, 1-0), le FC Porto (1-0, 1-0) et le PSG Eindhoven (2-0, 2-1) en phase de groupes. Invincible, le groupe transalpin écrase tout là où il passe. Les Rossoneri, qui n'ont encaissé qu'un but (de Romario à Eindhoven), sont les favoris logiques de la finale de Munich.

Boli demande à sortir pendant le match, refus catégorique de Tapie

Raymond Goethals, le « sorcier belge », décédé en 2004 à 83 ans, a parfaitement préparé la rencontre. Bernard Tapie a, lui, remonté ses joueurs comme des pendules et agi sur le plan mental pour conditionner les têtes phocéennes. Mais les Ciel et Blanc sont d'abord dominés. Massaro expédie sa tête juste à côté. Barthez, crâne chevelu à l'époque, fait front devant van Basten et Massaro. Puis survient la 43eme minute. Pelé enroule son corner du pied gauche depuis le coin droit. Boli se place au premier poteau. Touché à un genou depuis plusieurs semaines, le défenseur international n'aurait peut-être pas dû jouer. A huit minutes de la pause, il demande à sortir. Refus catégorique de Tapie qui communique son désaccord par talkie-walkie à Jean-Pierre Bernés, directeur général du club marseillais. Boli serre alors les dents. Puis il s'envole sur le centre de Pelé, devance Rijkaard et décroise victorieusement sa tête ! Sebastiano Rossi, le portier lombard, est cloué sur place. L'OM ouvre le score, les fans exultent de joie dans les tribunes, Marseille et la France vibrent devant TF1. « Extraordinaire but de mon Basilou ! », lâche Thierry Roland aux commentaires.

Une finale tendue au programme pour un résultat dans l'histoire du foot

Après la pause, Milan tente de réagir et Capello fait entrer Papin auquel le technicien a préféré Massaro au côté de van Basten, qui dispute alors sans le savoir le dernier match de sa carrière. Impuissant, JPP se chauffe un peu avec ses anciens partenaires. Habités et sûrs de leur force, les joueurs marseillais résistent. Et l'emportent (1-0) ! Au coup de sifflet final, c'est l'allégresse. Tapie fond en larmes, alors que Boli, le héros de la finale, harangue les supporters et leur interdit de pleurer. Le capitaine Deschamps soulève ensuite la Coupe dans le ciel bavarois. L'OM a gagné la Ligue des Champions. « Le jour de gloire », titrera L'Equipe le lendemain.

OM : Germain a hâte de retrouver la LDC 

Grâce à sa saison 2019-2020, l'OM fait son grand retour en LDC

Cela fait maintenant 6 ans que l'OM n'a plus entendu résonner l'hymne de la C1 au Vélodrome. Cette anomalie est désormais réparée. Le club phocéen retrouvera la LDC lors de la saison 2020-2021 à la suite d'un parcours maîtrisé en Ligue 1 qui l'a vu finir derrière le PSG. Sans nul doute, les marseillais auront à cœur d'effacer la dernière impression laissée en LDC et ce 0 pointé en phase de poule lors l'édition 2013-2014. Même si l'exploit de 1993 sera très difficile à rééditer, les supporters marseillais rêveront sûrement d'un potentiel 8ème de finale. Rendez-vous à l'automne prochain pour le découvrir.

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