Starligue - Montpellier : Le coup de gueule terrible de Gérard contre l'arbitrage

Starligue - Montpellier : Le coup de gueule terrible de Gérard contre l'arbitrage©Media365

Mathieu WARNIER, publié le mercredi 23 mai 2018 à 08h56

L'après-match de mardi soir à Montpellier résonne encore du terrible coup de gueule de Vincent Gérard. Interviewé par beIN Sports à l'issue du match, le gardien de Montpellier et de l'équipe de France s'est lancé dans une diatribe à l'encontre de l'arbitrage français, qu'il n'estime pas au niveau et, surtout, en manque de cohérence sur toute la saison.

« On se fait chier toute l'année, on reprend le 23 juillet, on court comme des damnés, on se bat, on travaille, on est professionnels et, là, pas que sur ce match-là, je me dis qu'on ne sera jamais champions. On ne pourra pas être champions, ce n'est pas possible, a déclaré le gardien du MHB qui énumère ensuite les erreurs qui ont été défavorables à son équipe. Comme veux-tu qu'on soit champions ? Cette année, on joue mieux que tout le monde et Saint-Raphaël, ils font match nul au match aller contre nous car ils ont droit à sept passes au lieu de six, Aix gagne d'un but chez nous parce que... Très bien, Paris sera champion et je suis sûr qu'ils sont contents devant leur télé et bravo à eux parce qu'ils n'ont rien lâché, ils ont tout donné. »

Gérard : « On ne peut pas se permettre de ne pas avoir des arbitres professionnels »

Le nœud du problème, qui ressort des propos tenus par Vincent Gérard, c'est que l'arbitrage subit un manque de considération de la part des instances du handball tricolore. Comme beaucoup de ses confrères, le gardien international français du MHB attend donc que la professionnalisation des arbitres soit mise en place rapidement. « Je vais lancer un appel ce soir parce qu'on dit qu'une chaîne est aussi forte que son maillon le plus faible. Olivier Girault vient d'être nommé nouveau président de la Ligue et on est professionnels à tous les niveaux. Moi, j'en appelle à un peu de sérieux. Il faut qu'à un moment on arrête de se foutre du monde et qu'on arrête de croire que des mecs qui font 100kg, qui font le 100m en 11 secondes, ils sont capables d'être arbitrés par des mecs qui ont 50 ans et qui ne sont pas professionnels. Il faut qu'on arrête de croire que la partie la plus importante du jeu, celle qui juge, non qui devrait juste être témoin, soit la seule partie qui n'est pas professionnelle dans notre handball. » Mais plus que le souci du professionnalisme, Gérard pointe le comportement d'ensemble des arbitres, parfois favorable à une équipe plutôt qu'une autre, notamment concernant le PSG Handball. « Je vais vous faire une confidence : le lendemain du match du PSG face à Saint-Raphaël, on croise des arbitres dont je ne donnerai pas le nom. Qu'est-ce qui a été dit ce jour-là ? Je pense qu'ils n'ont pas voulu tuer le championnat trop tôt. Car si, ici, Paris avait perdu ce match comme ils le méritaient peut-être, le championnat n'aurait peut-être pas été le même, a assuré celui qui défendra pourtant la cage parisienne à partir de la saison 2019-2020. A Saint-Raphaël, ils sont contents, ils nous ont battus, je ne sais pas ce que ça va donner contre Dunkerque car on s'est battus comme des chiens toute la saison et, là, on vient de prendre un coup sur le museau qui est assez terrible. »

Gérard : « Les mecs, bougez-vous ! »

Pour appuyer son propos, Vincent Gérard fait un parallèle entre l'arbitrage proposé en Starligue et celui dont profite la Ligue des Champions tout au long de l'année, compétition dans laquelle Montpellier est toujours engagé avec une demi-finale face au Vardar Skopje samedi au Final Four de Cologne. « J'en appelle à Olivier Girault, François Garcia (ndlr : président de la Commission Centrale d'Arbitrage de la FFHB) et toutes les instances. Les mecs, bougez-vous, tonne celui qui est également vice-président du syndicat des joueurs. Parce que j'ai pu lire dans un magazine que l'arbitrage français n'était pas si mauvais. Moi, je vais tous les week-ends en Ligue des Champions et quand on se fait arbitrer par un arbitre letton, je peux vous dire qu'il n'y a pas photo avec nos arbitres français. Peut-être que je vais être sanctionné, je ne donne pas de nom mais je donne juste un constat. Le constat est que nous sommes des professionnels surentraînés à tous les niveaux, même les clubs qui descendent. Ce sont des professionnels surentraînés qui n'ont que ça à penser. Et ce sont des enjeux qui sont tellement énormes qu'on ne peut pas se permettre de ne pas avoir des arbitres professionnels et qu'on trouve les moyens. » Cet argument manque de moyens, l'ancien Dunkerquois le botte d'ailleurs en touche assurant que la Fédération doit en faire une priorité. « Ne me dites pas qu'avec les budgets que les clubs ont, c'est le plus important. Qu'on arrête de dire que ça coûte de l'argent. Non, ça ne coûte pas de l'argent parce que c'est sur ça qu'il faut mettre de l'argent. Il y a un vrai combat à mener, un vrai travail à faire. J'aimerais qu'on travaille un peu tous de concert, que les arbitres ne se sentent pas agressés, que les arbitres viennent nous voir nous entraîner, que les arbitres soient avec nous le 23 juillet sur la piste en train de courir parce que, nous, on n'est pas en vacances. On travaille comme des ânes, donc, s'il vous plait tout le monde, un peu de sérieux, on se met au travail et on essaye de rendre ce sport encore plus beau qu'il ne peut l'être. » Un message franc, cru mais qui a le mérite de relancer le débat sur le niveau de l'arbitrage au sein du handball français.

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