Championnats d'Europe 2013 : L'avènement d'Agbegnenou

Championnats d'Europe 2013 : L'avènement d'Agbegnenou©Media365

Guillaume MARION, Media365 : publié le vendredi 16 avril 2021 à 08h00

Bien qu'absente cette année des Championnats d'Europe pour mieux préparer les Mondiaux, puis les Jeux Olympiques cet été, Clarisse Agbegnenou a marqué de son empreinte la compétition. Retour sur le premier sacre de son immense carrière, c'était 2013 à Budapest.



Depuis bientôt huit ans maintenant, Clarisse Agbegnenou règne presque sans partage sur sa catégorie des moins de 63 kg, au point d'être devenue la judokate française la plus titrée de l'histoire. Avant de se forger un immense palmarès, il faut retourner au vendredi 26 avril 2013, date du début de son hégémonie. Alors qu'elle avait dû se contenter d'une médaille de bronze un an auparavant à Tcheliabinsk (Russie), la Rennaise se parait d'or pour la première fois de sa jeune carrière en individuel, lors des Championnats d'Europe 2013 à Budapest.

Arrivée en Hongrie avec deux victoires internationales consécutives à son actif, au Tournoi de Paris et au Grand Prix de Düsseldorf (Allemagne), Agbegnenou avait alors logiquement profité de l'absence de Gévrisse Emane, qui dominait à ce moment-là la catégorie, pour s'imposer. Pourtant, elle avait auparavant quand même dû composer avec une fin de préparation compliquée, marquée par une bagarre survenue à l'Insep, mêlant notamment Priscilla Gneto et Fanny-Estelle Posvite, peu avant le départ pour la compétition.

Sacrée championne d'Europe à 20 ans

Logiquement attendue sur les tatamis, « Gnougnou » s'était employée et avait sorti le grand jeu avec son style vif et agressif. Ainsi, elle avait éliminé tour à tour la Hongroise Bernadett Baczko pour son entrée en lice sur ippon, la Suédoise Anna Bernholm en quart de finale grâce à un waza-ari et un yuko et l'Italienne Edwige Gwend en demi-finale sur un nouveau ippon pour se hisser en finale. Opposée à la Russe Marta Labazina, la gauchère qui était alors sociétaire du club d'Argenteuil l'avait emporté sur ippon après 42 secondes et devenait à 20 ans championne d'Europe des poids mi-moyens pour la première fois de sa carrière.

Favorite, la Rennaise n'avait du coup pas tremblé le 26 avril 2013 pour s'affirmer encore un peu plus dans la cour des grands. « Je suis plus qu'heureuse ! Même si j'étais attendue, j'ai certifié ma médaille ! Je n'ai pas gagné ric-rac, j'ai encore des cartouches dans mon sac », lançait-elle à l'époque, émue et en larmes après le podium et la Marseillaise. « Ou tu la suis, ou elle t'écrabouille. Elle a zéro doute et un gros capital confiance », expliquait alors Larbi Benboudaoud, son entraîneur en équipe de France depuis trois ans en 2013.

« J'espère que je vais taquiner la médaille mondiale »

« Quand on finit une compétition comme ça, on ne peut être que contente. J'ai été présente toute la journée et suis contente d'avoir terminé avec la manière. Je l'ai fait ! Voilà, je suis championne d'Europe en titre et j'espère que je vais taquiner la médaille mondiale. Il y a une rivale en France (Emane) et je compte bien faire une finale avec elle aux Mondiaux ! Ma préparation s'est bien passée. C'est ma détermination qui a fait la différence aujourd'hui, expliquait Agbegnenou peu après son premier titre européen. Je suis contente sur tous mes combats, je suis allée les chercher, j'ai rien lâché. J'espère que cette nouvelle olympiade sera pour moi. Je la laisserai à personne en tout cas ! »

Devenue numéro 1 mondiale de sa catégorie suite à ce succès aux Championnats d'Europe 2013 à Budapest, la judokate française avait cependant vu sa domination mondiale être légèrement retardée. Quelques mois plus tard, aux Mondiaux 2013, à Rio de Janeiro, la Rennaise devait en effet se contenter de la médaille d'argent, après avoir été battue en finale par l'Israélienne Yarden Gerbi, alors qu'elle avait pourtant sorti Emane en demi-finale. Un léger accroc pour Agbegnenou qui s'est depuis rattrapée en signant le doublé par deux fois, en 2014 et 2018. Désormais, à 28 ans, l'intéressée rêve de l'or olympique à Tokyo, le seul titre individuel qui lui manque pour le moment, elle qui a été en argent en 2016 à Rio de Janeiro.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.