C3 : La malédiction marseillaise

C3 : La malédiction marseillaise©Media365
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Paul Rouget, Media365 : publié le mardi 25 mai 2021 à 12h51

Trois fois finaliste de la C3, l'Olympique de Marseille a vécu à chaque fois un calvaire, que ce soit contre Parme (1999), Valence (2004) ou l'Atlético (2018). Retour sur ces trois épopées.


1999

Après avoir disputé ses deux premières finales européennes, en C1, lors de cette même décennie (1991 et 1993), l'Olympique de Marseille atteint la finale de la C3 en 1999. Alors entraînés par Rolland Courbis, les Phocéens auront dû s'employer pour y parvenir, dans cette Coupe de l'UEFA qui ne comportait pas encore de poules mais un tirage intégral. Ils écartent d'abord sans trembler le Sigma Olomouc (2-2, 4-0), mais vont plus souffrir en 16es de finale, contre le Werder Brême (1-1, 3-2). Opposés ensuite à un autre club français, l'AS Monaco, les Marseillais vont encore se qualifier difficilement, face à une équipe qui compte aussi des champions du monde 98 dans ses rangs : Henry, Barthez et Trezeguet. C'est ce dernier qui égalise rapidement sur penalty à l'aller (2-2), après l'ouverture du score pour l'OM de son coéquipier chez les Bleus Robert Pires. Et Titi Camara inscrira l'unique but du match retour (1-0), alors qu'au tour suivant, c'est Florian Maurice, auteur d'un doublé à l'aller, qui est le grand artisan de la qualification face au Celta Vigo (2-1 ; 0-0).

L'erreur de Blanc

La demi-finale, face à Bologne, sera elle bouillante. Si le match aller se conclut sur un 0-0 au Vélodrome, le retour se termine par une bagarre générale, alors que les Marseillais avaient obtenu leur billet pour la finale en égalisant sur un penalty discutable à quelques minutes de la fin (1-1). Une bagarre qui coûte notamment sa place en finale à Dugarry. Contre une équipe de Parme au sommet de son art, et emmenée par ses stars, dont les Français Lilian Thuram et Alain Boghossian, l'OM n'existe pas à Moscou (3-0). Une erreur de Laurent Blanc entraîne l'ouverture du score d'Hernan Crespo (26e), avant que Paolo Vanoli (36e) puis Enrico Chiesa (55e) n'enfonce le clou. Totalement surclassé, le club marseillais laissera aussi échapper deux semaines plus tard le titre de champion de France, avec la fameuse victoire bordelaise au Parc des Princes.

2004

Troisième de sa poule de Ligue des Champions derrière le Real Madrid et le FC Porto, futur vainqueur de l'épreuve face à Monaco, l'OM est reversé en Coupe de l'UEFA et va y atteindre sa deuxième finale au prix d'un joli parcours. Qui doit beaucoup à Didier Drogba, meilleur buteur de la compétition avec six réalisations. Il ouvre son compteur sur penalty, lors d'un 16e de finale compliqué face à Dniepropetrovsk (1-0, 0-0). En huitièmes contre Liverpool, c'est lui qui égalisera à Anfield (1-1) puis au retour (2-1), alors que son coéquipier en sélection ivoirienne Abdoulaye Méïté offre la victoire aux Marseillais. Drogba est de nouveau buteur lors du quart de finale aller contre un autre grand d'Europe, l'Inter Milan (1-0). Ils s'imposent sur le même score en Italie à l'occasion du match retour, sur un but signé Camel Meriem.

Drogba trop juste

Sous les ordres de José Anigo, qui a remplacé Alain Perrin en janvier, les Phocéens affrontent le Newcastle d'Alan Shearer dans le dernier carré. Et après un match nul à St. James Park (0-0), le futur joueur de Chelsea va encore faire très fort au retour. Didier Drogba signe ainsi un doublé dans un stade Vélodrome en fusion, et renvoie l'OM en finale de la C3 quatre ans après. Mais treize jours séparent la demi-finale retour de la finale, contre le Valence de Rafael Benitez, et le joueur phare de l'équipe provençale se blesse à la hanche contre Monaco le week-end suivant. Il ne reviendra que pour la finale, qu'il disputera diminué. Une finale qui bascule peu avant la pause, quand Fabien Barthez est exclu et un concède un penalty après un tacle dangereux sanctionné - durement diront certains - par Pierluigi Collina. Vicente transforme (45e) et Mista (58e), victime de la faute de Barthez, confirmera le succès du club espagnol (2-0). Quelques semaines plus tard, Drogba rejoindra, à contre-cœur, les Blues, avec le succès que l'on sait.

2018

L'Olympique de Marseille aura donc dû patienter 14 ans pour disputer une nouvelle finale européenne. Et toujours en C3, qu'il faut désormais appeler Ligue Europa. Pour y parvenir, le club phocéen a disputé 19 rencontres, un record dans son histoire. Après avoir sorti Ostende au troisième tour préliminaire puis Domzale en barrages, les hommes de Rudi Garcia s'en sortent avec un drôle de bilan en phase de poules : deux victoires, deux matchs nuls et deux défaites, quatre buts marqués et autant d'encaissés. Avec des revers à Salzourg et sur la pelouse du Vitória de Guimarães qui ne préjugent de rien de bon pour la suite. Mais l'OM va monter en puissance lors de la phase finale, en dominant d'abord Braga (3-0), grâce notamment à un doublé de Valère Germain. Et le revers du retour (0-1) n'empêchera pas la qualification.

Griezmann, comme un symbole

Si l'adversaire est encore plus prestigieux en huitièmes de finale, puisque c'est l'Athletic Bilbao qui se présente à l'Orange Vélodrome, l'enceinte ne fait pas encore le plein pour assister à la victoire 3-1 de Dimitri Payet et de ses coéquipiers (3-1). Le Réunionnais, qui finira meilleur passeur de la compétition (7 offrandes), est encore buteur, comme Lucas Ocampos, lors du succès 2-1 au Pays basque. En quarts, après la défaite à Leipzig (1-0), sur un but signé Timo Werner, le « Vel » bat son record d'affluence en Coupe d'Europe au retour (61 882), lors de la spectaculaire victoire marseillaise (5-2), alors que Jean-Kevin Augustin avait relancé les visiteurs peu avant l'heure de jeu. Le tout dans une ambiance incroyable, que l'on retrouvera lors de la demi-finale retour contre l'autre club de Red Bull, Salzbourg. Le record d'affluence du Vélodrome pour un match européen est de nouveau battu, puisque 62 312 spectateurs assistent à la victoire 2-0 des Marseillais, et à la quatrième réalisation de Florian Thauvin dans la compétition. Poussés en prolongation au retour, ils seront sauvés par un improbable but de Rolando à la 116e minute (2-1). Malheureusement, une fois de plus, la finale de la C3 ne sourira pas à l'OM. Au Groupama Stadium, ils sont impuissants face à l'Atlético de Madrid, logique et large vainqueur (3-0). Et comme un symbole, c'est le Français Antoine Griezmann, qui supportait le club phocéen dans sa jeunesse, qui le crucifie en signant un doublé, Gabi inscrivant un dernier but en toute fin de match. Et l'OM de rejoindre le Benfica (1983, 2013 et 2014), seul autre club à avoir perdu trois finales de C3...

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