Handball : Les trois titres européens des Bleus

Handball : Les trois titres européens des Bleus©Panoramic, Media365

Thomas Siniecki, Media365 : publié le mardi 11 janvier 2022 à 19h02

L'équipe de France (qui débute son Euro jeudi contre la Croatie) a été sacrée championne d'Europe à trois reprises, trois titres qui ont accompagné la montée des Bleus vers ces sommets et qui les ont vus devenir les plus grands de l'histoire.


2006

Un an après la médaille de bronze mondiale, pour la dernière compétition des Barjots Jackson Richardson et Grégory Anquetil, Claude Onesta est loin de bénéficier du statut de gourou absolu du handball français. Et ça part difficilement en Suisse, avec une défaite face à l'Espagne (26-29) dans la foulée d'un premier succès aisé devant la Slovaquie (35-21). Avec le recul, on assiste alors à un moment charnière qui lancera de longues années de dynastie bleue : l'équipe de France remporte tous ses matchs suivants jusqu'au titre, le premier depuis le Mondial 2001 à domicile. D'abord contre l'Allemagne, pour conclure le premier tour (27-25).

Au tour principal, les Bleus se jouent ensuite de la Slovénie (34-30), la Pologne (31-21) et l'Ukraine (30-20). Arrive alors ce duel qui va véritablement tout lancer, maîtrisé de main de maître en demi-finales contre les champions olympiques croates. Michaël Guigou, sur un nuage, marque dix buts et la France l'emporte 29-23 face à Ivano Balic et ses partenaires. En finale, c'est l'heure des retrouvailles avec l'Espagne, qui n'ont plus rien à voir avec le début de tournoi et s'avèrent encore plus remarquables que la demie : 31-23, Thierry Omeyer dégoûte ses adversaires un par un et Nikola Karabatic termine à onze buts. La première médaille continentale de l'histoire des Tricolores est directement la plus belle. Jusqu'en 2014, il s'agira de leur plus large victoire en finale - en incluant également les Jeux et le Mondial.

2010

Les Costauds sont devenus les Experts, depuis leur titre olympique de 2008 et leur sacre mondial en 2009. Un peu comme en 2006, la mise en route est difficile au premier tour en Autriche, avec deux nuls contre l'Espagne (29-29) et la Hongrie (24-24) ainsi qu'une victoire étriquée face à la République tchèque (21-20). A nouveau, c'est à partir du tour principal que cesseront les plaisanteries, avec trois succès de rang devant l'Allemagne (24-22), la Slovénie (37-28 avec dix buts de Guigou) et la Pologne (29-24). La demi-finale contre l'Islande, remake de la finale olympique de 2008, est survolée de huit buts pour un festival offensif (36-28).

Les Croates, battus un an plus tôt à domicile en finale du Mondial (19-24) avec le fameux duel tête contre tête d'Ivano Balic et Nikola Karabatic, échouent encore pour le titre face à leur nouveau cauchemar français, en perdant à nouveau de quatre buts (25-21). L'équipe de France détient alors les trois trophées majeurs, une performance inédite à l'échelle du sport mondial - réitérée par les Bleus en 2015. "On ne s'affole pas, il y a beaucoup de solidarité et de talent dans cette équipe, résume Claude Onesta. Une finale est toujours un match difficile, mais on l'a maîtrisée, notre jeu défensif leur posait des problèmes et on savait qu'une fois entamés physiquement, ils allaient avoir de plus en plus de difficultés à marquer. Ils avaient peu de carburant dans leur réservoir." Trop facile.


2014

Les Bleus, doubles champions olympiques, ont perdu l'année précédente en quarts de finale du Mondial. Un échec retentissant à l'échelle du nouvel ogre que cette équipe de France est devenue. Didier Dinart est passé dans le staff, alors que le renouvellement démarre avec Valentin Porte (désormais capitaine des Bleus) ou Luka Karabatic. Cette fois, pas d'impair lors d'un premier tour coton, avec trois victoires contre la Russie (35-28), la Pologne (28-27) et la Serbie (31-28, avec dix buts de Joli). Le début du tour principal offre un énième classique face à la Croatie, pour une nouvelle victoire française (27-25). Après un succès aisé devant la Biélorussie (39-30), les Experts sont certains de terminer en tête de leur groupe.

La défaite face à la Suède (28-30) est donc anecdotique, beaucoup moins que la rédemption en demi-finales contre les nouveaux champions du monde espagnols (30-27). La finale contre le Danemark, pays hôte, reste et restera sans doute longtemps le monument absolu de notre handball, avec cette monumentale victoire (32-41) marquée notamment par dix buts de Guigou ou encore neuf réalisations de Porte. Luc Abalo, Jérôme Fernandez, Daniel Narcisse ou Cedric Sorhaindo continuent de planer sur le monde. Nikola Karabatic est sur les fesses : "Ce qu'on réalise en finale, mettre dix buts au Danemark chez lui, c'est incroyable. Je crois que si une équipe pouvait le faire, c'était nous. On était assez fous pour y croire. Des matchs parfaits, on en a déjà fait, mais en finale, dans ce contexte et face à une équipe aussi solide... C'est très, très fort. C'est rare."

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